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Histoire

[histoire] Sean Taylor : l’étoile filante

Né à Miami. Formé à Miami. Tué à Miami. Floridien de naissance et pur produit de la machine à stars de l’université de Miami du début des années 2000, Sean Taylor était promis à une carrière somptueuse. Mais le destin en a décidé autrement. Le 27 novembre 2007, il est abattu dans sa résidence de Miami. Il n’avait que 24 ans et tout l’avenir devant lui. La famille des Redskins est en deuil. Toute la famille du football pleure un talent hors pair.

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Attrape-moi si tu peux

Comme un ouragan

Dans un État balayé par les ouragans, c’est une tempête d’un genre nouveau qui allait bientôt déferler. Fils de policier, il grandit dans un quartier populaire de Miami. La fièvre du football le contamine rapidement. À 17 ans, il rejoint la Gulliver Preparatory School où il évolue des deux côtés du ballon. Après un premier match manqué à cause d’une blessure, il aide ses coéquipiers à faire main basse sur les 14 rencontres suivantes. La petite équipe remporte le championnat local. Linebacker, defensive back, running back, en véritable couteau suisse, Sean Taylor est partout. Il parcourt 1400 yards au sol, inscrit 44 touchdowns, record d’État à la clé, et amasse une centaine de plaquages. En finale face à la Marianna High School, il marque trois fois. Une star est née. Déjà.

« Je voulais qu’il soit running back ou quarterback et qu’il marque des tonnes de touchdowns, » confiera son oncle lors des obsèques du joueur. « Le coach lui a donné le numéro 66 et l’a installé sur la ligne. Avant le match il m’a demandé, ‘Oncle Michael, qu’est-ce que je dois faire?’ Je lui ai dit, ‘Plaque le type avec le ballon.’ Et c’est ce qu’il a fait, encore et encore. »

Sean Taylor avait trouvé sa vocation. L’année suivante, c’est sans grande surprise qu’il rejoint la fabrique à champions des Hurricanes. Sous les ordres de Larry Coker, il se fait rapidement une place de choix dans le dernier rideau défensif. Dès son année de freshman il apparaît régulièrement dans les formations nickel et dime requérant des defensive backs supplémentaires. Aux côtés de Clinton Portis, Frank Gore, Willis McGahee, Andre Johnson, Bryant McKinnie, Ed Reed ou encore Antrell Rolle, pour ne citer qu’eux, Sean Taylor décroche le Graal de cristal. Le cinquième pour « The U ».

En 2002, il est propulsé titulaire. 85 plaquages, 15 passes détournées, 4 interceptions, un fumble forcé, un coup de pied bloqué et un punt retourné en touchdown plus tard, il est nommé dans la seconde équipe type de la Big East. Lors du Fiesta Bowl face aux Buckeyes d’Ohio State, il brille. Ou presque. Le safety enregistre 11 plaquages et subtilise deux passes, mais se fait arracher le cuir des mains sur une des ses interceptions et rend la possession aux joueurs de l’Ohio. Miami s’incline. La déception est grande, mais c’est plus motivé que jamais que Taylor attaque sa dernière année dans le sud de la Floride.

2003, c’est la saison de tous les exploits. C’est un ouragan de records et de récompenses qui s’abat sur le défenseur. Athlète accompli d’un mètre 88 et près de 100 kilos, il est unanimement nommé dans l’équipe type universitaire. Élu joueur défensif de l’année de la Big East, il échoue d’un poil dans sa conquête du Jim Thorpe Award, récompense attribuée au meilleur defensive back du pays. Avec 10 interceptions au compteur, dont trois converties en touchdowns, il égale le record national d’un autre illustre Hurricane, Bennie Blades. Face aux Pittsburgh Panthers, il vole deux fois le cuir et étouffe un certain Larry Fitzgerald, lui aussi All-American. Après une saison accomplie, il décide de faire le saut dans le grand bain et de se présenter à la draft.

Avis de tempête sur la Capitale

De la promotion dorée de 2004, il est le premier Hurricane a être sélectionné. Kellen Winslow II, Jonathan Vilma, D. J. Williams, Vernon Carey et Vince Wilfork  entendront eux aussi leur nom retentir dès le premier tour. Avec le 5e choix général, les Redskins mettent la main sur la pépite sortie tout droit de l’usine à talent de Miami. Il quitte sa Floride natale pour la capitale fédérale, où il retrouve Clinton Portis, un autre produit de « The U ». Rapidement, Sean Taylor impose son style. Rugueux, mais passionné. Capable de couvrir comme un cornerback et de stopper le jeu au sol comme un linebacker. Mi-homme, mi-bête (beast). Son surnom de « Meast » n’est pas usurpé. Ses coachs sont sous le charme et dès la troisième semaine, il s’impose comme le titulaire au fond de la défense. Free safety partant lors des 13 derniers matchs, Taylor clôt sa première année avec 89 plaquages, deux fumbles forcés, 9 passes défendues et 4 interceptions dans l’escarcelle. Une pêche fructueuse.

Fred Smoot parti dans le Minnesota, il troque son #36 pour le #21 la saison suivante. S’il n’est plus un débutant, il continue de jouer avec le même enthousiasme et la même énergie sauvage. Les plaquages et les actions d’éclat s’accumulent à vitesse grand V. Véritable force de la nature, il ajoute 2 sacks et un touchdown sur un retour de fumble à sa collection. En Wild Card face aux Buccaneers, il inscrit le touchdown de la victoire, mais se laisse emporter par sa fougue. Exclu de la rencontre pour avoir craché au visage de Michael Pittman, il écope d’une amende de 17 000 dollars, le montant de son bonus. Son tempérament rebelle et frondeur vient de le rattraper. La semaine suivante, les Redskins s’inclinent face aux Seahawks de Matt Hasselbeck, en route vers le Super Bowl.

Gregg Williams est sous le charme de son joueur et le décrit comme le meilleur athlète qu’il n’ait jamais coaché. Avec 129 plaquages dans la musette, Sean Taylor continue de s’imposer comme l’un des plus redoutables défenseurs de la ligue. Le tout, à seulement 23 ans. Mais s’il brille, on ne peut pas en dire autant de ses coéquipiers. Au sein d’une défense souvent mise à mal, il surnage et se voit récompensé par un voyage de fin d’année à Hawaii, profitant du désistement de Brian Dawkins. Une expérience forte pour le joueur.

« J’ai adoré rencontrer d’autres joueurs venant d’autres équipes, et que ça aille au-delà du football – ça reste du football, mais quand on avait du temps libre on discutait, et on discutait de choses qui n’avaient rien à voir avec le football » confiait-il au Washington Post.

Pas du genre à faire le trajet pour rien, Sean Taylor illumine la rencontre en assénant un plaquage monumental dont il a le secret sur Brian Moorman. Par rancunier, le punter des Bills vient le féliciter.

Destinée magique, destin tragique

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À 24 ans, il avait la vie devant lui

Lors de ses trois premières saisons, le safety écope d’au moins sept amendes pour plaquages à retardement, infractions au code vestimentaire et diverses autres violations des règles de la NFL. Sa casquette de déménageur bien vissée sur la tête, il est élu joueur le plus viril de la ligue par Sports Illustrated à l’aube de la saison 2007. Un titre qui lui sied à merveille. Alors que son statut sur le terrain ne cesse de prendre de l’ampleur, sa vie semble enfin se mettre sur les bons rails. Aux prises avec la justice après des arrestations pour conduite sous influence en 2004 et agression en 2005, il a enfin pris conscience de sa chance.

« C’est comme si on jouait un sport de gosses pour un salaire de roi, » confie-t-il dans une rare interview accordée au Washington Post. « Si tu ne le prends pas assez sérieusement, un jour tu finiras par te dire, ‘Oh, j’aurais pu faire ci, j’aurais pu faire ça.’ Je suis en pleine santé en ce moment, j’entre dans ma quatrième année, alors pourquoi ne pas donner le meilleur de moi-même? Que ça soit bien manger, ou m’entraîner de la meilleure façon possible ou bien mieux apprendre. Peu importe, du moment que je peux m’améliorer »

Fidèle à lui-même, et malgré un rôle réduit, Sean Taylor dégoute les receveurs adverses à coup de plaquages destructeurs et multiplie les interceptions. Avec 5 passes volées, il mène la NFC et trône au 2e rang de la ligue. Blessé, il doit pourtant tirer un trait sur les semaines 11 et 12. Il ne foulera plus jamais de terrain de football. Convalescent, il fuit le froid de D.C. pour retrouver la douceur de sa Floride natale. Le 26 novembre 2007, à 1h45 du matin, un intrus lui tire dessus dans sa résidence de Palmetto Bay. Son artère fémorale est touchée. Jackie Garcia, sa compagne de l’époque, se précipite sous le lit avec sa petite fille de 18 mois et appelle le 911.

Transporté d’urgence à Miami, Sean Taylor passe la nuit sur la table d’opération. Toujours plongé dans le coma à sa sortie du bloc, il a perdu beaucoup de sang. Trop. Le 27 novembre 2007, à 3h du matin, Taylor s’éteint au Jackson Memorial Hospital de Miami. Là où tout avait commencé. La NFL est en deuil. La condamnation de son meurtrier à 57 ans de prison en janvier dernier n’y changera rien. L’une des étoiles montantes de la ligue vient de s’envoler. Pour toujours.

La famille du football est en deuil

La semaine suivant son décès, toutes les équipes arborent un patch portant le 21 sur leur casque. Une minute de silence est observée dans toutes les enceintes. C’est un FedEx Field en deuil qui accueille ses Redskins le 2 décembre 2007 pour la réception des Bills. Sur le casque et le maillot des joueurs, les tenues d’échauffement, les blousons des coachs, le #21 est partout. Une plaque portant son nom et son numéro est inaugurée. Son casier, resté tel qu’il avait été laissé par le joueur, est recouvert d’une plaque de plexiglas. Une courte cérémonie commémorative est organisée. Les serviettes portant le numéro 21 virevoltent dans les tribunes. En début de rencontre, les Redskins ne présentent que 10 joueurs en défense. Le poste de free safety est laissé vacant. Chez les joueurs comme les fans, l’émotion est immense. Palpable. Washington s’incline, mais plus que le résultat, c’est l’hommage qui comptait.

« Je ne suis pas venu ici pour jouer, je suis venu pour honorer mon ami, pour l’accompagner comme il se doit, » confiera Fred Smoot, revenu chez les Redskins.

À l’issue de la saison, il est sélectionné au Pro Bowl à titre posthume, une première dans l’histoire de la NFL. Ses anciens coéquipiers Chris Samuels, Chris Cooley et Ethan Albright arborent tous un maillot floqué du numéro 21. Sur sa première série du match, la défense de la NFC n’aligne que 10 joueurs et un seul safety. Comme les Redskins quelques semaines plus tôt. Le 30 novembre 2008, c’est muni d’un drapeau portant le numéro 21 que Clinton Portis se rue sur le terrain, en direction du centre du terrain, où le logo habituel a été remplacé par l’ancien numéro de Taylor. Le même jour, il est introduit au Washington Redskins Ring of Fame.

Idolâtré par les fans, ils l’est aussi par les joueurs. Un véritable modèle sur lequel certaines stars d’aujourd’hui on calqué leur jeu. À l’image de Kam Chancellor.

« Rien que sa ténacité, » explique le strong safety des Seahawks. « La passion pour le jeu qu’il dégageait, la façon dont il exploitait ses qualités. Sa taille, sa puissance, sa vitesse étaient des dons de Dieux et il utilisait chaque parcelle de son corps dans son jeu. C’est indéniablement quelque chose dont je me suis inspiré […] »

« Avant chaque match je dois le regarder, » poursuit Chancellor. « Ça me rend plus agressif, mec. Genre, ‘Boom’ – c’est ça que je dois faire. Je le regarde et je me dis, ‘C’est ce que je dois faire à chaque match.' »

« Il sera toujours là avec moi. Il est auprès de moi pendant le match, sur mes épaules, chaque semaine, » conclut-il.

En 2007, il rejoint l’équipe du siècle de Florida High School Association. En septembre 2009, le terrain de la Gulliver Prep School est rebaptisé Sean Taylor Memorial Field. Sept ans plus tard, il demeure l’une des icônes les plus vénérées des fans de Washington. En quatre années dans la capitale fédérale, il a fait oublier un autre safety de légende : Paul Krause. S’il n’a pas officiellement été retiré, le 21 n’a jamais été reporté depuis. Voué à devenir le leader charismatique de la franchise, destiné à devenir l’un des tout meilleurs safeties de tous les temps, si ce n’est le meilleur, Sean Taylor a été fauché en plein vol. Telle une étoile filante, il a brillé, avant de s’évanouir. Vite, trop vite. Les Redskins ne s’en sont toujours pas remis.

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