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Cleveland Browns Histoire

[portrait] Terrelle Pryor, le revenant plein d’antécédents

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Il n’est jamais facile d’écrire son destin lorsque l’on est attendu comme un messie depuis son plus jeune âge. Lebron James, dans l’Ohio voisin, a pu réaliser bon nombre de ses rêves et se placer au firmament des meilleurs joueurs de basket de tous les temps (quoi qu’en pensent certains haters). Pour Terrelle Pryor, né en Pennsylvanie, le chemin a été beaucoup plus escarpé, fait de très hauts et de très bas entrecoupés de larges pauses, certaines dues à ses propres erreurs mais pas seulement. D’idole, transformé en rebut, il s’est maintenant mué en revenant.

Jeannette, la madeleine de Pryor

Lorsqu’il naît en juin 1989 à Jeannette, en Pennsylvanie, modeste bourgade de 10500 habitants à 1 heure de route au sud-est de Pittsburgh, la ville n’est encore connue que pour ses fabriques de verre et de caoutchouc. La partie occidentale de la Pennsylvanie, par contre, a déjà produit des athlètes de tres haut niveau comme Dan Marino, Johnny Unitas, Joe Montana ou encore Jim Kelly.
Mais plus qu’à ces legendes du football, c’est aux Steelers que s’identifie le jeune Terrelle, vouant un véritable culte aux « Terrible Towels » dans ce qui est encore le Three Rivers Stadium (puisque le Heinz Field actuel n’ouvrira ses portes qu’en 2001).

A Jeannette, il ne restera pourtant finalement que peu de temps puisque dès le 3rd grade (l’équivalent de notre CE2), il doit déménager à West Newton à 30mns de là. Quelques années plus tard, ses parents, Craig Terrelle et Thomasina, ayant divorcé alors qu’il est en fin de cursus au collège, il se voit obligé de suivre sa mère, se retrouvant alors à West Mifflin, une vraie banlieue de Pittsburgh. Ce ne sera pourtant que pour très peu de temps car le lycée l’attend alors et, se sentant trop loin de ses amis, il décide de retourner vivre à Jeannette, même si cela veut dire abandonner ses deux parents et aller vivre avec son parrain, Willie Burns.
Tout comme sa carrière NFL l’a emmené loin de sa terre natale avant de l’y ramener, l’enfance de Terrelle Pryor est marquée par cet attachement à cette petite partie de Pennsylvanie où on le surnomme « King », ce qui lui donnera l’idée de se faire tatouer une couronne sur le haut du bras gauche.

Son parrain, comme ses parents, mettent néanmoins un point d’honneur à ce que Terrelle ait un comportement exemplaire en classe et voient avec fierté le garçon arborer une moyenne de 3.3 sur 5, un score au-dessus de la moyenne nationale, avec une prédilection pour les cours de mathématiques, toujours utiles pour réaliser son objectif à long-terme de devenir agent du FBI. Sentant le garçon doué pour le sport, ils veulent éviter de le voir « manquer la NFL ou la NBA à cause de résultats scolaires insuffisants ».
Elu « président » de sa classe d’âge par ses pairs, il est également un membre actif de l’association « Alpha Hi-Y » qui rassemble des fonds pour lutter contre le cancer. Une évidence pour lui dont le père souffre de la maladie de Charcot-Marie-Tooth (CMT), une maladie neurologique qui affaiblit progressivement les extrémités des membres et entraine une perte de sensibilité ainsi qu’une déformation des pieds et des mains, le tout n’étant pas forcément mortel contrairement à la maladie de Charcot (SLA). Une pathologie qui emportera tout de même Craig Terrelle à 2012 à l’age de 44 ans…

Sur les terrains de la Jeannette High School, c’est bien à un athlète d’exception que l’on a affaire. Avec son physique d’airain (1m98 pour 102 kilos), le jeune homme de 18 ans est dominateur et brillant en football et en basket. Si son bras lui pemet « d’envoyer des passes de 60 à 70 yards sans meme bouger les pieds », comme le rapporte le coach des quarterbacks de la Jeannette High School, Roy Hall, la vitesse d’exécution fait également partie de son arsenal puisqu’il est capable de courir le 40-yard dash en seulement 4 »4 et possède une détente sèche de 93 cms.

Le niveau de la Jeannette High School n’est peut-etre que AA (contre 4A pour les écoles les plus compétitives), cela n’empêche pas les observateurs de classer Terrelle Pryor comme le prospect numéro 1 du pays en football et ESPNU de téléviser quelques matches, comme celui disputé face à Yough, l’école où a jadis joué son père.

Grand, noir, rapide et quarterback decisif, Terrelle Pryor est comparé à ce qui se fait de mieux au niveau universitaire en 2007, un certain Vince Young. Pourtant, Pryor veut déjà se distinguer, ne souhaitant pas « être le prochain Vince Young mais plutôt être le prochain moi».

« Il y a deux types de douleurs dans la vie : 1) la douleur de l’apprentissage et 2) la douleur des regrets. ça va, nous sommes humains. Apprenons » Terrelle Pryor sur son compte Twitter

Avec des performances de choix comme un touchdown de 53 yards à la course ou bien un match où il enchaine 2 touchdowns à la passe, 2 à la course, un sack (car il joue également safety en defense) ainsi qu’un retour de punt de 54 yards en une seule mi-temps, toutes les universités les plus célèbres se pressent à sa porte en cet été 2007. USC, Ohio State, Florida, Texas, toutes veulent avoir une chance de pouvoir recruter le phénomène dans ce que le Cleveland Plain Dealer, le grand journal du coin, appelle alors « la plus grande saga de recrutement de l’histoire du football universitaire ».
Il choisit néanmoins de n’effectuer que deux visites officielles à West Virginia et à Ohio State. Surtout, un facteur important dans sa décision sera le fait de pouvoir ou non continuer à alterner basketball et football au plus haut niveau universitaire. Il se rend cependant compte assez vite qu’il ne peut (doit..) se concentrer que sur un seul sport pour parvenir au plus haut niveau professionnel et cela ne peut passer que par le football, « son sport préféré » comme le dit son coach de lycée.

Son père lui demandant juste de « prendre son temps, de prier et de choisir l’endroit qui lui semble lui correspondre le plus », il organise une conférence de presse le jour du National Signing Day (celui où toutes les recrues annoncent leurs choix) pour finalement annoncer qu’il allait prendre plus de temps pour se décider, installant encore un peu plus les projecteurs médiatiques, déjà bouillants, sur sa personne.
Un mois plus tard, il annonce son choix de rejoindre les Buckeyes d’Ohio State, qui viennent alors de perdre les deux dernières finales universitaires.

Dans sa conférence de presse, pour justifier son choix, il qualifie Penn State de « trop rural », malgré son statut de favori dans le coeur de son père après s’être fait allégrement courtiser par les recruteurs des Nittany Lions, et explique que le trajet jusqu’à Columbus pour sa famille est moindre que les vols pour se rendre en Oregon. L’Université de Michigan, elle, a bien failli récupérer le joyau, aidée par le fait qu’il lui sera sans doute plus facile d’y devenir titulaire des sa première saison plutôt qu’à Ohio State, où le poste est déjà occupé par un senior, Todd Boeckman, qui pourra cependant sûrement l’aider dans son apprentissage. Mais le fait que Jim Tressel, le coach d’OSU devenu légende de l’Etat depuis le titre glané en 2002, ait su faire de Troy Smith un vainqueur du Heisman Trophy seulement une saison auparavant, et avec un nombre record de votes en sa faveur, envoie Pryor exercer son talent au « Horseshoe » de Columbus. Si un joueur à peine remarqué au lycee est parvenu à le faire, un diamant comme lui ne devrait avoir aucun mal à en faire de même dans ce système de jeu mettant en valeur les quarterbacks « double-threats »…

Déjà, les journalistes se posent pourtant des questions sur son image, brouillée par cette histoire de double conférence de presse et par un incident sur le terrain. Lui se caractérise comme « un jeune homme de 18 ans qui se sent comme un homme et qui doit faire des choix pour lui-même » qui s’est retrouvé dans une bagarre avec une autre équipe. Sans se dégonfler, il déclare d’ailleurs à la presse que « c’est à [eux] de décider s’il est un « bad boy » ou pas ». Une image qui va lui coller à la peau toute sa carrière universitaire, encore plus après qu’il est arrêté par la police au volant d’une voiture, que ses parents lui ont donnée, alors que son permis lui a été retiré pour 90 jours pour ne pas s’être arrêté à un stop.

terrelle-pryor-browns-01102016Buckeye Popeye

Très vite sur le campus de Columbus, le talent de Pryor éclipse pourtant tout le reste. Titularisé dès le 4e match de la saison face à Troy, il devient seulement le 2e true freshman de l’histoire de la prestigieuse université à accomplir cette performance, après Art Schlichter au début des années 80. Il y court pour 66 yards et complète 10 passes sur 16 lancées, avec 4 d’entre-elles se tranformant en touchdowns !
Alternant les séries avec Boeckman, il finit cette première saison avec 1311 yards à la passe (dont 12 touchdowns et 4 interceptions) ainsi que 631 yards et 6 touchdowns à la course. Ces chiffres lui valent évidemment le titre de « freshman de l’année » de la conférence Big Ten mais la défaite contre le Texas de Colt McCoy lors du Fiesta Bowl lui laisse un goût amer, malgré une performance à la course (78 yards en 15 tentatives) des plus correctes et un touchdown en réception lancé des mains de Boeckman.

Débarrassé de ce concurrent gênant la saison suivante, et avec l’équipe délestée de Maurice Clarett au poste de running back, les chiffres de Pryor explosent avec 18 touchdowns à la passe (pour 11 interceptions) et 7 à la course sur la saison. Cette fois-ci, le dernier match de sa saison, le Rose Bowl, le voit dominer Oregon avec 266 yards à la passe (2 touchdowns, 1 interception) et 72 yards en vingt courses.
C’est donc sans étonnement que les observateurs voient le #2 des Buckeyes mettre la NCAA à ses pieds la saison suivante avec 27 touchdowns à la passe (pour 11 interceptions) en 13 matches. Le 4 janvier 2011, pour ce qui restera comme son dernier match universitaire, Pryor sort le grand jeu lors du Sugar Bowl face à Arkansas, laminant les Razorbacks de Ryan Mallett au sol (115 yards en 15 courses) et dans les airs (221 yards à 14/25 pour 2 touchdowns).

«  J’aimerais avoir l’opportunité de jouer quarterback mais je ferai tout ce dont l’equipe aura besoin pour gagner » Terrelle Pryor, peu avant la Supplemental Draft de 2011

Malgré tout cela, aucun Heisman Trophy ne vient garnir les étagères de sa cheminée, puisque celui de la saison 2010 est remporté par Cam Newton. Pire, une enquête de la NCAA sort publiquement 5 jours avant le Sugar Bowl et indique que cinq joueurs, dont Terrelle Pryor, ont pu se faire tatouer gratuitement dans un salon de Columbus en échange de bagues de victoires, de maillots et de toutes sortes de souvenirs dédicacés par leurs soins. Ceci étant strictement interdit par les règlements (cyniques) de la NCAA, Pryor et ses camarades se retrouvent suspendus pour les 5 premiers matches de la saison suivante. Jim Tressel, au courant de ces « échanges » mais qui ne les a pas declarés au comite d’éthique, se voit forcé de démissionner de son poste, mettant un point final peu glorieux à une carriere, elle, brillante.

Grâce à un stratagème, consistant pour l’Université à lui interdire de revenir jouer pour Ohio State pendant l’intégralité de la saison 2011, Terrelle Pryor se voit éligible pour la « Supplemental Draft » de la NFL, une session de rattrapage facultative pour les équipes professionnelles au cours de laquelle elles peuvent choisir des juniors ne s’étant pas déclarés pour la draft « normale » mais qui ne pourront pas jouer la saison suivante en NCAA. Et dans une vente aux enchères de la sorte entre équipes un peu folles de parier un choix de draft sur des joueurs aussi peu sûrs, qui d’autre que les Raiders d’Al Davis pour emporter la mise ? Il restera d’ailleurs dans l’histoire comme le dernier joueur choisi par le fantasque propriétaire…

Terrelle ouvre ses ailes

Dans la baie, ses deux premières saisons sont quasi-blanches, le poste de quarterback étant occupé par des vétérans comme Carson Palmer et Jason Campbell. Mais il y rencontre un coach d’exception en la personne de Hue Jackson, un coordinateur offensif d’expérience et de grand talent que les Raiders promeuvent à la tête de l’équipe suite à la décevante période Tom Cable. Si coach Jackson ne reste qu’une seule saison à ce poste, il va recroiser Terrelle Pryor à plusieurs reprises sur son parcours.
Devenu coordinateur offensif des Bengals en 2014, il récupère sous sa coupe en 2015 un Terrelle Pryor qui rebondit d’équipes en équipes, à la recherche de confiance et de temps de jeu.

Si sa saison 2013 a été prometteuse avec, notamment, un match contre les Steelers où il sort un touchdown à la course de 93 yards qui bat un record de l’histoire de la NFL sur cette action, il ne voit le terrain ni à Seattle ni à Kansas City où il ne fait que passer en coup de vent.
Sans avoir la confiance en lui nécessaire pour lui dire de changer de poste, Jackson se met en relation avec un ami de longue date, Craig Austin, un des mentors de Pryor. Par son intermédiaire, il lui fait comprendre que changer de position et devenir receveur à plein temps lui permettrait de prolonger sa carrière en NFL et, certainement, de s’y épanouir davantage. Avec de telles qualités physiques d’explosivité, de vitesse et de détente, Terrelle présente en effet toutes les caractéristiques du receveur moderne.

Conquis par cette idée, le joueur franchit le pas et si sa première expérience avec les Browns en fin de saison 2015 est concluante sans être mirobolante, l’arrivée de Coach Jackson à la tête de l’équipe en 2016 coïncide avec un début de saison énorme de Pryor. Son match de semaine 3 contre les Dolphins est d’ailleurs à marquer dans les annales puisqu’il y devient le premier joueur depuis Franck Gifford en 1959 a recevoir plus de 120 yards à la passe tout en lançant également pour plus de 30 yards et en courant plus de 20 yards.
Malgré tous ses antécédents, Terrelle Pryor pourra donc dire qu’il aura au moins laissé une trace positive dans les livres d’histoire…

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