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Non, Danny Woodhead n’est pas devenu le plus narcissique des joueurs NFL. Le running back des San Diego Chargers a publié une lettre ouverte sur le site dédiée aux sportifs, The Players Tribune.

Dans ce courrier, le natif du Nebraska s’adresse à l’adolescent qu’il était et lui tient compte des futures épreuves qu’il va devoir affronter pour réaliser ses rêves.

Woodhead y révèle notamment l’une des plus grandes désillusions de sa vie : ne jamais avoir joué pour les Cornhuskers, institution locale. Un crève-coeur que le joueur a surmonté en rejoignant la fac de son père, Chaldron State (deuxième division), aux côtés de son frère ainé. A défaut d’y avoir joué, le running back se mettra tout de même en valeur grâce à Nebraska.

Malgré une carrière à plus de 8 000 yards à la course, tu ne seras pas invité au Combine, et tu seras déçu. Les scouts ne voudront même pas se rendre au Pro Day de ton programme, provoquant l’annulation de ce dernier. C’est là que Nebraska te viendra en aide. Tom Osbourne, coach légendaire et directeur athlétique depuis 2007, n’hésitera pas à t’inviter au Pro Day des Cornhuskers. Comme tu l’as fait à Chaldron State, tu saisiras cette opportunité, avec un temps de 4.33 sur 40 yards. Vers la fin de la draft, la même année, tu recevras un coup de fil d’Eric Mangini pour rejoindre les New York Jets.

Phénomène de montagnes russes

A l’échelon professionnel, Woodhead décrit toute une série de hauts et de bas, composantes des joueurs NFL : sa rupture des ligaments croisés dès son année rookie, où il profitera de sa rééducation pour recevoir les conseils de coéquipiers, tels Leon Washington et Thomas Jones. Son départ forcé en 2010, et le doute quant à l’intérêt d’autres équipes et la suite de sa carrière. Son arrivée chez les Patriots, et sa crainte de n’être qu’un simple donneur d’infos. La blessure de Kevin Faulk, qui lui permettra de s’installer durablement dans l’équipe. Et enfin, le bluff de la free agency, où joueurs et franchises jouent la montre en guettant d’autres opportunités.

Rappelle-toi : ta vie ne sera pas un conte de fée ! Après avoir survécu aux dernières coupes de présaison, en 2010, tu seras libéré par les Jets en deuxième semaine. Tu seras sur la liste des joueurs disponibles, mais personne ne te réclamera. Chaque équipe aura l’opportunité de t’avoir, et chacune passera son tour !

Ton agent t’appellera, en t’expliquant que les Patriots veulent te signer … deux jours avant un match face aux Jets. Ton premier instinct sera de penser qu’ils ne te prennent que pour avoir des infos sur ton ancienne équipe. Tu ne seras pas vraiment en position de force, donc tu prendras le premier avion pour te rendre sur place. Tu signeras ton contrat à 15h50 … soit dix minutes avant l’heure limite. Finalement, tu ne joueras pas le match face aux Jets. Tu ne parleras même pas aux coaches avant le lundi qui suit. Tout compte fait, ils n’avaient sans doute pas besoin d’infos de ta part.

Laisse moi te dire comment sera la free agency : atroce ! Tu ne feras pas partie des principaux joueurs libres, donc tu devras attendre la première vague de signatures avant de recevoir des coups de fil. Tu auras une offre rapide des Patriots mais, étant pour la première fois dans cette position, tu ne signeras pas tout de suite en attendant de voir ce qui se présente à toi. Tu patienteras, avec le risque que les termes d’une négociation ne changent, ou soient tout simplement de l’histoire ancienne ! Après plusieurs jours, tu finiras par appeler ton agent, avec la sensation qu’il est bien de retourner à New England. Il te dira : ‘Attends, San Diego appelle’. Trois heures plus tard, tu seras de nouveau un joueur des Chargers.

En dépeignant une vie où tout peut basculer en un instant, Woodhead insiste sur le besoin de ne jamais baisser les bras, et de toujours trouver une solution alternative.

Le joueur entre dans sa neuvième année NFL et a déjà enregistré plus de 4 500 yards au total, pour 31 touchdowns.

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