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Histoire

[histoire] Larry Wilson : Blitzkrieg

arizona-cardinals-larry-wilsonSans lui, il n’y aurait peut-être bien jamais eu de Ed Reed, de Troy Polamalu, de Paul Krause, de Steve Atwater ou de Ronnie Lott. Sans lui, le safety serait peut-être encore en train de monter la garde au fond du terrain, loin du combat. Un observateur, plus qu’un acteur. Un joueur qui attend que le jeu vienne à lui. Larry Wilson est l’incarnation du safety moderne. Ce véritable couteau-suisse du gridiron. Par une simple action, il a révolutionné le football des 60’s. Le safety blitz. Plus question d’attendre que le ballon daigne s’aventurer dans sa zone, désormais, c’est lui qui vient à lui. À n’importe quel coin du terrain. Dans les airs comme dans les mains du quarterback. La chasse est ouverte.

Le patrouilleur pas trouillard

Natif de l’Idaho, Larry Wilson grandit dans un cocon. Protégé. Il débute sa carrière sportive dans un relatif anonymat. Coureur/safety chez les Utes de l’Utah, il est souvent gentiment oublié pour sa taille. Du haut de son mètre 83, il ne correspond pas vraiment aux standards de l’époque et fait presque figure de gringalet à côté des colosses de la NFL. Pourtant, il compense son déficit de centimètres et de kilos par une technique remarquable, une lecture du jeu brillante et une capacité d’ajustement bluffante. Suffisamment pour être drafté, mais loin. Très loin. Larry devra attendre le 7e tour de la draft 1960 pour qu’enfin une franchise ose lui accorder sa chance. Toujours un peu plus à l’Est. Direction Chicago et les Cardinals.

C’est plus à l’Est encore que sa carrière aurait pu débuter pourtant. Quand Bill Bidwill, l’un des membres de l’organisation des Cards atterrit à Salt Lake City pour faire signer à Larry un contrat de 7500 dollars mensuels et un bonus de signature de 500 dollars, le joueur de l’Utah a une mauvaise nouvelle à annoncer.

« Je lui ai dit, ‘J’ai été drafté par Buffalo (les Bills de la toute nouvellement créée AFL, ndlr), et ils débarquent en ville demain. J’aimerais bien entendre ce qu’ils ont à dire. »

Bidwill accueille la nouvelle sans ciller. Le lendemain, Ralph Wilson en personne offre à son homonyme une rémunération mensuelle de 7500 dollars, mais pas d’avance. Grave erreur. Larry choisit Windy City. Ou presque. Car s’il est sélectionné par les Cardinals de Chicago en novembre 59, la franchise fait ses bagages et déménage à St. Louis, dans le Missouri, juste avant le début de la saison 1960.

Il ne le sait pas encore, mais un brillante carrière l’attend. Une carrière qui débute par une première tout sauf brillante. Presque gênante. Qui aurait pu être rédhibitoire. Fatale. Mais qui dans le fond sera salvatrice. Un mal pour un bien. Le 26 août, dans un match d’exhibition disputé à Charleston, en Caroline du Sud, les Cards se mesurent aux Colts de Johnny Unitas. Drafté comme coureur, Larry a été repositionné en défense, au poste de cornerback. Aligné face à Raymond Berry, il vit ses premiers pas dans le monde pro. Et une évidence va rapidement exploser à la face de ses coachs : il n’est pas fait pour jouer cornerback.

« Sur la première passe vers Raymond Berry, je me suis retrouvé 10 yards derrière lui, et il n’était même pas si rapide, » se souvient Wilson en riant. « Il a changé ma carrière en un instant. Il m’ont bougé au poste de safety, et là, les choses ont commencé à bien aller. »

De cornerback dépassé, limite paumé, il va se muer en safety pionnier. En général de l’arrière champ. Pourtant, après sa mémorable première, il se demande presque s’il est fait pour jouer au foot. S’il doute, les Cards, eux, en sont convaincus, et le reconvertissent intelligemment. Pour jouer safety, pas besoin d’être rapide. Il faut juste savoir être là au bon moment. Et à ce petit jeu, Wilson a peu d’égal confirme le Hall of Famer Bobby Mitchell. Son mentor : Jimmy Hill. Ancien defensive back des rouges et blancs. Un noir. Une relation inhabituelle pour Larry. Élevé dans les Rocheuses, il grandit presque coupé du monde. Coupé d’une Amérique multiculturelle et multicolore.

« De Rigby, Idaho, à L’utah, je n’ai jamais connu beaucoup de types noirs, » raconte Larry. « Pour être honnête, pas un seul. Et me voilà avec Jimmy, l’un des gars les plus sympathiques que vous ne rencontrerez jamais. Il m’a pris sous son aile. C’est Un joueur qui a tout fait sur le terrain, donc je me suis pas mal inspiré de lui. C’est incroyable à quel point je lui suis redevable. »

Si mieux vaut ne pas demander à Larry Wilson de suivre comme son ombre un receveur sous peine de se faire transpercer en plein cœur, le coach défensif Chuck Drulis va rapidement trouver un moyen d’exploiter au mieux les qualités de son safety. Le blitz. Las de voir les linebackers systématiquement neutralisés sur leurs tentatives de rush sur le passeur, lui vient une idée. Et si on demandait au safety de blitzer le quarterback ? Le Wildcat Blitz. Une innovation. Une révolution.

« On l’a mis œuvre pour la première fois à New York, » se souvient Wilson. « Coach Drulis est venu me voir avant le match et m’a dit, ‘Quand tu te retrouves derrière la ligne et envoie un tampon, essaye de plonger en avant et de masquer ton numéro pour qu’ils ne sachent pas qui tu es.’ Alors on a commencé à me cacher aux quatre coins du terrain, c’est parti de là. Ça s’est révélé être vraiment drôle. Au final aujourd’hui, tout le monde blitz. »

Devenu une marque de fabrique, le blitz va faire de Wilson un joueur totalement imprévisible, capable de bondir vers la ligne de mêlée ou de battre en retraite en couverture. À l’époque, les sacks et plaquages pour pertes ne font pas partie des statistiques officielles. Pourtant, une chose est sûre, Larry aurait fait partie du club fermé des joueurs ayant signé au moins 50 sacks et 50 interceptions en carrière. L’architecte du safety blitz mijotait son plan depuis quelques temps déjà. Lui manquait juste le joueur idéal pour l’appliquer.

« Il fallait qu’il soit vif, qu’il plaque fort, et il devait avoir les tripes bien accrochées parce qu’il pouvait se faire solidement renvoyer chez lui par un gros lineman offensif s’il ne faisait pas les choses comme il le fallait. Larry avait tout ça. »

Le poste de safety vient de changer à jamais. Plus cantonné au fond du terrain, il devient un joueur polyvalent, capable d’évoluer n’importe où sur le terrain. Couvrir, plaquer, rusher, sacker, intercepter. Il doit savoir tout faire. Dans l’ombre du tight end un coup, près à attraper le coureur adverse l’autre, puis en couverture en profondeur avant de se ruer sur la ligne pour sacker le quarterback. Ce n’est pas juste une position qui change, c’est toute la façon d’appréhender l’art de défendre sa endzone. De ce blitz, on élabore des stratégies multiples destinées à brouiller les cartes, troubler les attaques pour mieux les faure déjouer. Une véritable partie d’échec.

larry-wilson-return-cardinalsLe marteau et l’enclume

Pionnier d’une nouvelle stratégie défensive jusque là inexplorée, Larry « Wildcat » Wilson incarne le football des 60’s. Longiligne, pas particulièrement impressionnant à vue d’œil, mais plaqueur redoutable, féroce et dévastateur à l’impact. Mais toujours dans la règle. Physique, mais surtout robuste. Une résistance à la douleur à toute épreuve. Le 7 novembre 1965, il entre dans la légende de la NFL. Le majeur droit brisé, la main gauche dans le même état, les deux bras plâtrés, il est quand même sur le terrain pour défier les Steelers pour le titre de la Conférence Est. Mieux encore. On ne joue que depuis quelques minutes quand Larry rôde en couverture, saisit le ballon en vol et file à toutes enjambées, 34 yards plus loin, aux portes du paradis. Sur l’action suivante, les Cards ouvrent le score. Le ton est donné. Sa réputation est faite : l’un des joueurs les plus solides, résistants, robustes de la ligue. Les qualificatifs manqueraient presque.

« Ils M’ont plâtré jusqu’au coude et ont recouvert mon doigt de cette espèce de capote, » raconte Wilson. « À l’époque, si vous étiez capables de courir, vous étiez capables de jouer, je ne courrais pas sur mes mains. »

Redoutable sur la ligne d’avantage pour laisser les bloqueurs sur leur postérieur, bondir vers le quarterback et asséner un sack dévastateur, Wilson n’est pas le joueur d’une seule action. Blitzeur infatigable, il est aussi reconnu pour ses qualités de vigie au fond du terrain, en couverture. En 1966, il vole 10 ballons et termine meilleur intercepteur de la ligue à une époque ou une saison ne dure que 14 matchs. Il signera même une série folle de 7 matchs consécutifs avec une interception. De quoi lui valoir le tout premier George S. Halas Trophy récompensant le Meilleur Joueur défensif de l’Année. Au total, ce sont 52 ballons qui tomberont dans ses mains pour un total de 800 yards dans la direction opposée et 5 touchdowns.

Emmenée par leur safety à tout faire, la défense des Cardinals se bâtit une réputation d’escouade intraitable, insatiable et d’une virilité rare. Une formule qui lui permettra de signer trois shutouts consécutifs en 70. Trois rencontres sans le moindre point concédé. Un exploit. Son énergie communicative se propage à toute l’équipe. Il électrises ses coéquipiers de par son enthousiasme. Pourtant, les Cards de St. Louis ne parviendront jamais à le récompenser comme il se doit. Wilson et le tight end Jackie Smith surnagent au-dessus d’un îlot de médiocrité. Jamais Larry ne vivra l’effervescence des playoffs. En 13 années, il ne connaitra que 5 saisons positives.

D’élève attentif, Larry Wilson va se muer en gourou. Reprenant le flambeau de Jimmy Hill, devenu un vétéran accompli, il va transmettre son savoir à des jeunes recrues. Parmi elles, un autre futur Hall of Famer. Roger Wehrli.

« L’un des plus incroyables joueurs que ce sport ait connu, » tranche-t-il. « J’ai tellement appris de [WIlson] dans mes premières années. Il m’a appris comment jouer malgré la douleur, comment ne jamais abandonner. Il m’a inculqué la mentalité pour jouer dur, peu importe les circonstances, et m’a été d’une grande aide À mes débuts. Du fait de notre amitié et de mon immense respect pour lui en tant que coéquipier, je lui ai demandé d’être mon parrain pour la cérémonie d’introduction au Hall of Fame. »

Le Hall of Fame, Larry y entrera dès sa première année d’éligibilité. Huit fois Pro Bowler, huit fois All-Pro, son numéro 8 a disparu du vestiaire des Cardinals depuis belle lurette. Il est l’incarnation du safety moderne. Le tout premier.

« Avec ou sans ses dents, avec ou sans ses mains, personne n’a joué free safety avec pareille énergie bestiale, il terrorisait les quarterbacks adverses, » résumait parfaitement Steve Sabol de NFL Films.

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