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Histoire Los Angeles Rams

[portrait] Austin Davis, à la recherche du temps perdu…

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Un quarterback né en dans le
Deep South (le Sud profond) des Etats-Unis, passé par l’Université de Southern Mississipi pour ensuite jouer en NFL. Si la question se trouvait dans une case du Jeopardy ! d’Alex Trebek, nul ne doute qu’elle se trouverait dans la case à $200, la moins rémunératrice, et qu’elle amènerait l’invariable reponse d’un candidat “Qui est Brett Favre ?”.
Depuis deux ans pourtant, un ancien
Golden Eagle de Southern Miss pointe également le bout de son nez dans la grande ligue et vous ferait gagner dans l’émission de NBC. Mais qui est donc Austin Davis ?

Contre toute attente

L'image d'un gagneur, c'est ce qu'aura laissé comme souvenir Austin Davis à Southern Miss

L’image d’un gagneur, c’est ce qu’aura laissé comme souvenir Austin Davis à Southern Miss

Portant maintenant des protections et un casque sur les terrains de NFL, c’est pourtant par le baseball que l’histoire d’Austin Davis a pris forme. Son frère Bo jouant alors sous les couleurs de l’Université de Southern Miss avant d’être drafté par les San Diego Padres au 24e tour en 2009, Austin Davis a vu les 150 kms séparant la maison familiale de Meridian (Mississipi) du campus situé à Hattiesburg comme la route vers un destin sportif professionnel pour lui aussi. C’est qu’au lycée de Colinsville, à 20 bornes au Nord de Meridian, Austin Davis avait commencé à battre des records au poste de quarterback, au point de jouer dans le All-Star Game lycéen opposant ses deux Etats de cœur, sa Géorgie natale et son Mississipi d’adoption.

« Le fait d’avoir été oublié au moment du recrutement en université m’a fait me dire que ceux qui me prendront ne le regretteront jamais » Austin Davis en 2012, lors de son année senior

Armé d’un bras puissant et précis qui en fait également un prospect de choix dans l’Etat au poste de lanceur en baseball, c’est par cette porte dérobée qu’il intègre donc Southern Miss, les recruteurs n’ayant pourtant pas jugé son potentiel digne d’intérêt pour l’équipe de football. En 2012, il sera d’ailleurs drafté en MLB comme son frère, mais par les Boston Red Sox au 31e tour et sans jamais signer de contrat avec la franchise mythique du Nord-Est des Etats-Unis.
Son talent naturel étant malgré tout present, il est invité à intégrer l’equipe de football comme « Walk-On », c’est à dire sans bourse sportive mais aucune opportunité ne s’ouvre à lui, à tel point que sa première année n’est pas comptabilisée (« redshirt »).
Mais, avec un bilan peu reluisant de 7 victoires en 13 matches, Jeff Bower, le coach de longue date, est licencié et remplacé par Larry Fedora. Cette porte entrouverte aux aspirations de jeu du jeune Davis est vite refermée lorsque les assistants-coaches le jugent être le plus faible des 6 quarterbacks de l’effectif, le promettant même plutot à un poste de safety ou de cornerback s’il veut mettre les pieds sur le terrain. Avec sa stature (1m86, 100 kilos), le joueur est imposant mais le changement serait brutal, surtout dans une Conference USA où trainent alors des receveurs comme Emmanuel Sanders ou Dwayne Harris, futurs joueurs NFL.

« Il ne venait pas d’un lycée où le quarterback était mis en valeur. Mais on a vu du talent en lui et il a appris le système plus vite que quiconque. Il a une excellente intelligence de jeu et une superbe éthique de travail. Ca a pris tout de suite » Blake Anderson, coordinateur offensif de Davis à Southern Miss

C’est donc à la force de ses entrainements, de son travail, de sa capacité à faire avancer l’équipe mieux que quiconque qu’Austin Davis gagne tout d’abord le droit de jouer et la bourse sportive qui va avec, avant que le coach Larry Fedora ne le nomme quarterback titulaire la saison d’après. Il ne manquera plus un match de sa carrière universitaire, à l’exception d’une série de 8 rencontres en 2009 au cours desquelles il était blessé. Il va même devenir une légende de l’université…

L’homme de tous les records

Le Burlsworth Award qu’il gagne en septembre 2011 est le couronnement logique de sa carrière universitaire. Ce prix récompensant les meilleurs joueurs ayant commencé comme « walk-on » honore une saison assez exceptionnelle, où il lance pour plus de 3300 yards et 28 touchdowns en 13 rencontres disputées avant d’aller remporter le titre de Conférence face à l’Université de Houston, emmenée par Case Keenum. Hasard du destin, ce dernier est maintenant le troisième quarterback de l’équipe de Jeff Fisher, depuis son acquisition « off-waivers » par les Rams début septembre.

Ses chiffres accumulés en quatre ans à la tête des Golden Eagles donnent également le tournis. Avec 10778 yards, 81 touchdowns, un pourcentage d’adresse de 61,6% et 12082 yards en attaque cumulée, Austin Davis a rélégué tous les anciens records de Brett Favre au placard. Bien sûr, les conditions de jeu et les tactiques plus offensives actuelles ont bien changé depuis le début des années 90 et Austin Davis le reconnait fort élégamment lorsque les journalistes abordent le sujet. Pas rancunier pour un sou (sur cette histoire, diront les mauvaises langues…), le légendaire quarterback des Packers revient même sur le campus pour aider Davis à progresser et, comme le dit Davis, « Avec qui d’autre que Brett Favre voudriez-vous vous entrainer ? ».
Supplanter un futur Hall-of-Famer (l’ancien #4 des Packers y sera éligible en 2016) dans les palmarès devrait donc vous classer la trempe d’un joueur et donne l’impression qu’il intéressera forcément une équipe lors de la draft 2012. Ce ne sera pas le cas…

« Mon leadership est ce que je dois amener à l’etage supérieur pour y être performant » Austin Davis en 2012 avant la draft

Il est vrai que la classe 2012 de quarterbacks est particulièrement forte. Sans même parler des phénomènes de l’époque Andrew Luck ou Robert Griffin III, des joueurs comme Russell Wilson, Nick Foles ou Kirk Cousins se retrouvent seulement draftés au 3e tour. Les qualités de gagneur d’Austin Davis en font un candidat de qualité mais sa grande expérience ne compense pas son manque de puissance sur les passes à l’exterieur ou en profondeur. L’opposition mineure offerte par les équipes de la Conférence USA pose également le problème de connaître la réelle valeur de ses stats formidables à l’echelon universitaire. Sa capacité à rester dans la poche de protection et à se servir de son jeu de course pour se sortir de situations chaudes et à explorer ses options de passes les unes après les autres sans s’affoler sont de vraies qualités appreciées par les scouts NFL mais ses mouvements de pied sont jugés encore perfectibles, lui qui a pris la majorité des snaps en shotgun sous le maillot de Southern Miss. Bref, le chaud et le froid que sa candidature présente ne lui permettent pas d’être selectionné lors de la grande foire aux talents de New York.

Kurt Warner revisited

Une équipe va pourtant bien miser sur le joueur devenu, par la force des choses, unrestricted free-agent : les Saint Louis Rams de Jeff Fisher. Avec un Kellen Clemens expérimenté en remplaçant de Sam Bradford, l’équipe du Missouri peut prendre un risque avec son 3ème quarterback. Mais, malgré 4 apparitions lors des 4 matches de pré-saison, le rookie passe la saison sur la liste des inactifs avant d’être coupé en août 2013. Les compliments sur son état d’esprit et sa compétitivité auront beau être là, Austin Davis doit se trouver une nouvelle équipe, tels les nombreux coupés de l’été que l’on peut suivre dans l’intéressante série de HBO, « Hard Knocks ».
C’est ainsi que, 10 jours après avoir été coupé par les Rams, le quarterback se retrouve dans le practice squad des Dolphins pour en être également coupé presque dans la foulée. La route de la NFL semble s’éloigner de plus en plus pour lui et il décide donc de se porter volontaire pour être 3 jours par semaine l’assistant coach de la Westminster High School dans la banlieue Ouest de Saint Louis. Après tout, Kurt Warner, la légende des Rams et probable Hall of Famer 2015, remplissait bien les rayons d’une épicerie avant d’aller gagner une bague de champion et 2 titres de MVP.

« Next man up » (« Au suivant »), c’est souvent la philosophie qui anime l’effectif d’une équipe de NFL dont aucun joueur n’est véritablement à l’abri de la blessure. Et lorsque Sam Bradford se blesse gravement au genou contre les Panthers, les Rams re-signent Austin Davis dès le lendemain, en lui offrant la place de remplaçant de Kellen Clemens pour le reste de la saison. Néanmoins, encore une fois, Jeff Fisher se contentera de garder le #9 sur le banc malgré le rendement plutôt moyen de son équipe et de son chef d’attaque (8 touchdowns pour 7 interceptions et une évaluation de 78 en 10 matches, dont 4 victoires, pour Clemens).
La vie de quarterback remplaçant étant bien loin de celle des Tom Brady, Aaron Rodgers ou Peyton Manning, la saison 2014 s’annonce tout aussi pénible et décevante pour Austin Davis lorsque Les Snead, le GM, décide de signer Shaun Hill cet été pour devenir le deuxième quarterback de l’équipe derrière un Sam Bradford au genou tout neuf. L’ancien Sooner d’Oklahoma étant aussi fragile que du cristal, c’est dès la pre-saison qu’il se blesse cette fois-ci, permettant au trentenaire Hill de prendre les rênes de l’équipe, avant lui-même de se blesser lors de la 1ère mi-temps du match d’ouverture de la saison contre les Vikings.

Il aura fallu plus de 2 ans et 25 matches pour qu’Austin Davis lance enfin sa première passe lors d’un match de saison régulière de NFL, une passe en mouvement de 9 yards pour son tight-end Jared Cook après une séquence de play-action, une preuve de sa capacité à jouer au plus haut niveau. Si le match est perdu par la défense désastreuse des Rams, lui s’en sort avec une évaluation moyenne de 79 mais en montrant, déjà, sa capacité à amasser des yards (192 sur cette deuxième mi-temps).

Mais c’est la semaine suivante, à Tampa Bay, qu’Austin Davis prouve définitivement que ses épaules sont bien faites pour y supporter des protections de quarterback NFL. Sans marquer de touchdown, il prend soin de la balle et mène un drive de 71 yards en 38 secondes et 4 passes complétées, que Greg Zuerlein convertit en victoire avec son pied de Legatron. « Je me sentais bien là-bas sur le terrain, comme à la maison » déclare-t-il après le match. Il nous propose même le gif de la semaine en exhortant ses coéquipiers comme un possédé.

Rebelote dans un match perdu, face à Dallas, il lance pour 327 yards et 3 touchdowns (mais également 2 interceptions). Une façon de répondre à Jeff Fisher qui venait de déclarer publiquement que Shaun Hill resterait le titulaire de l’équipe et récupèrerait son poste, une fois revenu à 100%.
Par sa grinta, son leadership, sa technique et son envie communicative, Austin Davis l’a fait reflechir et, bien sûr, fléchir. Il sera bien le quarterback des Rams jusqu’à la fin de la saison. Le joueur a-t-il seulement pensé un seul instant qu’il retournerait passer le reste de la saison sur le banc? En ayant passé de tels obstacles, avec un parcours si accidenté pour en arriver là, on en douterait…Et puis les Rams ont une histoire avec les quarterbacks non-draftés qui remplacent les titulaires de début de saison. Mais si l’histoire du « Greatest Show on Turf » est passée (et vous sera contée ce soir), celle d’Austin Davis semble enfin commencer et il n’a plus de temps à perdre pour l’écrire…

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