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[histoire] Brett Favre : l’homme qui ne voulait pas vieillir

La barbe grisonnante, le sommet du crâne envahit pas les cheveux blancs, Brett Favre continue de frapper le postérieur de ses coéquipiers, de blaguer avec les arbitres et ses adversaires comme un enfant qui ne veut pas vieillir. À 40 ans, un uniforme violet sur les épaules, il revit, toujours emprunt de cette même folie, de cette joie communicative et de cette insouciance presque touchante alors qu’il se métamorphose peu à peu en grand-père plus qu’en joueur de football.

Devenu une icône vénérée par le peuple de Green Bay pendant plus d’une décennie, inoxydable, il vient étancher sa soif de ballon ovale dominical dans le Minnesota, pour un dernier baroud d’honneur. Une trahison pour beaucoup. Une étape de plus, inattendue, dans la carrière remarquable de ce joueur et de cette personnalité si atypiques. Cet homme qui ne voulait pas vieillir. Le Peter Pan de la NFL.

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Brett « Four »

L’apprentissage de la vie

Natif du Mississippi, Brett Favre se mue rapidement en talentueux joueur de baseball. Au North Central High School de Hancock il endosse également le rôle d’homme à tout faire de l’équipe de football entraînée par son père, Irvin. Quarterback, strong safety, kicker, punter, Brett fait tout, ou presque. Car dans la wishbone offense déployée par Papa Favre, les opportunités de lancer le cuir sont rares. Tellement qu’à l’exception de Southern Mississippi, aucune université ne daignera lui offrir une scolarité. Ils s’en mordront longtemps les doigts.

Lorsqu’il débarque chez les Golden Eagles en 1987, il se retrouve tout au bas de l’échelle. Septième sur la liste des quarterbacks, il a bien des barreaux à grimper pour atteindre le sommet. Mais un coup de pouce du destin va en décider autrement. Dès de la troisième rencontre de la saison face à Tulane, Brett est lancé dans le grand bain. En seconde période, menés, les Aigles Dorés tentent le tout pour le tout. Une opportunité en or, inespérée, pour le jeune quarterback. Favre prend le contrôle des opérations, promptement, calmement. C’est une vague dorée qui s’abat sur les Green Wave de Tulane, les grands rivaux de la toute proche Louisiane voisine. Plus jamais Brett ne reposera son postérieur sur le banc. Sa place est sur le terrain et nulle part ailleurs.

Le 14 juillet 1990, alors que le début de sa saison de senior pointe le bout de son nez, Brett Favre est victime d’un dramatique accident de la route : trois tonneaux et un arrêt brutal contre un arbre. Envoyé à l’hôpital avec une commotion, de multiples coupures et des vertèbres brisées, il doit subir l’ablation de plus de 70 centimètres d’intestin. Dans l’ambulance, accompagné de sa mère, il n’a qu’une seule préoccupation : « Je n’arrêtais pas de lui demander « Est-ce que je pourrai rejouer au football? » » Habité par la même détermination qui ne le quittera jamais au cours de son interminable carrière NFL, il retrouve les terrains un mois plus tard et mène les Golden Eagles à l’exploit face au Crimson Tide d’Alabama.

« Appelez ça un miracle ou un match de légende ou peu importe. Tout ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui Brett Favre était plus fort que la nature, » confiera le coach de Bama, Gene Stallings, plein de respect.

En quatre saisons à Hattiesburg, il empochera 29 succès, dont deux Bowls. Il quitte la fac avec les records de yards et passes de touchdowns en poche et une place dans le top 30 des meilleurs passeurs de l’histoire universitaire. Malgré un revers face à NC State lors du All-American Bowl en 1990, il est couronné MVP. C’est fort d’un CV bien garni et d’une montée en puissance remarquable prolongée tout au long du printemps qu’il aborde la draft 91. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme Brett l’aurait probablement souhaité.

Drafté au tout du début du 2e tour par Atlanta (33e choix), il n’est pas vraiment dans les petits papiers de Jerry Glanville, le coach des Falcons. À tel point que ce dernier prévient, il faudrait que l’équipe soit décimée par crash d’avion pour que Favre se retrouve sur le terrain. Charmant accueil. Et quand par miracle le quarterback se retrouve sur le terrain, cela tourne au carnage. Sur sa toute première passe, il lance un touchdown, mais dans la mauvaise direction… Pour un défenseur. Des cinq seules petites passes qu’il lancera sous l’uniforme d’Atlanta, il n’en complètera aucune et se fera intercepter deux fois. Il est déjà temps d’aller voir ailleurs

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Premier exploit et première explosion de joie pour Brett face aux Bengals.

Bienvenue chez les Blaireaux

Flairant le bon coup, le GM des Packers, Ron Wolf, envoie le coureur Tony Smith (un choix de 1er tour) en Georgie en échange du passeur. Il faut dire qu’un an plus tôt, alors manager général des Jets, il avait tenté de mettre la main sur Favre, mais les Falcons le lui avaient piqué juste avant. Après les tests physiques, les médecins détectent une ostéonécrose aseptique à la hanche et recommandent de notifier que le joueur a échoué aux examens pour faire annuler l’échange. Mais Wolf s’y refuse. Dans l’État des blaireaux, Favre se trouve une nouvelle famille.

« Vous savez, tout le monde est différent, vous avez une personnalité différente et tout le monde est différent, okay? Et sa personnalité était unique. C’est un mec dur, mais drôle. Où que vous alliez, c’est le type le plus marrant dans la pièce, » confiait Steve Marriuci, coach des QBs à Green Bay de 92 à 95. « Il est plein d’esprit, ce qui ne va pas toujours de paire avec la dureté. C’est l’endroit idéal pour lui, parce qu’il aurait pu être drafté ou envoyé à New York, je veux dire tôt dans sa carrière, — voire L.A. ou une autre grande ville — alors que ce n’est pas du tout un citadin. Sa ville d’origine est encore plus petite que celle-ci (Green Bay, ndlr). Je pense qu’il aime cet endroit. Il s’y sent bien. »

Menés au score en deuxième semaine, Brett est envoyé au charbon. Sur son tout premier jeu, sa passe est détournée et retombe dans ses bras, pour un gain de 7 yards. Une façon tout à fait « favresque » de signer son baptême du feu. Mais pas suffisant pour l’emporter. La semaine suivante, envoyé à la rescousse d’un Don Majkowski blessé, il échappe quatre fois le ballon face aux Bengals. Les fans demandent déjà sa tête et qu’il soit remplacé par l’ancien Heisman Trophy, Ty Detmer. Mais à 13 secondes du terme de la rencontre, les cris de joie remplacent les sifflets. Avec six points de retard, une minute au chrono et 92 yards à remonter, Favre vient d’orchestrer un comeback improbable.

La semaine suivante, il débute la rencontre face aux Steelers. Le début de la plus longue série de titularisations pour un quarterback dans l’histoire de la ligue. Malgré 6 victoires consécutives, les Packers échouent aux portes des playoffs. Ça n’est que partie-remise. Après une première saison couronnée par une invitation à Hawaï, Brett Favre offre aux Packers leur premier ticket pour les séries depuis 1982 l’année suivante. Un nouveau Pro Bowl plus tard et Ron Wolf prolonge son protégé pour 5 saisons de plus. En 94, les Cheeseheads filent  une fois de plus en playoffs, pour une deuxième année de suite, une première depuis l’ère Lombardi.

1995 marque le début des années dorées pour le natif du Mississippi. Entre deux blagues et deux improvisations, Favre lance 4413 yards et 38 touchdowns dans les airs et décroche son premier titre de MVP d’une série de trois consécutifs. Il offre en prime à Green Bay son meilleur bilan depuis près de 30 ans (11-5). Après une victoire-surprise sur les 49ers, les Packers s’inclinent en finale de conférence, face aux Cowboys. Une vieille habitude depuis trois saisons. Jamais depuis le Super Bowl II, les hommes du Wisconsin n’avaient approché le trophée Vince Lombardi de si près.

Attaque la plus prolifique, défense la plus hermétique, un quarterback MVP, les Packers se débarrassent des 49ers et Panthers pour s’ouvrir (enfin !) les portes du Big Game. Au Louisiana Superdome, à quelques kilomètres de là où Brett Favre a vu le jour, ce sont les Patriots qui se dressent face aux Cheeseheads. 246 yards, deux touchdowns longue distance, un touchdown au sol, le quarterback mène les siens à la conquête du Super Bowl XXXI (35-21). Comme un gamin, il explose de joie, courant sur le terrain, son casque en main, un sourire béa sur le visage. La disette est terminée. Sur leur lancée, les Packers écrasent à nouveau la NFC en 97. Favre décroche sa troisième couronne de MVP d’affilée, partagée avec l’indomptable Barry Sanders. Archi favoris et malgré les 3 touchdowns de leur passeur, ils se cassent les dents sur les Broncos de John Elway et Terrell Davis lors du Super Bowl XXXII (31-24).

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Décidément, Brett cache bien ses 38 ans.

Dans le creux de la vague

Après un été 1998 marqué par une apparition dans le film Mary à tout prix, l’hégémonie des Packers dans la NFC prend fin, victimes d’un comeback miraculeux signé Steve Young et Terrell Owens à 3 secondes de la fin, au premier tour des playoffs. Pour la première fois depuis 1994, Brett Favre et les Packers ne disputeront pas le titre de conférence. Malgré deux saisons vierges, le quarterback signe un « contrat à vie » de 10 ans avec la franchise du Wisconsin le 1er mars 2001. Pour fêter ça, il retrouve les playoffs, mais s’incline face au Greatest Show On Turf. Le 22 décembre 2003, le lendemain de la mort de son père, Favre est en uniforme. Un lundi soir. Comme habité, il atomise de pauvres Raiders (41-7), lançant 4 touchdowns en première période et un total de 399 yards. Une performance qui lui doit l’ovation de la Raider Nation.

« Je sais que mon père aurait voulu que je joue, » confiera Favre plus tard. « Je l’aime tellement et j’aime profondément ce sport. Cela signifie tellement pour moi, pour mon père, pour ma famille, je ne m’attendais pas à une telle performance. Mais je sais qu’il me regardait ce soir. »

Favre est habité par le football. Une passion presque enfantine, sincère. Bien plus qu’un métier, c’est un plaisir. Et quand bien même il est victime d’une commotion en 2004 face aux Giants, il ne s’arrête pas de jouer. Ignorant l’interdiction des coachs, Brett retourne sur le terrain et lance un touchdown en direction de Javon Walker sur une quatrième tentative. Une action dont il ne garde aucun souvenir. Des épreuves sur le terrain, mais aussi en dehors. 10 mois après la disparition de son père, c’est son beau frère qui père la vie dans une collision entre sa voiture et un train. En 2004, sa femme, Deanna, est victime d’un cancer du sein dont elle se remettra au prix d’un lourd traitement. L’année suivante, l’ouragan Katrina s’abat sur la famille Favre et tout le golfe du Mexique. Sa maison de famille dans le Mississippi s’envole.

Malgré des saisons en demi-teinte, les Packers enchaînent les campagnes neutres ou positives (13 de suite avec 50% de victoires ou plus). Jusqu’en 2005. Favre collectionne les interceptions (29) plus que les touchdowns (20) cette année-là et les hommes du Nord décrochent un inhabituel bilan de 4-12. Malgré son pire rating en carrière et des rumeurs de retraite, il décide de rempiler. En dépit d’une saison 2006 cahoteuse, il rejoint Dan Marino dans le club très sélect des passeurs à 400 touchdowns ou plus. Il devient le premier à compléter 5000 passes. Pas rassasié, il attaque la saison 2007 avec des records en ligne de mire. Le 16 septembre, les Packers offrent à Brett Favre sa 149e victoire, effaçant des tablettes la marque de John Elway. Deux semaines plus tard, au Metrodome, il dépasse Dan Marino en lançant sa 421e passe de touchdown à Greg Jennings. Le jour de Thanksgiving, il lance 3 touchdowns pour la 63e fois de sa carrière, détrônant là encore l’ancienne icône des Dolphins. Une dernière virée en playoffs, une défaite en finale de conférence face aux Giants et Papy Brett annonce sa retraite. En larmes.

« Je sais que je peux encore jouer, mais je ne suis plus sûr de le vouloir. Voilà où j’en suis, » confiera-t-il lors de la conférence de presse annonçant sa retraite.

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Cure de jouvence dans le Minnesota

À la recherche du temps perdu

Inoxydable et pas encore rassasié, le presque quarantenaire est tiraillé. C’est finalement l’amour du terrain qui l’emporte. Après un bras de fer administratif avec les Packers, la franchise accepte finalement de totalement libérer l’ancien retraité de tout lien contractuel. Trois jours plus tard, après des négociations avec les Buccaneers et Jets, Brett Favre est envoyé à New York en échange d’un choix conditionnel de 4e tour. Un début idyllique, marqué par 6 passes de touchdown face aux Cardinals et un une victoire mettant fin à l’invincibilité des Titans, le vétéran dans ses vieux travers. Des interceptions à la pelle et des défaites qui plombent une saison pourtant si bien entamée. Des performances décevantes et une épaule douloureuse intiment à Favre de recommander au GM des Jets « de chercher une autre solution » pour le poste de passeur. Le 11 février 2009, après 18 saisons, l’ancien Packers raccroche les crampons. Pour de bon. Enfin le croit-on.

En juin, opéré de l’épaule et toujours pas rassasié de sa dose dominicale de tampons, passes et tapes sur les fesses, les rumeurs d’un nouveau comeback resurgissent. Et cette fois-ci, une seule destination possible : les Minnesota Vikings. Traitrise ! Le 18 août, Brett Favre passe officiellement à l’ennemi. En semaine 2, il débute son 291e match consécutif, surpassant l’ancien Viking Jim Marshall au nombre de titularisations d’affilée à un même poste. Deux semaines plus tard, après un comeback d’anthologie face aux 49ers, il dispose des Packers et devient le premier quarterback de l’histoire à battre chacune des 32 équipes de la ligue dans un Monday Night à l’audience record (21,8 millions de téléspectateurs) pour un programme diffusé sur une chaîne câblée. C’est avec un bilan de 6-1 qu’il se présente au Lambeau Field. Aux sifflets de ses anciens fans, il répond par 4 passes de touchdown devant un audimat toujours plus nombreux. L’effet Favre. Face aux Seahawks, il signe son 22e match avec 4 passes de touchdowns ou plus, dépassant Dan Marino.

En playoffs face aux Cowboys, il livre un récital et met fin à une série de trois revers personnels face à la franchise texane en playoffs. À 40 ans, Brett n’a jamais semblé aussi jeune. Une défaite crève-cœur en prolongation en finale de Conférence face aux Saints douche ses derniers espoirs de bague. Il vient de laisser filer sa dernière occasion. Comme rebuté par la simple idée de ranger son casque, il rempile une ultime fois. Celle de trop. Blessé, tout simplement vieux, il sombre et entraîne avec lui tout le drakkar Vikings. Malgré une performance mémorable et un comeback improbable face aux Cardinals, il quitte les terrains NFL sur un brancard. Triste fin pour une légende.

Monstre de longévité, machine à records, traître, éternel gamin, mari pas toujours fidèle et loin d’être exemplaire, joueur passionné, plus campagnard que citadin, narcissique, Brett Favre est une personnalité à part. Malgré une rupture tourmentée avec sa franchise de cœur, son #4 sera retiré et son nom inscrit au Packers Hall of Fame, avant de rejoindre celui de Canton.

« C’eût été un péché que Brett Favre ne fasse partie de notre histoire et ne retourne dans notre famille des Packers, dans ce Hall of Fame et que son numéro ne soit retiré, » confiait Bob Harlan, ancien président de la franchise.

Lassé de jouer avec le temps, Brett Favre s’est finalement rendu à la raison : il ne peut pas rester éternellement jeune. Le Peter Pan de la NFL a accepté son sort. Arborant une barbe de naufragé, il n’attend plus qu’une chose : rejoindre l’éternité et le Hall of Fame du football professionnel. L’éternité, rien de mieux pour celui qui ne voulait pas vieillir.

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