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Histoire

[histoire] Vince Lombardi : le Pape du Wisconsin

Bien avant d’être le nom du trophée remis au vainqueur du Super Bowl, Vince Lombardi est l’une des figures les plus marquantes de la riche histoire de la ligue. Ses lunettes à fine monture, son feutre vissé sur la tête, son indémodable trench et ses éternelles dents du bonheur. Une silhouette inoubliable, pleine de sagesse et de joie, qui veille éternellement sur son bien aimé Lambeau Field. Plus de 40 ans après sa disparition, il continue d’occuper une place à part. Et si son nom est gravé sur l’argent du trophée remis au vainqueur du Super Bowl, c’est tout sauf un hasard.

Sans ses lunettes, ni son chapeau, ni son trench

Sans lunettes, ni chapeau, ni trench

Bercé par le football

Pourtant, et même si la fièvre du football l’a rapidement contaminé, rien ne semblait le prédestiner à devenir une icône de la NFL. Et surtout pas dans un trou perdu au fin fond du Wisconsin. Natif de Brooklyn, ce Sicilien d’origine doit faire face à l’inévitable discrimination dont sont victimes les immigrants italiens au début du 20e siècle. À l’âge de 12 ans, et pour fuir la boucherie de son père qu’il hait viscéralement, il se met à jouer au football au sein d’une petite ligue sans coach du côté de Sheepshead Bay, à Brooklyn. En 1933, il accepte une bourse d’études de Fordham University dans le Bronx, pour intégrer l’équipe de Jim Crowley, figure mythique des Notre Dame Fighting Irish dans les années 20. Malgré des capacités physiques au mieux ordinaires, il brille par son énergie, son agressivité et son état d’esprit. Baladé de gauche à droite de la ligne offensive en dépit de sa petite taille, il manque de peu le Rose Bowl. Animé par l’envie de construire une famille il abandonne ses études de droit en 1938.

L’année suivante, alors âgé de 26 ans, il rejoint le lycée de St. Cecilia en tant que coach assistant. Ses premiers pas dans l’univers du coaching. Trois ans plus tard, il devient entraîneur principal. Après un succès retentissant contre les Brooklyn Prep d’un certain Joe Paterno, St. Cecilia s’impose comme la toute meilleure équipe du pays. C’est avec six titres en poche qu’il quitte le petit lycée pour prendre la tête des Fordham Rams. Après cinq années riches en événements du côté de West Point, aux rênes de l’U.S. Military Academy, les portes de la NFL s’ouvrent à lui. Enfin. Mais il reste encore du chemin à parcourir.

Par la petite porte

1954. Déjà âgé de 41 ans, Vince Lombardi se voit propulsé coordinateur offensif des Giants. Trois ans après son arrivée, les New-Yorkais remportent le titre en étrillant les Chicago Bears (47-7). Les talents de stratège du coach commencent à faire leurs premiers effets. Et ils ne passent pas inaperçus.

“Howell (head coach des Giants, ndlr) reconnaissait volontiers le talent de Lombardi et Landry (coordinateur défensif, ndlr) et blaguait sur lui en disant que sa principale fonction était de s’assurer que les ballons étaient bien gonflés, » raconte David Maraniss dans sa biographie de Vince Lombardi.

Malgré les succès obtenus avec l’Army et les Giants, Lombardi craint que ses origines italiennes ne le desservent dans sa quête d’un poste d’entraîneur principal. Malgré l’appui de Jim Lee Howell, ses candidatures auprès de Wake Forest, Notre Dame et une poignée d’autres universités restent lettres mortes. À son grand dam.

Pas de quoi perdre espoir pour autant. Son heure viendra bien assez tôt. Du côté de la Grosse Pomme, il imprime déjà sa marque sur le coaching. Stratège de génie, il créé le « rule blocking, » une stratégie prévoyant que le bloqueur ne bloque plus seulement un homme, comme la norme le voulait à l’époque, mais verrouille plutôt une zone. Dans ce schéma, le coureur avait l’embarras du choix et n’avait plus qu’à faire parler sa vision du jeu pour plonger dans un des trous ouverts par ses coéquipiers. Le « zone blocking » est né.

Sept saisons, cinq titres. Pas mal !

Sept saisons, cinq titres. Pas mal !

Un « Pape » dans la toundra

1958 est une année sombre pour les Packers. Au terme de la pire saison de l’histoire de la franchise (1-10-1), la colère gronde aussi bien chez les fans que chez les dirigeants. C’est l’avenir même de l’équipe qui est en péril. Un électrochoc est indispensable. Et il s’appelle Vince Lombardi. Venu tout droit de la truculente New-York, il est nommé head coach et manager général de Green Bay, petite ville industrielle jadis nommée « Baie des Puants » au temps de sa fondation par les colons français au 17e siècle. Le début d’une grande histoire d’amour. Le début d’une nouvelle ère glorieuse pour la formation du Wisconsin.

Pourtant, lorsque le président Dominic Olejniczak jette son dévolu sur l’inexpérimenté head coach, son choix ne fait pas l’unanimité. « Qui c’est ce foutu Lombardi? » s’interroge John Torinus, membre du comité exécutif. La réponse ne tardera pas. Lombardi est rapidement investi des fonctions d’entraîneur en chef et de manager général. Les pleins pouvoirs qu’il avait exigés. Il veut tout contrôler. Même jusqu’aux uniformes qu’il fait modifier en 1959, abandonnant les couleurs originales héritées de Notre Dame et choisies par Curly Lambeau lors de la fondation de la franchise. Aujourd’hui encore, à l’exception du « G » sur le casque apparu deux ans plus tard, Aaron Rodgers et compagnie portent le même ensemble.

« Messieurs, je n’ai jamais eu d’équipe de perdants, et je ne compte pas commencer aujourd’hui, » annonce-t-il les yeux dans les yeux à ses joueurs à son arrivée.

Sous la poigne de fer de leur nouveau stratège, les Packers développent une passion immodérée pour le succès. L’impact est immédiat. Dès sa première saison sur les rives du lac Michigan, le Sicilien fait des miracles et mène ses hommes à un honorable bilan de 7-5. De quoi lui valoir un titre unanime de Coach de l’année. L’effet Lombardi se fait également ressentir auprès des fans. La ferveur reprend de plus belle. Durant la saison 1960, le stade fait le plein à tous les matchs. Une bonne habitude qui allait perdurer : depuis chaque rencontre de présaison, de saison régulière ou de playoffs a affiché complet. Le culte des Packers est reparti de plus belle. Les hommes de Lombardi ont reconquis le cœur des Cheeseheads. Il faut dire qu’ils s’en sont donné les moyens. Le titre de la Western Conference en poche, une première depuis 1944, ils butent d’un rien sur les Eagles. Le head coach vient de subir la première et dernière défaite de sa carrière en playoffs. Ça n’est que partie remise.

« Ça n’arrivera plus jamais. Jamais plus vous ne perdrez de finale de championnat, » assurera Lombardi à ses joueurs après le match dans l’intimité du vestiaire.

Message reçu. Les neuf rencontres de séries suivantes se solderont toutes par des victoires des inarrêtables Packers. Vince Lombardi est canonisé et hérite du surnom de « The Pope ». Après la désillusion de 1960, les Giants subissent la loi de Green Bay par deux fois en finale. La première fois dans le Wisconsin, la seconde à New-York. La razzia n’est pas terminée. Entre 1965 et 1967, les hommes de Lombardi raflent tout et réalisent un triplé inédit depuis un certain Curly Lambeau (tiens, tiens) dans les années 30. En faisant main basse sur les titres 66 et 67, les Packers viennent de marquer de leur empreinte une nouvelle ère, celle du Super Bowl.

Plus que le succès  33-14 sur les Raiders au Orange Bowl de Miami, c’est la finale du NFL Championship face aux Cowboys qui marque la dernière saison de Vince Lombardi sur les rives du lac Michigan. Disputé dans un froid polaire, le Ice Bowl est l’un des matchs les plus mémorables de l’histoire. Le meilleur selon certains. Au terme de neuf saisons passées à la tête de l’équipe, le bilan est édifiant : 105-35-6. Le coach a inculqué aux Packers la culture de la gagne. L’année suivante, c’est en tant que manager général qu’il officie dans le Wisconsin. En 1969, l’appel du terrain est trop grand et c’est avec la double casquette de head coach et de manager général qu’il débarque du côté de Washington, le temps d’une pige. Les Redskins enregistrent leur première saison positive depuis 14 ans. Le devoir accompli, le « Pape » tire sa révérence.

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Le « Lombardi Power Sweep »

Made in Lombardi

Passionné par le jeu, bourreau de travail, véritable perfectionniste, Vince est un précurseur en matière de tactique. Son fait d’armes, le « Lombardi Sweep ». Du Lombardi dans toute sa splendeur. Pas de fioriture, un travail d’équipe, tout en puissance. Durant des années, ce jeu a été la marque de fabrique de l’attaque des Packers. Répété sans cesse. Le principe du « power sweep » est simple : deux guards en mouvement, l’un se charge d’un linebacker, l’autre ouvre la voie sur l’extérieur en neutralisant un cornerback, tandis que le fullback mène la charge devant son coureur. Rien de sexy, mais ça marche. Et Vince Lombardi le concède volontiers :

« Il n’y a rien de spectaculaire, » explique-t-il. « Ça sert juste à gagner des yards. Mais vu du bord du terrain, quand l’action commence à se développer, on entend les linebackers et defensive backs crier ‘Sweep! Sweep!’ presque éberlués en voyant les guards se ruer sur eux… C’est mon jeu préféré, car il oblige les onze joueurs à jouer d’un seul homme, c’est ça jouer en équipe. »

Lombardi aime ce jeu et n’a pas peur d’en user, voire d’en abuser :

« C’est un jeu on ne peut plus basique. On ne fait que le répéter encore, encore et encore. On n’insiste jamais trop sur la répétition. Je veux que mes joueurs soient capables d’exécuter ce sweep les yeux fermés. Si on appelle ce jeu 20 fois, j’attends d’eux qu’ils le réussissent 20 fois. Pas 18, pas 19. »

Du Lombardi tout craché : basique, simple, mais réalisé à la perfection. Ou ce qui s’en approche le plus.

« Son charisme, son éloquence étaient vraiment, vraiment impressionnants, » explique Bart Starr, une autre légende des Packers. « Une des premières choses qu’il a dites c’est, ‘Nous allons SANS CESSE poursuivre la perfection — quand bien même nous ne l’atteindrons jamais, car rien n’est parfait.’ Mettez-le ‘sans cesse’ en lettres capitales, parce que c’est comme ça qu’il l’a dit. »

La quête perpétuelle de la perfection. La clé du succès de Vince Lombardi.

Football, famille, religion et tolérance

Au-delà du terrain, le Sicilien est un homme de convictions. Une personnalité forte qui ajoute un peu plus à la légende. Passé pendant 4 années à la Cathedral College of the Immaculate Conception de Brooklyn, le gourou des Packers a longtemps envisagé de devenir prêtre, avant d’abandonner en 1932. S’il a renoncé à entrer dans les ordres, il n’en a pas pour autant oublié sa foi. Loin de là. En 1942, fervent catholique et désormais coach, il impose à ses joueurs de se rendre à l’église chaque dimanche pour assister à la messe avant les rencontres à domicile. Tous les jours, sur le chemin du centre d’entraînement des Packers, il fait une halte à St. Willebrord pour adresser une prière. Un rituel.

Dans les années 60, alors que la lutte pour les droits civiques fait rage et que bien des dirigeants de la ligue n’ont aucun scrupule à exclure les joueurs noirs au seul prétexte qu’ils sont noirs, les Packers refusent de s’abaisser à toute pratique discriminatoire. Dans leur quête de talents, la couleur de peau n’a pas sa place.

« Mes joueurs n’étaient pas noirs, ni blancs, mais verts Packers, » tranche Lombardi.

Ennemi affiché de toute forme de racisme, il n’hésite pas à menacer de virer quiconque aurait des propos ou comportements discriminants. Un mépris viscéral pour la haine raciale qui trouve ses racines dans son éducation catholique et son passé d’Italo-Américain, souvent victime de discrimination. Son combat est sans limites. Il insiste auprès de la franchise pour que toute entreprise refusant les non-blancs soit purement et simplement privée de loges au City Field, renommé Lambeau Field en 1965.

Sa lutte contre la discrimination s’étend également aux homosexuels. À Washington, au courant de l’homosexualité de son tight end Jerry Smith, il lui confie que tant qu’il sera là, ça ne sera jamais un problème. Sous ses ordres, le joueur se voit honoré d’une place dans la première équipe All-Pro. Dans la capitale fédérale encore, il prend le running back, lui aussi gay, Ray McDonald sous sa coupe et donne des instructions sans équivoque à son coach des coureurs :

« Je veux que tu t’occupes de McDonald, que tu sois à ses côtés sans relâche – et si j’entends ne serait-ce qu’un joueur faire une remarque sur sa virilité, je te vire de là à coup de pied au cul. »

Lombardi aime contrôler les choses. Et il ne tarde pas à le démontrer. Dès son arrivée dans le Grand Nord, il envoie la superstar de l’époque, Billy Howton, à Cleveland. Pas de sentiments. Et il fait encore moins bon quémander une augmentation avec le nouveau boss des Packers. En 1964, lorsque le futur Hall of Famer Jim Ringo fait irruption dans son bureau, accompagné de son agent, le « Pape » s’absente cinq minutes ; et lorsqu’il revient, c’est pour annoncer au joueur qu’il vient d’être échangé avec les Eagles.

Super Bowl Coach's Press Conference

Depuis 1970, Vince Lombardi rime avec succès

Une icône, au-delà du Wisconsin

Tout juste retraité, Vince Lombardi est frappé de problèmes de santé préoccupants. Son état empire. Et vite. À la fin du mois de juillet 70, les médecins lui diagnostiquent un cancer du côlon en phase terminale. Le Président Nixon a beau l’appeler dans sa chambre d’hôpital pour l’assurer du soutien total de la nation, le coach légendaire des Packers s’éteint à Washington D.C. le 3 septembre 1970, à 7h12 du matin. Il avait 57 ans. C’est tout le monde du football qui est en deuil. Les funérailles, célébrées dans la cathédrale St. Patrick de Manhattan réunissent près de 1500 personnes et contraignent la 5e avenue à être fermée à la circulation. La semaine suivante, le trophée de champion est rebaptisé en son honneur.

L’année suivante, Lombardi fait sont entrée au Hall of Fame à titre posthume. Les stades, rues, parc, hôpitaux, écoles portant son nom fleurissent tant dans le Wisconsin que l’état de New York. Véritable incarnation des valeurs du football, son chapeau, ses lunettes et ses dents du bonheur resteront à jamais gravés dans le paysage de la ligue. De même que son nom, synonyme de succès, et gravé dans l’argent du trophée éponyme.

Vince Lombardi, c’est aussi des citations mythiques. Petit florilège :

« Gagner n’est pas une préoccupation passagère, c’est une préoccupation de tous les instants. Tu ne fais pas les choses bien une fois de temps en temps – tu les fais bien en permanence. »

« L’important n’est pas quand tu tombes, mais quand tu te relèves. »

« Une fois que tu apprends à baisser les bras, ça devient une habitude. »

« La perfection est inatteignable. Mais si l’on poursuit la perfection, on peut atteindre l’excellence. »

« Une équipe qui pense qu’elle va perdre perdra. »

« C’est avec la confiance qu’on défait la défaite. »

« L’objectif, c’est la victoire : claire, nette, digne, la victoire dans les règles, mais la victoire quand même. »

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