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Histoire

[histoire] 31 décembre 1988 : The Fog Bowl

cunningham-fog-bowl_pg_600Des étés chauds et humides. Des hivers glacials et blancs. Sur les rives du vaste lac Michigan, balayée par un vent qui semble ne jamais vouloir s’arrêter, Chicago se dresse fièrement. Presque arrogante. Une montagne hérissée de pics d’acier qui tranche avec la platitude des eaux du lac. L’hiver, le ciel bleu fait ses valises et file vers le sud, bien au chaud. Ne reste qu’un éternel plafond grisâtre. Le 31 décembre 1988, le ciel et la terre ont décidé de ne faire qu’un. La ville se retrouve plongée sous une épaisse purée de pois. L’horizon n’a jamais été aussi proche. On ne voit pas à 15 mètres. Pourtant, le football doit suivre son cours. Blizzard, déluge, face aux intempéries, le ballon à lacet continue de vivre. Les Eagles et Bears devront faire avec. Dans les tribunes, les spectateurs rendus aveugles aussi. Welcome to The Fog Bowl !

Par une belle journée d’hiver

Dans la Cité du Vent, le brouillard n’est jamais très loin. Il rôde sur l’eau paisible du lac Michigan, prêt à déverser son fiel sur les canaux et vastes avenues de la métropole. Le 31 décembre 1988, c’est ce qu’il va arriver. Dans un Soldier Field aux allures de cirque romain, les gladiateurs du gridiron sont prêts à en découdre pour conquérir une place en finale de conférence. Les Aigles contre les Ours. Deux légions armées jusqu’aux dents. Seulement, un troisième ennemi va jouer les invités surprises et s’immiscer dans la bataille. Opposées, les deux formations vont s’unir face à cet ennemi commun pour se lancer dans un combat face aux éléments. Un combat unique, presque absurde. Surnaturel, de toute évidence.

« Si vous avez une catégorie ‘bizarre’, ce match est clairement au sommet de la liste, » racontera le linebacker des Eagles Seth Joyner.

C’est le jour de l’An. Seul, sans famille, le fog a décidé que lui aussi avait le droit de s’amuser. Buddy Ryan, ancien coordinateur défensif des Bears, fait son retour à Windy City. À la tête des Eagles de Cris Carter, Randall Cunningham et Reggie White, le stratège vient de décrocher le titre de la NFC Est. Après deux revers consécutifs face aux Redskins en Divisionnal Playoffs, les Ours de Mike Ditka et Mike Singletary espèrent faire un pas de plus vers le Big Game, trois ans après l’étincelant succès sur les Pats lors du Super Bowl XX (46-10). On en salive d’avance.

Le jour se lève sans un nuage à l’horizon. Un grand ciel bleu aussi rare dans l’hiver de l’Illinois qu’un quarterback non blessé dans l’effectif des Patriots. Au coup d’envoi, le Soldier Field est inondé de soleil. Le mercure a même l’outrecuidance de dépasser le zéro. Des conditions idéales à l’aube d’une nouvelle année. Les Bears frappent d’entrée sur un missile de 64 yards de Mike Tomczak dans les gants de Dennis McKinnon. 7-0. Un field goal raté, une interception de Seth Joyner, deux touchdowns annulés par des pénalités et finalement, un coup de pied qui file entre les perches. Philly s’accroche, tant bien que mal. La partie se transforme en partie d’échecs. Chicago rate à son tour les trois points et offre le ballon dans une position idéale. Randall Cunningham remonte sur les 5 yards, aux portes de la endzone, mais se prend un mur sur une quatrième tentative et une poignée de centimètres. Turnover on downs. Maladroits les Ours laissent filer le ballon dans la redzone, mais Keith Jackson échappe une passe millimétrée de son quarterback. Encore raté. On se contentera d’un field goal. 7-6.

Un touchdown de Neal Anderson, un coup de pied réussi et les Bears creusent enfin l’écart dans un match cadenassé par les défenses. 17-6. On approche de la mi-temps. Depuis le début du 2e quart temps, le ciel bleu s’est peu à peu estompé. Kevin Butler vient de transformer sa tentative de 46 yards quand un épais brouillard gris se met à descendre sur le Soldier Field.

« On en était au temps mort des deux minutes, quand soudain, on a eu une drôle de sensation, » racontera le passeur des Bears, Mike Tomczak. « J’ai cru que le parking était en feu. »

Pas de feu. Juste une immense masse opaque qui envahit soudainement le stade. L’embaume. Le ciel leur tombe sur la tête !

« Hey, c’est bizarre, » se dit Randall Cunningham. « Les nuages sont en train de nous tomber dessus. Qu’est-ce qui se passe ? »

Mike Singletary n’en croit pas ses yeux non plus. Il a la sensation de se retrouver propulsé en début de partie, quand les joueurs sont présentés aux fans en grande pompe avant de débouler hors du tunnel. Cela ne peut-être que le fruit d’un artifice.

Bienvenue dans la 4e dimension

Le fog. Un phénomène relativement rare dans une ville plus habituée au vent et à la neige à cette période de l’année, mais pas totalement exceptionnel explique le météorologiste Tom Skilling.

« C’est la douceur dans le jour qui a entraîné cette masse d’air frais et dense au-dessus des eaux froides du lac vers les terres. Mais il y a le fog et le fog. Ce jour-là, c’était le fog. La purée de pois, le fog londonien, on y voyait rien. »

Sur le terrain, on se croirait dans un sauna. La chaleur en moins. La chape grisâtre qui vient de s’abattre sans prévenir empêche toute visibilité au-delà de 15 mètres. Au milieu du rectangle vert, on distingue à peine les bancs de touche. L’arbitre convoque les deux coachs et les trois hommes décident de poursuivre la rencontre. En tribune de presse, c’est le blackout total. On ne voit plus rien. Dans le chaos, la doublette de commentateurs de CBS Verne Lundquist-Terry Bradshaw rendue aveugle reste professionnelle et nous livre quelques moments d’anthologie.

Lundquist : « Cunningham va lancer ou courir. Il est sacké pour la quatrième fois. Attendez un instant. »

Bradshaw : « Il s’est débarrassé du ballon Verne. »

Lundquist : « On dirait bien. Il s’est connecté avec quelqu’un. Et ça n’est pas que nous n’essayerons pas de faire toute la lumière là-dessus, mais nous ne voyons strictement rien. »

Au cœur de l’action, lui, Jim Tunney se mue en commentateur. À l’issue de chaque action, grâce à son micro, l’arbitre décrit la situation. « Passe incomplète. Troisième essai. » Surréaliste. Les caméras perchées dans les parties supérieures de l’enceinte devenue inutiles, le producteur décide d’aller chercher celles destinées à filmer l’avant-match. Aller au plus près de l’action. C’est désormais le seul moyen de savoir ce qu’il se passe.

What the fog in going on ?

the-fog-bowl-1988

Jim Riebandt, le speaker du stade, est totalement aveuglé lui aussi. Impossible de voir le terrain. Encore moins le tableau d’affichage. Le directeur des relations publiques des Bears délègue un stadier équipé d’un talkie-walkie sur le bord du terrain. L’homme est directement relié à un statisticien de la ligue qui transmet les informations à Riebandt. D’ordinaire cantonné à un strict rôle de description du match, jeu après jeu, il se mue en allier des Bears.

« L’information m’arrivait, et je la transmettais – en l’embellissant quelque peu, » raconte-t-il. « Je me souviendrai toujours d’un épisode. L’action démarre et [le stadier] m »explique ‘c’est un reverse des Eagles,’ et là je crie, ‘C’est un reverse !’ Et certains joueurs des Bears ont suivi mon annonce et neutralisé l’action. »

« Je n’ai jamais eu de plainte de la ligue à ce propos, mais ça s’est réellement déroulé. »

Lineman défensif de Philly, Mike Golic voit le ballon disparaître sous ses yeux. S’il ne lâche pas le cuir des yeux, dès qu’il quitte la main de Tomczak, il s’évanouit purement et simplement dans le brouillard. En un quart de seconde. Le quarterback retombe dans son enfance.

« On a tous joué dans le jardin une fois le soleil couché, » se souvient-il. « On profitait de la lune pour continuer à jouer parfois. Tout devient une question de timing, d’angle, de vision, de précision. »

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