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Histoire

[histoire] Detroit Lions 2008 : la malédiction de Bobby Layne

Invaincus en présaison, incapables de l’emporter en saison régulière. Un an après la saison (presque) parfaite des Patriots, les Detroit Lions parviennent le tour de force de s’incliner 16 fois en autant de matchs. Une première. Un exploit. Nous somme en 2008, 50 ans plus tard, la malédiction de Bobby Layne vient de frapper. Les Lions de Rod Marinelli deviennent la pire équipe de l’histoire. Tout part en lambeau. 2008 est une année décidément bien funeste pour la Motown.

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Autre époque, autre look.

Maudits ! Soyez maudits !

Figure incontournable de la NFL des années 50, Bobby Layne a marqué l’histoire des Lions. Et pas seulement en bien. Star des Texas Longhorns, ce Texan pur souche est le troisième homme à être drafté en 1948. Adieu le Vieux Sud, direction Windy City. Cantonné à un rôle de doublure de la doublure, Bobby boude et refuse de rester à Chicago. Envoyé chez les nouvellement créés, mais déjà presque morts, New York Bulldogs l’année suivante, il atterrit finalement à Detroit en 1950. Le début des choses sérieuses. Aux côtés de son meilleur ami et ancien coéquipier au lycée Doak Walker, il ne tarde pas à briller. Deux saisons après son arrivée dans le Michigan, il offre aux Lions leur premier titre NFL depuis 17 ans. La longue disette aura valu le coup, car un an plus tard, ils rééditent la même performance. Il s’en faut de peu pour que Bobby Layne ne mène les siens à un triplé, mais les Browns douchent leurs espoirs. En 57, privé de playoffs à cause d’une jambe brisée en mille morceaux en fin de saison, le quarterback participe néanmoins activement à la conquête d’une nouvelle couronne. Les années fastes du football à Motor City.

Jamais dans leur histoire les Lions n’auront autant brillé que sous l’impulsion de Bobby. Et pourtant, dès 1958, ils choisissent de s’en séparer. Grave erreur. Envoyé à Pittsburgh, le joueur n’aurait pas particulièrement apprécié l’initiative et aurait lancé que les Lions « ne gagneront plus pendant 50 ans. » Histoire vraie ou fable ? Nul ne le sait, mais la petite phrase a trouvé sa place dans le folklore de la franchise. Et force est de constater que plus de 50 ans après ces paroles étonnamment prémonitoires, les Lions n’ont toujours rien gagné. Pire, ils n’ont remporté qu’un match de playoffs depuis, pour dix revers. C’était en 1991, portés par les jambes de feu de Barry Sanders. Plus d’un demi-siècle après avoir plaqué Bobby Layne, les Lions possèdent le pire pourcentage de victoires de la ligue. Ou le meilleur ratio de défaites. C’est au choix. Le doux parfum du Super Bowl, ils ne l’ont jamais connu. En 2008, pour honorer la dernière année de la malédiction de Bobby Layne, les Lions font les choses en grand et deviennent officiellement la pire équipe de l’histoire. Un bel hommage. Une troublante coïncidence.

4-0, 0-16

Depuis leur dernière victoire en playoffs au début des années 90, les Lions traînent une réputation de losers derrière eux. Le genre d’étiquette qu’on aimerait pouvoir s’arracher. Sauf que la franchise du Michigan ne fait pas grand-chose pour. Et guidés par les (tout sauf) judicieuses idées du catastrophique Matt Millen, cela ne pouvait guère s’arranger. Pourtant, tout commence bien en 2008. L’été se déroule à merveille. Du moins sur le terrain. Les hommes de Rod Marinelli remportent leurs quatre rencontres de préparation, de quoi gonfler leur confiance et attaquer la saison régulière avec quelques certitudes. Et pourquoi pas quelques ambitions ? Presque impensable pour les fans d’une franchise abonnée aux bilans négatifs et habitués à regarder les playoffs bien au chaud, dans le canapé.

Les espoirs vont vite retomber. Plus rapidement encore qu’en 2007, quand les Lions de Marinelli avaient débuté par un 6-2 prometteur, réveillant des rêves de playoffs presque inespérés un an plus tôt (3-13 en 2006), avant de s’effondrer (1-7) dans la seconde partie de saison. Une dégringolade qui aurait dû servir d’avertissement. Mais non, les victoires en présaison des remplaçants des remplaçants face aux remplaçants des remplaçants avaient balayé tous les doutes. Grave erreur. Et dès les premières actions de la saison, l’ersatz de bel édifice vacille. Sur sa première passe en carrière, Matt Ryan expédie un missile vers Michael Jenkins, qui mystifie un Travis Fisher apathique et file dans la peinture 62 yards plus loin. Le ton est donné. Le premier quart temps n’est pas encore achevé que les Lions accusent déjà 21 points de retard. Un doux avant-goût des 16 semaines à venir.

La semaine suivante, deux pick-6 permettent aux Packers d’écraser des Lions déjà inquiétants. Au moment d’aborder le bye week en semaine 4, Detroit n’a jamais mené dans un match. C’en est déjà trop, Matt Millen est viré. Deux semaines plus tard, Jon Kitna envoyé dans la réserve des blessés, Dan Orlovsky prend les commandes. Terrifié par Jared Allen, le quarterback court dans le fond de la endzone et concède le safety le plus ridicule de l’année, s’assurant une place de choix dans le Not Top 10 de l’année d’ESPN. Une action à l’image de la saison. Les Lions répliquent par un field goal et mènent au score pour la première fois de la saison. Mais on connait déjà l’issue de la rencontre : un nouveau revers, à la dernière seconde. Déjà le cinquième.

Les défaites s’enchaînent et les fans désertent de plus en plus le Ford Field. À l’issue de la saison, c’est une moyenne de 54 497 partisans dépités qui auront assisté aux prouesses de leurs chouchous. La pire affluence de la ligue, pour un stade pouvant accueillir 10 000 spectateurs de plus.

À mesure que les revers s’accumulent et que l’impensable semble toujours un peu plus se dessiner, l’objectif se précise : sauver l’honneur. Éviter à tout prix l’affront suprême de perdre 16 fois en autant de rencontres. En semaine 17, les Lions traversent le lac Michigan jusqu’à Green Bay pour le match de la dernière chance. Face à eux, les Packers du jeune Aaron Rodgers font grise mine. 5 victoires, 10 revers et la volonté de finir sur une bonne note devant leur public du Lambeau Field. Le match du rachat en somme. Rodgers récite sa partition à la perfection, la doublette Grant/Wynn enfonce la défense de Detroit, Dan Orlovsky fait du Dan Orlovky et les visiteurs s’inclinent une ultime fois (31-21). Fin du carnage. Honte absolue.

En encaissant 32,31 points par match, la défense se hisse sur le podium des pires escouades à avoir foulé les pelouses NFL depuis les années 60. Rod Marinelli et son staff se retrouvent au chômage. Une juste récompense, car si Matt Millen endosse le costume de bouc émissaire, c’est toute la franchise qui a failli. Et pas seulement un homme. Les Lions rejoignent les Buccaneers de 1976, incapables remporter la moindre rencontre lors de leur toute première saison (0-14). De leurs 24 derniers matchs, les joueurs de Motor City n’en ont remporté qu’un seul. L’aboutissement de plusieurs années d’une gestion parfois surréaliste. L’œuvre d’un homme. Matt Millen. Avec la complicité de Rod Marinelli, qui n’aura gagné que 10 fois en trois saisons. Contre 38 revers.

Matt-Millen

Et en plus, ça l’amuse…

Le Numérobis de la NFL

31-81. Tel est le formidable bilan de Matt Millen en tant que directeur et manager général des Lions (2001-07). De 2001 à 2008, l’ancien All-Pro et quadruple champion s’est attelé à détruire une franchise déjà chancelante. Un travail minutieux. L’architecte de la saison de la honte, c’est lui. Le Numérobis de la NFL. Celui dont les édifices s’écroulent. Et malheureusement, il sera viré bien avant que les joueurs n’achèvent son travail. Après 4 semaines pathétiques en 2008, il est remercié. Remercié pour quoi ? On ne sait pas vraiment, car tout ce qu’il aura su apporter à la franchise de Detroit, c’est la risée de tout un pays. Comme si la ville n’avait pas déjà assez de soucis comme ça. En même temps que les marchés mondiaux s’effondrent, précipitant avec eux l’économie de la Motown vers les abysses, la franchise du Michigan s’enlise dans les limbes. Une chute pourtant annoncée.

Lorsqu’il débarque sur les rives du Michigan, tout fraîchement investi des rôles de CEO et GM des Lions, son expérience de dirigeant est proportionnelle au nombre de victoires que la franchise décrochera en 2008. De 2001 à 2007, son équipe perd un minimum de 9 rencontres par saison. Seuls les Chicago Cardinals de 1939-45 et les Tampa Bay Buccaneers de 1983-89 peuvent se targuer de posséder un pourcentage de victoire plus lamentable. Pendant les trois premières années de la glorieuse ère Millen, les Lions sont incapables de gagner loin du Silverdome ou du flambant neuf Ford Field (0-24). En 58 déplacements, ils ne s’imposeront que 8 fois entre 2001 et 2007. Même l’artisan de cette faillite totale reconnaîtra que ce bilan était « pire qu’horrible ».

« Si j’étais assis chez moi et que j’étais un fan des Lions, il faudrait bien que je critique quelqu’un, » expliquait Millen en février 2008. « Moi aussi je me critiquerais… Ça fait partie de mon boulot d’être critiqué. Ça ne me dérange pas. Mais gagner fait également partie de mon boulot. Et ça, nous n’y arrivons pas. »

Il faut dire que Millen ne fait pas grand chose pour, multipliant les busts ou choix médiocres : Charles Rogers, Joey Harrington ou encore Mike Williams pour ne citer qu’eux. Certains dirigeants de la NFL admettront en privé que le GM des Lions « a fait plus de mauvais choix de draft que n’importe qui au cours des deux derniers siècles, » rapporte le Wall Street Journal. Deuxième manager général le mieux payé, il est prolongé pour 5 ans en 2005, à la consternation générale. Fans, média, mais aussi joueurs n’en reviennent pas. Même son bilan de 3-13 l’année suivante ne suffit pas à convaincre la famille Ford de changer de moteur. Et ne comptez pas sur l’intéressé pour jeter l’éponge : « Je ne démissionnerai jamais. Je ne peux pas. Je ne l’envisage même pas, » confiait-il en 2007. Des performances insipides et la fronde de milliers de fans scandant en cœur « Fire Millen » auront finalement raison du GM en septembre 2008, alors que ses Lions s’enlisent dans la honte. De l’ère Millen, ne restent que Calvin Johson et Dominic Raiola, dont les prouesses ces dernières semaines sont à l’image du management de Matt Millen : navrantes.

À l’issue de la saison, sur l’antenne de NBC, il reconnaîtra l’évidence : il est responsable du désastre et de la chute de la franchise. Il admet même qu’il se serait lui-même viré à l’issue de la saison. Un instant lucidité. Trop tard. La malédiction de Bobby Layne a fait sa dernière victime. Ou presque. Car si depuis le cataclysme de 2008 les Lions ont redoré leur blason, lentement, mais sûrement, ils courent toujours après le premier succès en playoffs depuis 23 ans. Demain, à Dallas, face à des Cowboys transcendés, ils auront l’occasion de mettre fin à la disette.

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