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Il n’était pas le plus doué de sa génération. Il n’était pas le plus talentueux des 90’s. Pas aussi rapide et déroutant que Randall Cunningham. Pas aussi puissant que Warren Moon et son bras aux allures de rampe de lancement. Pas aussi complet que John Elway. Son atout, une soif de vaincre sans pareille mesure. Un appétit vorace pour la gagne. Un appétit contagieux qui allait hisser les Dallas Cowboys au rang de dynastie. Après des décennies de léthargie, America’s Team was back !

Sooner or later

Troy Aikman grandit sous le soleil californien. Dans la banlieue de L.A. Dans le croissant fertile du baseball. Dès son plus jeune âge, il se fait remarquer sur le monticule ou autour du diamant. Mais à 12 ans, ses parents déménagent dans l’Oklahoma, en pleine Tornado Alley. Changement de décor drastique. Mais, Troy s’y fait. Là-bas, il découvre le football. Et il est tout sauf un manche. Du haut de son mètre 94 et fort des 88 kilos, il fait tourner les têtes bien au-delà des frontières de l’Oklahoma. Ses perfs sous les couleurs de la Henryetta High School lui doivent des récompenses en pagaille et l’attention de bien des programmes. Oklahoma, Oklahoma State et Arkansas lorgnent sur lui. La pépite de l’Oklahoma.

« Au début, j’ai cru que (déménager dans l’Oklahoma) était une erreur, » admet Troy. « J’aurais probablement joué au baseball si j’étais resté en Californie… Mais je préfère l’Oklahoma désormais. Le football ici, c’est autre chose. C’est plus excitant en tout cas. »

Le lycée achevé, il refuse une offre des New York Mets et tranche en faveur des Sooners de Barry Switzer. Le baseball fait partie d’une autre vie. Son présent bat au rythme du ballon à lacet. Après une année à lustrer le banc avec son postérieur, il prend enfin le pouvoir. De la pression ? Aucune. Titulaire depuis la 3e, il sait ce qu’être attendu signifie. Et il n’est pas du genre à se défiler. Quand il est le seul garçon au milieu de 200 filles dans un concours de dactylo, ses doigts ne glissent pas sur le clavier et il s’impose. Du sang froid, il n’en manque pas. De la confiance en lui, non plus. Sur le gridiron, même combat. Deux succès surprise face à Kansas et Minnesota, une victoire de prestige dans le Red River Shootout face à des Texas Longhorns #17. Les fans d’Oklahoma l’ont déjà adopté. Puis c’est le drame. Le 19 octobre 85, face aux Hurricanes de son futur coach, Jimmy Johnson, Troy se fait écraser la cheville sous les 130 kilos de Jerome Brown. Fin de saison prématurée.

Switzer et le coordinateur offensif renouent avec la bonne vieille wishbone offense, très en vogue à l’époque, et s’en remettent à un petit freshman, Jamelle Holieway. Un QB qui court davantage qu’il ne lance. Mais la formule s’avère redoutablement efficace. Les Sooners poursuivent sur leur lancée et décrochent le titre national. Simple spectateur, Troy est dépossédé de sa place de titulaire. Frustré et barré, il décide de retourner dans sa Californie natale. Direction UCLA. Un programme bien plus accueillant pour un passeur de la trempe d’Aikman. Mais pas de quoi lui faire oublier son État d’adoption.

« Je resterai toujours un Sooner dans l’âme. »

Les règles NCAA sont intransigeantes, il devra passer une année sans jouer. Une année pour affuter son bras. De retour aux opérations, Aikman va exploser. Et les défenses adverses avec. En deux saisons, il va porter les Bruins à un bilan de 20-4. Junior, le MVP de la Pac-10 ne s’incline que deux fois, l’emporte à 10 reprises et s’offre le scalpe des Gators dans le Aloha Bowl. Un an plus tard, bis repetita. Ou presque. 10-2 et des récompenses en pagaille. Le Davey O’Brien Award le couronne meilleur quarterback du pays. Une première dans l’histoire des Bruins. All-American, UPI West Coast Player of the Year, troisième dans la course au Heisman. Une liste non-exhaustive. Seuls USC et Washington State auront réussi à enrayer la belle machine sud californienne.

« Barry Switzer m’avait dit qu’il était bon, mais pas à ce point, » lâche Terry Donohue, son coach à UCLA, admiratif.

Sa carrière universitaire s’achève en apothéose. À Dallas, comme un symbole. Troy Aikman et les Bruins disposent des Razorbacks de l’Arkansas et remportent le Cotton Bowl Classic 1989. Quand Tom Landry est aperçu à scruter l’entraînement du quarterback dans le Texas Stadium, les médias locaux s’enflamment et le consacrent déjà futur passeur des Cowboys. Tex Schramm, le président de la franchise, ne s’en cache pas, Dallas garde un œil très attentif sur Aikman. Son destin est en marche. Son numéro 8 disparaitra bientôt du vestiaire de UCLA, avant que son nom ne rejoigne le Hall of Fame universitaire d’Atlanta. Viré le 25 février par Jerry Jones après 29 ans de bons et loyaux services, Landry n’aura jamais l’occasion de coacher Troy. Pour la première fois de son histoire, la franchise texane va connaître un autre entraîneur. Jimmy Johnson désormais aux commandes et avec le 1er choix général entre les mains, Troy Aikman devient évidemment le premier joueur à entendre son nom retentir. Le premier joueur jamais sélectionné par l’omniprésent Jerry Jones. La première pierre d’une dynastie.

« [D’ici cinq ans] les fans me compareront à Roger Staubach, » lâche-t-il au moment de signer un contrat record pour un rookie.

D’ici cinq ans, peut-être. En attendant, sa première saison va tourner au fiasco. Individuel comme collectif.

Le dur apprentissage de la vie

Deux interceptions. Pas le moindre touchdown. Une attaque muette. 0-28. La grande première de Troy Aikman à la Nouvelle-Orléans tourne à la Bérézina. Tom Landry parti, le 1er choix général ne doit pas seulement composer avec l’incontournable pression qui pèse sous tout numéro un de la draft. Non, il doit redonner vie à la plus iconique des franchises NFL. Celle que l’on admire autant qu’on la déteste. Il doit en devenir le visage. L’avenir. La pression est immense. Trop, visiblement. Une semaine plus tard, il signe son premier touchdown sur une ogive dans les bras de Michael Irvin. Un futur tube. Le déclic ? Pas vraiment. Troy offre deux fois le ballon aux Falcons et les ‘Boys laissent une nouvelle fois filer la victoire. Une sale habitude qui va le poursuivre toute la saison. Sa première année s’achève sur un piteux bilan de 0-11. Un anti-Dak Prescott. Malgré 379 yards records face aux Cards, on retiendra davantage le tampon XXL assené par le linebacker Anthony Bell et qui le laissera KO pendant près de cinq minutes. Il achève sa première campagne avec 1749 maigres yards, 9 pauvres touchdowns et 18 honteuses interceptions. De quoi faire passer Blake Bortles pour un crack. La seule victoire de la saison, il la verra des tribunes. Blessé.

Et si Dallas s’était trompée ? Et si Troy Aikman n’était pas l’un des plus formidables busts de l’histoire ? Et si le lancer dans le grand bain si tôt et si peu entouré avait été une erreur ? Loué par les scouts pour son incroyable force de caractère et sa volonté sans faille, Troy va gagner l’admiration des siens en se montrant inébranlable dans le marasme d’une première saison professionnelle calamiteuse. Dans leur malheur, les Cowboys vont finalement trouver leur bonheur. En 90, ils sélectionnent un prometteur coureur en provenance de Florida State. Un certain Emmitt Smith. La triplette Aikman-Smith-Irvin est enfin constituée. The Triplets. Une ère nouvelle pointe à l’horizon. Troy goûte enfin à la victoire et avec un bilan de 7-7 peut encore espérer jouer les séries. Mais la semaine 15 lui sera fatale. Blessé face aux Eagles, il laisse les siens démunis. Emmenés par sa doublure, Babe Laufenberg, les Cowboys se plantent sur leur deux dernières rencontres de la saison et ratent les playoffs d’un match. Rageant.

L’année suivante, le même scénario maudit semble s’écrire. En course pour les playoffs, Troy se blesse en semaine 12 face à des Redskins invaincus et doit laisser sa place à Steve Beuerlein. Mais cette fois-ci, la doublure va jouer sa partition à la perfection. 5-0 et le 5e ticket pour les séries. Enfin. Beuerlein s’offre même le luxe d’aller terrasser les Bears chez eux. La semaine suivante il est impuissant face aux Lions. Entré à la pause, Aikman ne parviendra jamais à instiguer un nouveau souffle à son attaque. 6-38. La défaite est cuisante, mais Troy pourra aller trouver du réconfort à Hawaï. Son premier Pro Bowl. Le premier d’une longue série.

troy-aikman-cowboys-stadiumIl était une fois une dynastie

1992 va marquer un tournant. Troy franchit un cap. Comme si toute la pression qui l’étreignait jusque là s’était envolée en une nuit pour laisser son talent pur se libérer et s’exprimer. 3345 yards, 23 touchdowns et 13 succès records pour la franchise de Dallas. Les ‘Boys attaquent les playoffs avec un objectif clair : le trophée Vince Lombardi. Troy efface des tablettes le record de passes consécutives sans interception de Joe Montana (89). L’obstacle Ealges écarté, se dressent devant eux les 49ers, la meilleure équipe de la NFC. Dans le plus pur style Aikman, le quarterback délivre quelques passes clutchs et envoie les Cowboys vers leur premier Super Bowl depuis 79. 30-20. Dans un Rose Bowl qu’il connait comme sa poche, The Godfather atomise des Bills maudits. 22/30, 273 yards, 4 touchdowns, un humiliant 52-17 et une couronne de MVP de la rencontre. La consécration. L’Amérique a retrouvé son équipe chérie. Celle qu’elle adule. Celle qu’elle abhorre. Emmenés par un golden boy MVP de retour sur les terres de ses exploits universitaires, l’America’s Team vient de ravir l’America’s Game. Même Hollywood n’y avait pas pensé. Le scénario parfait.

« Ce match représente tout pour moi, » confiera Troy après la démonstration de force. « C’est une pression considérable qui vient de s’envoler de mes épaules. Peu importe ce que me réserve le reste de ma carrière, je pourrais dire que j’ai réussi à emmener les miens jusqu’au Super Bowl et que nous l’avons gagné. »

Un accomplissement, mais pas un aboutissement. Sur leur lancée, les hommes de Jimmy Johnson engrangent 12 victoires et finissent au sommet de la NFC l’année suivante. Les Packers du fringant Brett Favre ne font pas le poids, les 49ers non plus. On prend les mêmes et on recommence. Face aux pauvres Bills, Aikman reste muet, mais peut compter sur Emmitt Smith et sa défense pour enfiler une deuxième bague au doigt consécutive. Une victoire bien plus disputée cette fois-ci. Le temps d’une période en tout cas. Une victoire dont Troy ne se souvient guère. Encore marqué par une commotion subie en finale de conférence une semaine plus tôt, il ne garde du Super Bowl XXVIII que de vagues souvenirs révèlera-t-il plus tard. Il l’a joué, aucun doute là-dessus, mais ne lui demandez pas davantage de détails.

Passeur précis, au bras puissant, fort d’une remarquable capacité à lancer sous pression et encaisser les coups sans ciller, Troy est souvent désigné comme un « Robo-QB. » Un compliment, parfois. Mais pas toujours. Appliqué, il récite sa partition à la perfection au milieu d’une flopée de joueurs débordant de talent dans ses premières années. Mais à mesure que l’équipe vieillit, le style trop académique, presque rigide, qui enchanta les fans de Dallas pendant des années commence à être critiqué. On lui reproche sa faible capacité d’improvisation, son manque de créativité et d’habileté à créer à partir de rien. Quand Brett Favre rime avec playmaking, Troy Aikman rime avec boring. Mais en attendant, un boring qui gagne. Et qui rapporte. Le 24 décembre 1993, il paraphe un contrat record de 8 ans et 50 millions de dollars. À 27 ans, il devient le joueur le mieux payé de l’histoire. Noël avant l’heure.

En mars 94, Johnson jette l’éponge. Jerry Jones ne va pas chercher son remplaçant très loin. Un peu plus au nord, dans l’Oklahoma. Barry Switzer retrouve son ancien protégé. Et l’histoire se répète. Dallas déroule en saison régulière, dispose des Packers et s’avance vers les Niners. Mais cette fois-ci, les Nord-Californiens sont prêts et font chuter le double champion en titre. Il n’y aura pas de triplé pour les Triplés. « Très frustrant, » constate amèrement Troy, auteur d’un 30/53 pour 380 yards et deux touchdowns. En vain. Les Texans auront passé la journée à courir après leur meilleur ennemi. Plombés par trois turnovers précoces. 28-38.

Loin d’être abattus, ils sont encore au rendez-vous. Même malgré un Troy Aikman qui continue d’encaisser de vilains coups et une relation coach-QB qui commence à s’effriter. Dans des retrouvailles attendues face aux 49ers, le passeur se fait gentiment écraser le genou et doit quitter le terrain prématurément. Le meilleur bilan de la NFC en poche, les Cowboys se débarrassent des Packers pour la troisième fois consécutive. Cette fois-ci, en finale de conférence. Big Game, here we are again ! Le troisième en quatre ans. Et la même issue. Les Bills en deuil pour une durée indéterminée (un deuil qui dure encore), ce sont les Steelers qui enfilent le costume de victimes. 27-17. Aikman se contente d’une seule passe victorieuse. La vraie star de ce match se nomme Larry Brown. Le cornerback signe deux interceptions qui scelleront l’issue du match. La dynastie Dallas Cowboys est au sommet. Mais elle vit déjà ses dernières heures dorées.

La chute de Troy

En 96, l’attaque s’enraye légèrement. Pas de quoi les empêcher de rafler un énième titre de division. Avec l’avantage du terrain pour le premier tour, Aikman et ses frangins ridiculisent les Vikings. 40-15. Ils ne le savent pas encore, mais ils ne gagneront plus en série avant 13 longues saisons. La semaine suivante, les Panthères encore au biberon font vaciller la dynastie. Troy a beau devenir le premier passeur des Cowboys à signer une troisième saison consécutive au-delà des 3000 yards, Dallas finit dans le rouge. Le soir de Thanksgiving 97, Troy pénètre sur le synthétique du Texas Stadium sous une ovation. Quelques heures plus tard, il le quitte sous la bronca. 359 yards, mais 3 interceptions cadeaux pour des Oilers qui n’en demandaient pas tant. Pas du goût d’un public devenu exigeant. Switzer quitte le navire avant qu’il ne sombre pour de bon. Aikman manque de plus en plus de matchs, mais les ‘Boys retrouvent les séries. Un petit tour et puis s’en va. La fin du rêve. Pour de bon.

En 99, à 32 ans, Troy s’apprête à attaquer sa huitième saison. Malgré un corps endoloris par les tampons à répétition, son esprit de gagnant et de compétiteur ne semble pas ébranlé. Il se sent aussi en forme et déterminé qu’à ses 25 printemps, lorsqu’il était parti à la conquête du Super Bowl XVII. Un Super Bowl, il compte bien encore en gagner un. Il le veut. Il le peut. Surtout, il ne peut pas supporter de perdre.

« Je ne désire rien de plus au monde que de gagner un nouveau Super Bowl, » raconte-il cet été là, en plein training camp. « J’en ai encore beaucoup dans le moteur. »

Pas tant que ça. Le réservoir commence gentiment à se vider. Pour la dernière saison des Triplets en 99, Troy Aikman débute par un feu d’artifice face aux Redskins. En prolongation, il délivre les siens sur une 5e passe de touchdown fatale. Un record personnel. Le bouquet final. Pour sa dernière apparition en playoffs, Troy s’incline face aux Vikings de Randy Moss. 2000 sera sa dernière campagne. Une saison marquée par les coups à répétition. S’il enfile bien une bague au doigt, c’est une bague de mariage. Son ultime match face aux Redskins sera écourté par une commotion. La dixième de sa carrière. La dernière. Le 10 décembre, LaVar Arrington, un impudent rookie, propulse Troy à terre sur un plaquage plongeant dévastateur. Clap de fin. À 34 ans, le corps meurtri, devenu trop cher, il est libéré. Sans dos et sans prétendant, il raccroche purement et simplement après 4 commotions lors de ses 20 dernières titularisations. Le désir est encore là, mais le corps ne suit plus. Un crève-cœur.

« Vous attendez et vous pensez que votre tour ne viendra jamais, » raconte un Aikman au bord des larmes devant la presse. « Et bien le mien est venu. Je sais que c’est la bonne décision pour ma santé Après toutes ces commotions et mes soucis de dos. Il a payé un lourd tribut »

Dévoreur de yards ? Pas tant. Monstre statistique ? Non plus. Troy Aikman a bâti sa légende sur une chose : la gagne. Capable de se transformer en Super Saïyen en janvier et février, il a érigé les Cowboys au rang de dynastie. D’hégémon. Leader invétéré, respecté par ses coéquipiers, parfois arrogant, mais surtout sûr de ses forces, il a fait de la décennie 90 celle des Dallas Cowboys. Celle de l’America’s Team. Troy’s got talent.

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7 Commentaires

  1. Cette équipe des Cowboys écrasait tout sur son passage, seuls les niners de Montana faisait le poids.

    Emmith Smith et Michael Irvin étaient tout aussi monstrueux.

    On dirait bien que les cowboys sont de retour!

  2. un très grand QB et surtout un leader; il aura eu une belle carrière parce que gagner 3 bagues, peu de QB l'ont fait; il a joué dans la plus grosse America's team avec celle des 70's, il a eu la chance d'avoir à ses côtés des joueurs comme Emmitt Smith, Michael Irvin, Jay Novacek (le papa clone de Witten), et des monstres en défense, Haley, Norton, Maryland, etc… et même Deion Sanders.
    Mais cette histoire montre bien que tu peux être un très bon QB si tu n'as personne pour t'épauler, voir même te protéger des méchants sackeurs adverses, tu ne feras rien de bon !!!!
    Une équipe cela se construit et souvent autour d'un QB, mais par contre c'est comme une maison cela ne se fait pas en quelques jours, il faut du temps, un projet, un staff……. !!!!!

  3. Pas le plus talentueux de sa génération ? En dehors du fait que Moon/Aikman c'est pas plus la même génération de joueur que Brees/Newton, il était quand même meilleur que Cunningham d'après mes recherches 90's et le meilleur QB sur toute une génération s'étendant de 1962 à 1968; ce qui n'est pas rien lorsque l'on sait que ce sont ces générations là qui ont eu le plus de poids démographique dans la population américaine et sans doute celles qui ont le plus pratiqué le Foot US.

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