PARTAGER

josh-brown-giants-200816A la suite de l’affaire Ray Rice, qui a provoqué une très vive polémique à travers le monde, la NFL avait promis plus de sévérité à l’encontre de ses athlètes se rendant coupables de violences domestiques.

Malheureusement, avec Josh Brown (K, Giants), on se rend compte que la NFL n’a rien changé. Une nouvelle fois, la ligue n’est au courant de rien, n’a pas enquêté suffisamment et finalement a donné une suspension vraiment très légère (1 match) alors que pour des ballons dégonflés certains ont reçus 4 matches de suspension.

De nombreuses personnalités de la NFL ont réagi à cette affaire. Torrey Smith, tout d’abord. Le receveur des 49ers a vivement critiqué le fait que la NFL préfère distribuer des amendes pour des célébrations jugées antisportives, plutôt que de s’attaquer au problème de la violence conjugale.

« Célébrez un touchdown et vous recevrez une amende, pendant qu’un agresseur n’aura aucun problème » écrit-il dans un tweet. « Mes tweets me feront peut-être recevoir une amende, mais si je frappe ma femme en dehors des caméras je m’en sortirai sans soucis » écrit Smith dans un autre. « Il est temps de penser à ce qui est important, et d’avoir de la consistance dans les enquêtes et les punitions ».

Autre receveur à réagir, Steve Smith Sr. des Ravens.

« Si ton ex-femme était ma fille, ton cul serait déjà sur la liste des blessés ».

Receveur retraité, Randy Moss y est lui aussi allé de son commentaire sur l’affaire.

« C’est le mois de lutte contre le cancer du sein. Nous sommes censés soutenir les femmes. Et puis il y’a ce Josh Brown, et on dirait que l’on ne soutient plus du tout les femmes ».

« La pire chose que vous puissiez faire à une femme battue est de défendre son agresseur » Annie Apple. 

Mais de toutes les réactions, la plus poignante est celle de la maman d’Eli Apple, Annie. Victime elle aussi de violences conjugales, d’un homme charismatique, drôle, beau physiquement, elle livre un témoignage émouvant au site Sports Illustrated, dont voici quelques extraits.

« Peu après avoir eu mon premier enfant  16 ans, j’ai commencé à fréquenter un homme charismatique. Il était grand, 1,88m, 102kg. Je me rappelle de ça parce qu’il était tellement fier d’être grand et musclé. Il était drôle. J’étais flattée qu’il s’intéresse à moi avec mon enfant et tout ça. Il me disait à quel point j’étais belle.

Après 3 mois de relation, ça a commencé. Je suis rentré tard un soir à son appartement pour le voir. Quand j’ai passé le seuil de la porte, il m’a demandé où j’étais passée les deux derniers jours. Je ne comprenais pas ce qu’il disait ou pourquoi il était autant en colère. Mais avant même d’avoir pu lui répondre, il m’a frappé tellement fort que je suis tombée sur le sol. Il s’est mis sur moi et a continué à me frapper au sol. Son colocataire lui a demandé d’arrêter, mais il ne l’a pas fait.

2 jours après il m’a appelé et m’a demandé qu’on se voit. Il s’est excusé de manière tellement sincère. Mais quelques mois après, il est devenu un homme violent. Quelques mois après, j’ai appris que j’étais enceinte. Il voulait que j’avorte. Il ne voulait pas que sa famille apprenne que j’étais enceinte. Je me suis faite avortée, et peu après je suis tombée en dépression.

Plus tard, j’étais de nouveau enceinte après qu’il ait regretté de m’avoir fait avorter. J’étais au 6è mois de grossesse. Il m’avait frappé si fort que j’avais appelé la police. Il m’a pris le téléphone, et m’a jeté hors de l’appartement. Nous habitions au 2è étage. il m’a poussé et je suis tombé dans les escaliers. Il est descendu et m’a supplié de ne rien dire à la police. Il pleurait et s’excusait. Je lui ai juste demandé de m’amener à l’hôpital pour voir si mon bébé allait bien. L’officier de police est arrivé, et m’a demandé si ça allait. J’ai répondu que je me sentais bien. Mais je ne me sentais pas bien.

J’ai fini par le quitter. Mais je suis revenue après une demande en mariage. Je l’ai épousé. mais rien n’a changé. Mon fils est né après une nouvelle nuit de violence. Je n’arrive toujours pas à croire que nous ayons réussi à survivre à ça.

Je n’oublierais jamais le jour où je l’ai quitté. Le 12 février 1995. J’attendais pour aller à l’église avec mes deux fils, de 2 et 4 ans. Il est venu me voir pour me dire de vilaines choses. je n’ai pas répondu, et je suis descendue avec mes enfants. Il m’a suivi, m’a pris la tête et l’a frappé contre le mur. J’ai vu la peur dans les yeux de mes fils, et ça m’a déchiré l’âme. Quelque chose en moi s’est cassé. Je savais qu’aujourd’hui serait le dernier jour.

La pire chose que vous puissiez faire  à une victime ou une survivante de la violence conjugale est de défendre son agresseur. Ces hommes violents n’agressent pas leurs femmes parce qu’ils sont malades. Ce ne sont pas des victimes. Ils abusent leurs femmes parce qu’ils le peuvent. Ils ne frappent pas leur voisin, leur docteur, leurs collègues.

La violence conjugale est perpétrée contre des femmes fortes, des femmes intélligentes, des femmes riches, des femmes pauvres, même à des femmes à la joie de vivre pétillante. Cela m’est arrivée, comme cela arrive chaque jour à des millions d’autres femmes ».

Ces propos d’Annie Apple font suite aux commentaires du propriétaire de l’équipe de son fils, Eli, et coéquipier de Josh Brown, qui a déclaré « ne pas comprendre l’ampleur » de cette affaire.

 

PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE