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Histoire

[histoire] Barry Sanders : le Lion indomptable

Années 90. Loin de la savane africaine, dans le berceau de l’automobile, règne un prédateur insaisissable. Pas de crinière, pas de crocs acérés, mais un gabarit improbable, des appuis incroyables, un corps désarticulé, un félin indomptable à l’appétit vorace. Sa proie préférée : les yards. S’il n’est pas le roi de la jungle, il est celui d’une franchise. En 10 ans, Barry Sanders est devenu le visage des Lions. À coup de courses endiablées, de chevauchées à n’en plus finir, il a enflammé feu le Silverdome et redonné le sourire à des milliers de fans.

Un pur-sang chez les Cowboys

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11 matchs et 34 records NCAA en 88. Pas mal?

C’est pourtant bien loin des rives venteuses et enneigées du lac Michigan que le coureur fait ses classes. Né à Wichita, Kansas, en 1968, il devient running back de son lycée. Barré par son grand frère, Byron, il devra attendre la quatrième rencontre de sa dernière année pour enfin démarrer un match. L’attente aura été longue. Barry a des fourmis dans les jambes. À tel point que son coach doit regretter de ne pas lui avoir donné sa chance plus tôt. Lors des sept dernières sorties de la saison, le coureur lilliputien avale les yards à une vitesse fulgurante. Un appétit d’ogre. De lion. 1417 yards et sept petits matchs et les récompenses pleuvent déjà sur ses frêles épaules. Une moyenne phénoménale de 10,2 yards qui n’attire pourtant pas l’intérêt des recruteurs. Loin de là. Malgré des statistiques époustouflantes et des qualités athlétiques hors du commun, il est royalement ignoré. Snobé. Même ses Oklahoma Sooners adorés le méprisent. Seules les universités d’Emporia State, Tulsa et Oklahoma State daignent lui offrir une scolarité.

Rester dans son Kansas natal ou migrer dans l’Oklahoma voisin? Il choisit finalement l’exil et rejoint les Cowboys d’Oklahoma State. Un parfum de revanche? De 1986 à 1988, floqué du #21, il est cantonné à un rôle de doublure derrière la future star des Bills, Thurman Thomas. Une fois encore, Barry doit prendre sans mal en patience. Mais loin de se morfondre sur le banc, il profite des équipes spéciales pour se dégourdir les jambes. Et il le fait plutôt bien. En 1987, personne ne fait mieux que ses 31,6 yards de moyenne sur retour d’engagements. Il n’est pas en reste au sol non plus et profite des miettes laissées par le All-American Thomas pour dévorer 600 yards et inscrire 8 touchdowns. Une doublure de luxe.

« Les gars, on a un problème. Croisez les doigts pour Thurman Thomas ne se blesse pas. Vous ne voulez vraiment pas jouer contre ce débutant nommé Barry Sanders ! » déclarera de façon prémonitoire le coach des Sooners, Barry Switzer, avant d’affronter OSU.

L’année suivante, Thurman Thomas parti rejoindre la NFL, l’horizon se dégage devant lui. Celui des défenses adverses s’assombrit. La bête est enfin libérée de ses chaînes, le spectacle peut commencer. 7,6 yards par course, plus de 200 yards par rencontre, quatre fois plus de 300 yards, plus de 200 pendant cinq semaines consécutives. Tel un train lancé à pleine vitesse, il est tout simplement inarrêtable. Comme si ses 344 courses ne suffisaient pas, en véritable stakhanoviste, il ajoute 516 yards supplémentaires sur retour de kick et de punt. Les chiffres sont éloquents : Barry Sanders galope pour 2628 yards au sol, 3248 au total, il inscrit 39 touchdowns, dont 37 au sol, pour un total de 234 points. Durant le Holiday Bowl, un simple match d’exhibition, il amasse 222 yards et croise 5 fois la ligne d’en-but. Couronné du Heisman Trophy et le CV bien rempli, il tire un trait sur sa dernière année universitaire et fait le saut dans le grand bain avec 34 records NCAA dans la musette. Son nom sera le troisième à retentir. Adieux le doux climat de l »Oklahoma, direction le froid des Grands Lacs.

Un Lion dans le moteur

Avec le troisième choix général, les Lions jettent leur dévolu sur le minimaliste, mais ô combien destructeur Barry Sanders. Pourtant, c’est un autre Sanders, un certain Deion, qui a la faveur de l’organisation. Mais le coach Wayne Fontes veut à tout prix l’insaisissable coureur des Cowboys et son souhait est exaucé. Le head coach fait à nouveau parler ses qualités de persuasion et convainc Sanders de troquer le #21 pour le #20, en hommage à Billy Sims, coureur star du début de la décennie précédente. Dans une ligue d’hommes, son physique de garçonnet soulève quelques doutes. Mais ils sont vite balayés.

Malgré son petit mètre 73, Barry et ses 91 kilos (autant qu’un certain Walter Payton) sur la balance ne sont pas du genre à se laisser faire. Et surtout, il est bien trop rapide pour les défenseurs adverses. Son centre de gravité extrêmement bas et ses jambes puissantes en font un véritable OCNI (Objet courant non identifié) capable de traverser le terrain de long, en large et en travers en un éclair. Un enfer pour les défenseurs, obligés de se plier en deux pour l’attraper. Ou du moins tenter.

« Il vous complètement rater vos plaquages, » expliquait le cornerback des Falcons, D.J. Johnson. « Vous levez la tête vers les tribunes en espérant que personne ne vous regarde. Il y a 60 000 personnes autour de vous et vous vous demandez si quelqu’un vous a vu rater ce plaquage. »

Électriseur de foules, paralyseur de défense, ses mouvements, semblables à des ondulations, sont incomparables. Juke moves, crochet, toupie, raffut, spin moves, en anglais, en français, son arsenal offensif est redoutable. Capable de changer de direction en un éclair, de bondir en arrière ou de se projeter en avant avec la même fulgurance féline, un don d’équilibriste digne des meilleurs cirques chinois, jamais joueur n’aura été aussi excitant à voir évoluer sur un terrain de football. Les plaquages cassés, il les collectionne à la pelle. Les yards perdus, aussi.

Barry Sanders aime faire les choses à sa manière. Et dans un hommage vibrant au rugby, il invente un nouveau style : reculer pour mieux avancer. Car s’il a collectionné les yards tout au long de sa carrière, aucun joueur n’aura autant reculé que lui. Parfois pour le pire, mais souvent pour le meilleur. D’après le SI Book of Football, le coureur des Lions a perdu 952 yards en 336 courses.

« Peu importe où se situe le block, il trouvera son propre chemin… » expliquait Paul Zimmerman de Sports Illustrated. « Le schéma n’a pas d’importance avec Sanders. Il peut courir sur n’importe quelle formation. Alors que les autres semblent bloqués par leurs articulations, il donne l’impression d’avoir des roulements à bille dans les jambes qui lui donnent un avantage mécanique. Les plus belles courses de Sanders interviennent souvent quand il prend le ballon main à main et, en quelques mouvements, transforme la ligne de scrimmage en champ de bataille… Personne n’a jamais semé autant de pagaille sur la ligne d’attaque que Sanders… Il a l’air indestructible, je touche du bois. »

Joueur explosif, virevoltant, spectaculaire, son style de jeu contraste parfaitement avec sa personnalité. Sur comme en dehors du terrain, il brille par son humilité et son calme. Pareil à Walter Payton, il se contente se contente de donner le cuir à un arbitre et de féliciter ses coéquipiers quand il marque. C’est ce qu’on appelle avoir l’étoffe d’un grand joueur.

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Non, Barry n’est pas en train de tomber

Le roi Lion

Du côté de Motor City, il démarre en trombe, pareil à un bolide. Logique lorsque l’on porte les couleurs de la franchise de la famille Ford. Après un été à bouder pour des raisons contractuelles, les choses sérieuses peuvent enfin commencer. Sur sa première course, il parcourt 18 yards. Sur sa quatrième, il finit dans la endzone. Bienvenue dans la NFL Barry ! Face aux Vikings en semaine 5, les plaquages ratés se multiplient, Barry glisse entre les mains des défenseurs, telle une savonnette, à un point tel que le coach Jerry Bruns demandera aux arbitres de vérifier son maillot pour s’assurer qu’il n’a pas été recouvert de silicone. 1470 yards et 14 touchdowns plus tard, il laisse le titre de meilleur coureur de l’année à Christian Okoye, mais fait main basse sur celui de rookie de l’année. De 1991 à 1997, il porte sur ses épaules une franchise qui connaîtra cinq fois le parfum des playoffs. Sans succès. En 91, les Lions décrochent 12 victoires et le titre le division centrale qui va avec. En divisionnal playoffs, ils s’offrent le scalpe des Cowboys. Leur première victoire en séries depuis 1957 ! Et leur dernière en date… Malgré leur coureur aux jambes de feu, il n’atteindront jamais le Super Bowl.

Pour fêter sa sixième année dans l’élite du football, Barry décide de faire les choses en grand. En 1994, il ne se contente plus de courir, il plane. 1883 yards, 5,7 verges (comme on dirait en bon québecois) et 7 touchdowns pour le couronner le tout. Mais le meilleur est encore à venir. En 1997, planer n’est déjà plus à la mode, alors Barry innove : il vole.  Le bolide des Lions rejoint le club très fermé des coureurs à franchir la barre des 2000 yards : 2053 unités dévalées au sol et 11 touchdowns. Deux piètres performances en ouverture, puis 14 matchs consécutifs au-dessus des 100 yards et une quatrième saison consécutive à plus de 1500 yards qui lui valent l’honneur de partager le titre de MVP avec Brett Favre. Barry Sanders est au sommet de son art. Et pourtant, la fin est déjà proche. L’année suivante, il tire sa révérence sur une saison à près de 1500 yards. 10 années de carrière brèves, mais intenses. 10 voyages de fin d’année à Hawaï aux frais de la ligue. Huit apparitions dans l’équipe type All-Pro. Deux titres de joueur offensif de l’année en 94 et 97. Et une place qui sonne comme une évidence dans l’équipe de la décennie 90.

À 30 ans et en pleine santé, il décide de raccrocher les crampons. Au sommet. Avant que les ravages du temps ne viennent affecter ses performances et son lustre. Il dit adieu aux terrains avec 15 269 yards au sol dans les pattes et près de 3000 dans les airs. Seuls Emmitt Smith et Walter Payton peuvent se targuer d’avoir fait mieux. Une fin de carrière précoce et pas particulièrement paisible. Des histoires de bonus conclus lors du renouvellement de son contrat deux ans plus tôt valent à Sanders d’être poursuivi par son ancienne franchise. Pas le scénario idéal. Quelques années plus tard, il avouera qu’il aurait pu joueur plusieurs saisons encore, mais que la culture de la défaite qui collait aux Lions aurait eu raison de sa motivation et de son esprit de compétiteur.

« Vers le milieu de ma carrière, ce n’était pareil de jouer, c’était devenu comme un fardeau à bien des égards, et j’ai arrêté d’aimer ça. J’avais perdu l’envie, » expliquera Sanders une fois retiré.

Lassé par les sempiternels changements de philosophie offensive et le ballet des quarterbacks, froissé par le départ, pour des raisons de masse salariale, de son ami et centre pro bowler Kevin Glover, il jette l’éponge. Pas rancunière, la franchise retire à tout jamais le #20. Il rejoint le Hall of Fame en 2004 avec cette éternelle image de boule d’énergie. De fauve déchaîné. De Lion indomptable. Plus de 15 ans plus tard, les « Barry, Barry ! » résonnent encore dans le vieux Silverdome à l’abandon.

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