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Dans les sports américains et plus particulièrement en NFL, les statistiques tiennent une place prépondérante à tel point qu’environ 99 % des joueurs possèdent aujourd’hui leur propre record dans une catégorie qui n’est probablement connue de personne. Du coup, Touchdown Actu vous propose une nouvelle rubrique basée sur l’analyse statistique, tout en remettant les chiffres dans leur contexte.

Au programme aujourd’hui, le cornerback des Chiefs Marcus Peters, l’un des artisans de la belle saison de Kansas City.

Que disent les chiffres ?

Sélectionné au premier tour de la draft 2015 par les Chiefs, Marcus Peters réalise un excellent début de carrière, lui qui a notamment participé au Pro Bowl la saison dernière après avoir été nommé rookie défensif de l’année.

Sa grande spécialité ? Intercepter les quarterbacks adverses. L’an dernier, le jeune cornerback de Kansas City a accumulé pas moins de huit interceptions, ce qui lui a permis de terminer en tête de la NFL. Cette saison, il est à nouveau premier dans cette catégorie avec déjà cinq picks en seulement neuf matchs. Grâce à de telles statistiques, Marcus Peters est même rentré dans l’histoire de la ligue en battant le nombre d’interceptions réalisées par un joueur lors de ses deux premières années chez les professionnels, alors qu’il lui reste encore sept rencontres à disputer dans sa saison sophomore !

Bref, il est une véritable machine à provoquer des turnovers. Cependant, fait-il vraiment partie des meilleurs joueurs à son poste aujourd’hui ? Analyse.

Dans le contexte

On l’entend souvent, ce n’est pas parce qu’un cornerback accumule les interceptions qu’il est forcément un bon cornerback. Dans le cas de Marcus Peters, il faut prendre en compte plusieurs éléments.

Tout d’abord, il faut savoir qu’il est l’un des joueurs à son poste qui est le plus testé par les quarterbacks adverses (195 targets depuis le début de sa carrière selon Pro Football Focus), ce qui n’est pas très surprenant étant donné qu’il n’est en NFL que depuis deux ans. Alors forcément, il a plus d’opportunités pour intercepter des ballons et ainsi augmenter ses statistiques personnelles. Le revers de la médaille, c’est qu’il autorise également un certain nombre de yards et de touchdowns aux adversaires (104 REC, 1 447 YDS et 10 TD accordés en 25 matchs d’après PFF). Autrement dit, Marcus Peters n’est pas vraiment ce qu’on appelle un « shutdown corner » dont les quarterbacks se méfient. Par contre, il est la définition même d’un playmaker.

En effet, le jeune défenseur de Kansas City est très attiré par le ballon et possède la mentalité nécessaire pour réaliser des actions décisives. Agressif, très bon en anticipation et doté de bonnes mains, Peters sent le jeu aussi bien que n’importe quel autre cornerback de la ligue. Le souci, c’est que ces qualités indéniables peuvent parfois se retourner contre lui.

Le risque de jouer avec agressivité et instinct, c’est non seulement de provoquer des pénalités mais surtout de s’exposer (en particulier sur les double moves). C’est ce qui est déjà arrivé plusieurs fois à Peters, comme par exemple cette saison face aux Texans (en semaine 2) où le rookie Will Fuller V a réceptionné une passe de 53 yards face à lui, tandis que DeAndre Hopkins a inscrit un touchdown de 27 yards sur sa tête. Mais dans ce même match, il ne faut pas oublier que Peters a également intercepté Brock Osweiler à deux reprises. Vous l’avez compris, cette rencontre face à Houston symbolise parfaitement le bon et le moins bon que l’on peut trouver chez le cornerback de Kansas City.

Enfin, il est important de souligner également l’environnement dans lequel évolue Marcus Peters. Septième à la moyenne de points encaissés (18,7) et première au nombre de turnovers provoqués (22), la défense des Chiefs possède une multitude de joueurs polyvalents capables de faire la différence et de s’adapter. C’est notamment le cas au niveau des linebackers avec Derrick Johnson mais surtout le jeune Dee Ford, qui explose cette année après deux premières saisons décevantes (actuellement leader de la NFL avec 10 sacks). Le vétéran Tamba Hali est quant à lui toujours là, même si son rôle est désormais limité, tandis que le phénomène Justin Houston (29,5 sacks en 27 matchs ces deux dernières saisons) va faire son grand retour dimanche. Au niveau de la ligne arrière, l’équipe de Kansas City est composée de safeties solides à la fois en couverture et au niveau du blitz. Sans surprise, Eric Berry est toujours aussi fort, mais Ron Parker et Daniel Sorensen font également du bon boulot. Bref, Marcus Peters est très bien entouré, ce qui lui permet d’exprimer au mieux son potentiel et donc de progresser.

Verdict

Talentueux, sûr de soi et décisif, Marcus Peters possède l’arsenal complet d’un cornerback élite. Cependant, son style de jeu et sa tendance à prendre des risques peuvent parfois lui coûter cher.

Pour cette raison, difficile pour l’instant de le mettre dans le cercle des Chris Harris Jr., Richard Sherman, Josh Norman ou Patrick Peterson. Mais avec un peu plus d’expérience et de discipline, le cornerback de Kansas City devrait bientôt s’affirmer comme une véritable référence à son poste, ce qui dissuadera sans doute les quarterbacks adverses de lancer dans sa direction.

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