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rob_gronkowski_patriots_03122016Dans les sports américains et plus particulièrement en NFL, les statistiques tiennent une place prépondérante à tel point qu’environ 99 % des joueurs possèdent aujourd’hui leur propre record dans une catégorie qui n’est probablement connue de personne. Du coup, Touchdown Actu vous propose une nouvelle rubrique basée sur l’analyse statistique, tout en remettant les chiffres dans leur contexte.

Au programme aujourd’hui, un focus sur les New England Patriots, qui seront privés de leur tight end Rob Gronkowski pour le reste de la saison.

Que disent les chiffres ?

La nouvelle est tombée hier soir : Rob Gronkowski ne jouera plus en 2016. C’est évidemment un gros coup dur pour les Patriots, qui viennent de perdre l’un de leurs piliers offensifs et sans doute le meilleur tight end en NFL actuellement. Et ce qui est encore plus inquiétant, c’est le niveau de jeu de l’attaque de New England lorsque le « Gronk » ne joue pas.

En effet, depuis le début de sa carrière, Gronkowski a manqué 22 rencontres, dont trois de Playoffs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Patriots ne sont pas vraiment la même équipe sans lui :

Statistiques offensives des Patriots avec Rob Gronkowski (depuis 2010, source Pro Football Reference)

  • Points par match : 31,1
  • Yards à la passe par match : 281,3
  • Bilan : 77 victoires – 21 défaites (dont 7-3 en Playoffs)

Statistiques offensives des Patriots sans Rob Gronkowski (depuis 2010)

  • Points par match : 26,5
  • Yards à la passe par match : 252,6
  • Bilan : 15 victoires – 7 défaites (dont 1-2 en Playoffs)

Le grand symbole de cette différence, ce sont les performances du quarterback Tom Brady, qui est nettement moins bon lorsqu’il évolue sans son tight end :

Statistiques de Tom Brady avec Rob Gronkowski (depuis 2010)

  • Matchs : 96
  • Touchdowns / Interceptions : 217 / 50 (soit 4,3 TD pour 1 INT)
  • % de passes complétées : 65,4 % (2 351/3 595)

Statistiques de Tom Brady sans Rob Gronkowski (depuis 2010)

  • Matchs : 20
  • Touchdowns / Interceptions : 32 / 15 (soit 2,1 TD pour 1 INT)
  • % de passes complétées : 57,4 % (448/781)

Dans le contexte

Au vu des chiffres énoncés ci-dessus, il y a de quoi avoir de gros doutes concernant la capacité des Patriots à remporter le Super Bowl cette année, voire même à gagner la Conférence AFC.

En effet, sans Rob Gronkowski, Tom Brady et New England sont tout simplement privés de leur arme offensive numéro un, notamment en profondeur. Monstre physique (1m98 pour 120 kgs), il pose un énorme problème pour tous les adversaires dans le jeu aérien. En d’autres termes, l’équilibre de l’attaque repose beaucoup sur le « Gronk », qui représente une menace constante et qui focalise donc l’attention des défenses, ouvrant ainsi beaucoup d’opportunités pour les autres joueurs offensifs des Patriots. Ces derniers, qui sont la deuxième équipe NFL au nombre de jeux réalisés avec deux tight ends ou plus cette saison (245 au 20 novembre selon ESPN), vont désormais devoir s’adapter en évoluant principalement avec Martellus Bennett, étant donné que le troisième tight end de l’effectif Matt Lengel est avant tout un bloqueur.

Cependant, malgré la grande importance de Rob Gronkowski au sein de l’attaque de New England, son absence ne sera peut-être pas si désastreuse pour les Patriots que lors des années précédentes. Pourquoi ? Déjà parce que la franchise de Foxborough possède en Martellus Bennett un joueur capable de combler un peu la perte du « Gronk », ce qui n’était pas forcément le cas par le passé. Avec 42 réceptions pour 540 yards et quatre touchdowns cette saison, il est le deuxième receveur de l’équipe derrière Julian Edelman (64 REC, 617 YDS, 2 TD). De plus, les contributions de Chris Hogan (23 REC, 461 YDS, 2 TD), du running back James White (43 REC, 375 YDS, 4 TD), de Malcolm Mitchell (16 REC, 235 YDS, 3 TD) et de Danny Amendola (20 REC, 213 YDS, 4 TD) prouvent la diversité de l’attaque en 2016, qui semble donc être moins dépendante de Gronkowski aujourd’hui (25 REC, 540 YDS, 3 TD cette saison pour lui).

Enfin, New England possède également un jeu de course performant avec un LeGarrette Blount qui réalise sans doute la meilleure campagne de sa carrière (212 courses, 869 YDS, 12 TD). Cette saison, les Patriots s’appuient beaucoup plus sur leur jeu au sol et ils sont ainsi bien plus équilibrés offensivement (371 passes pour 319 courses en 2016, contre 629 passes pour 383 courses en 2015). Cela risque d’ailleurs de s’accentuer avec le retour de blessure de Dion Lewis, même si ce dernier n’est pas un running back traditionnel étant donné qu’il a souvent été utilisé dans le jeu aérien depuis son arrivée à New England en 2015.

Verdict

Clairement, la perte de Rob Gronkowski fait mal à New England. La polyvalence du « Gronk », son impact physique et sa capacité à mettre à mal les défenses adverses vont manquer aux Patriots pendant le reste de la saison. Faut-il pour autant enterrer les hommes de Bill Belichick ? La réponse est non.

Même sans le « Gronk », l’attaque des « Pats » reste redoutable et imprévisible avec un tight end solide, plusieurs receveurs qui apportent des contributions intéressantes et surtout un bon jeu de course qui donne une vraie stabilité. Autrement dit, New England est une formation qui est loin d’être unidimensionnelle offensivement. Reste à voir à présent comment la défense va se débrouiller durant le reste de la saison, elle qui représente le point faible de l’équipe.

Au final, les Patriots sont toujours les favoris en AFC, surtout lorsqu’on regarde la concurrence. En effet, les Chiefs, les Raiders ou les Broncos possèdent des faiblesses bien plus importantes que New England, et il est donc difficile de les voir s’imposer contre Tom Brady et compagnie en Playoffs. Alors évidemment, tout est possible sur un match, en particulier si les « Pats » perdent l’avantage du terrain, eux qui sont aujourd’hui en tête de leur conférence avec un bilan de neuf victoires pour deux défaites. Mais à l’heure actuelle, il n’y a pas vraiment de quoi paniquer du côté de Foxborough.

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