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[Super Bowl Stories] Épisode VIII : comme des Dauphins dans l’eau

À 45 semaines du Super Bowl LII, épisode 8 de notre rétrospective exceptionnelle, le Super Bowl VIII.

Minnesota Vikings (NFC) vs Miami Dolphins (AFC) – 13 janvier 1974

Depuis le double sacre des Packers à l’aube de l’ère Super Bowl, jamais un champion n’a su conserver son bien. Pire, jamais un champion n’est parvenu à se hisser de nouveau sur la scène du Big Game pour défendre sa couronne. C’était sans compter sur des Dolphins qui allaient bientôt devenir la franchise à avoir disputé le plus de Super Bowl. Trois consécutifs. Un malheureux, mais porteur de mille espoirs. Un triomphant, au terme d’une saison parfaite. Qu’allait-il advenir du troisième ?

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Alors que revoilà la sous-préfète

Parfaits. Imbattables. Invincibles. Invaincus en 72, les Dolphins sont harponnés dès la deuxième semaine par les Raiders de John Madden, partis s’exiler dans la baie de San Francisco. Le record de 18 succès consécutifs égalé une semaine plus tôt face aux Niners ne tombera pas. Pourtant, pour la plupart des observateurs, la cuvée 73 des Dauphins est meilleure. Les joueurs eux-mêmes le sentent. Plus expérimentée, une évidence, plus sûre d’elle, qui ne le serait pas après leur saison triomphale, mais surtout mieux servie par un calendrier bien plus relevé. À la place des bras cassés étrillés semaine après semaine un an plus tôt, les hommes de Don Shula croisent le fer avec les Jets de Joe Namath, certes plus au niveau de leur doigt d’honneur géant de 68, éteignent deux fois les Bills d’un O.J. Simpson possédé et en route vers l’histoire, s’imposent chez les Cowboys de Tom Landry et viennent à bout des Steelers de Chuck Noll, Franco Harris et Terry Bradshaw, les nouveaux prodiges de la NFL. Un CV de champions qui leur vaut une inévitable étiquette de favoris. Pour la première fois de l’histoire, l’AFL ou l’un de ses dignes descendants sont donnés gagnants.

Leur faux pas en semaine 2 oublié, les Floridiens écrasent tout sur leur passage. Deux blanchissages, six rencontres avec moins de dix points encaissés et une série de dix succès qui prend fin face à des Colts revanchards. Humiliés 44-0 quelques semaines plus tôt, les hommes de Weeb Ewbank infligent aux Fins leur deuxième revers de la saison. Presque anecdotique, la belle machine roule toujours aussi bien et nage vers les playoffs. Un jeu au sol démentiel et une défense intraitable, le carburant est toujours le même. Si Larry Csonka signe sa troisième saison consécutive au-delà des 1000 yards, Mercury Morris échoue à 46 unités de la barre symbolique. Bob Griese et ses 1422 yards feraient sourire aujourd’hui, mais le passeur est le deuxième plus prolifique de l’AFC en 73. Surtout, il a la bonne idée de trouver deux fois plus souvent la endzone que les mauvaises mains.

La No-Name Defense de l’inusable Nick Buoniconti a beau être (enfin) sortie de l’anonymat et ne plus pouvoir compter sur l’effet de surprise, elle n’en finit plus de harasser les attaques adverses. Sacks, fumbles, interceptions, elle ne concédera que 150 points. Portés par une flopée de futurs Hall of Famers, les Dolphins ne font qu’une bouchée des Bengals avant de prendre leur revanche sur les Raiders en finale de l’AFC. Les joueurs de Miami s’envolent vers leur troisième Big Game consécutif. Bob Griese devient le premier quarterback à débuter trois Super Bowls. Ceux qui deux ans plus tôt avaient surpris tout leur monde se sont imposés en épouvantail d’une NFL en pleine croissance.

Dans l’État aux 10 000 lacs, les Vikings de Bud Grant se sont enfin remis de leur gifle du Super Bowl IV. Vainqueurs des Raiders en ouverture de la saison, il faudra attendre la mi-novembre pour voir le Drakkar chavirer. D’abord les Falcons, puis les Bengals. 12-2. Comme les Dolphins, les Violets ne s’inclinent que deux fois et s’appuient sur une défense anthropophage. Les Purple People Eaters. Les bouffeurs de quarterbacks. Avec Alan Page, MVP deux ans plus tôt et Défenseur de l’Année en 73, en guise de chef de meute.

Emmenés par le tandem Fran Tarkenton-Chuck Foreman en attaque, les joueurs du Minnesota sont aussi dangereux au sol que dans les airs. Le quarterback et ses 13 années d’expériences lancent plus de 2000 yards et mettent un point d’orgue à prendre soin du ballon. Sur la terre ferme, le Rookie Offensif de l’Année engloutit plus de 1150 yards au total. Bien aidés par un quintet de coureurs complété par Dave Osborn, Bill Brown, Oscar Reed, Ed Marinaro et leurs 1469 yards et 11 touchdowns, les Vikings dévorent le chrono, sèvrent leurs adversaires de ballon et les achèvent à l’usure. Redskins, puis Cowboys. Les deux derniers représentants de la NFC au Super Bowl sont écartés sans ménagement, n’en déplaise à Larry Csonka.

« J’espérais que l’on retombe sur les Cowboys ou Redskins, » concédait il y a peu le coureur de Miami. « J’aimais vraiment le coach des Vikings, Bud Grant, et j’ai toujours pensé que j’aurais aimé jouer pour lui. C’est un gars de nature, un chasseur et un pêcheur. »

Bud Grant repart en chasse. Pas de saumon d’eau douce ou d’orignal au menu cette fois-ci, mais un gibier inconnu des 10 000 lacs du Minnesota. Le Dauphin de Floride.

Retard à l’allumage

Si les Dolphins profitent des confortables installations des Oilers pour préparer le rendez-vous, les Vikings sont relégués dans un vieux Formule 1 miteux. Il leur faut faire 20 minutes de bus pour rejoindre la Delmar High School, son vestiaire exiguë, sans casiers, à la limite du délabrement et où les douches fonctionnelles sont en option. Sur le terrain, l’équipement de base de toute bonne équipe de foot est porté disparu. De quoi faire enrager Bud Grant le perfectionniste.

« Je pense qu’aucun de nos joueurs n’a vu quoique ce soit de semblable depuis le lycée, » déplore le coach. « C’est le genre de terrain sur lequel leurs gamins joueraient un samedi après-midi. Regardez ce vestiaire. C’est épouvantable. »

Face à une défense des Vikings gavée à longueur d’année à la rigueur militaire de son technicien et qui se laisse rarement prendre au dépourvu, les Dolphins sortent tout l’attirail. Misdirections, negative-influence traps, jeux truqués pour attirer les Purples People Eaters dans des pièges, des blocs écrans, tout est bon pour déjouer une rideau défensif d’ordinaire parfaitement organisé. Une formule qui avait fait merveille pour les Chiefs lors du Super Bowl IV.

Pour la première fois, le Big Game a décidé de changer d’air. Marre de La Nouvelle-Orléans. Marre de Miami. Marre de Los Angeles. Direction le Texas. Dans un Rice Stadium déserté par le football pro depuis que les Oilers sont partis se réfugier dans l’Astrodome en 1968, les Dolphins imposent leur rythme d’entrée. Et la cadence est bien trop soutenue. Impossible à suivre pour les Vikings. Un ciel plombé. Morne. Des gouttes de pluie qui font leur entrée en scène alors que les premières notes de Star-Splangled Banner retentissent. Les Dieux du football sont en train d’envoyer de bien sombres présages aux hommes du Nord.

« C’était évident d’entrée de jeu que notre attaque était capable d’étouffer leur défense, » constate le centre/guard Jim Langer.

Sur le bord du terrain, le juge de ligne Leo Miles, spectateur d’un début de match à sens unique, devient le premier arbitre afro-américain à officier lors d’un Super Bowl. Mis sur orbites par un bon retour du MVP du Big Game VII, Jake Scott, les Dolphins avancent au pas. Passe, course, course, passe. De la variété et un ballon qui n’a de cesse de se rapprocher de la peinture. La doublette Morris-Csonka se régale et le coureur à la moustache achève un drive d’école. Méthodique. Létal. Trois petits jeux et le ballon revient déjà dans leurs mains. Trois courses incisives d’un Larry Csonka intenable, une passe parfaitement ajustée de Bob Griese et Jim Kiick trouve le chemin de la endzone pour la première fois de la saison, à l’ombre de poteaux situés à l’entrée de la peinture pour l’avant-dernière fois. Le Pro Bowl passé, ils migreront au fond de l’en-but pour toujours. 14-0.

Les negative-influence traps des Fins fonctionnent à merveille. Les Vikings ne savent pas quoi faire, pris au(x) piège(s). Les hommes de Don Shula se régalent. Au lieu d’attaquer la ligne d’avantage pour enfoncer le front seven violet, le cinq de devant floridien se redresse, comme en situation de passe, et force les défenseurs à reculer légèrement en couverture. Le piège est tendu, ne reste plus qu’à l’exploiter. Et Larry Csonka ne va pas s’en priver.

« Tout a parfaitement fonctionné d’entrée, » se rappelle Jim Langer. « Nous n’arrêtions pas d’ouvrir des trous béants dans leur défense et Csonka gagnait des yards à la pelle, surtout sur la droite. On entendait Alan [Page] râler après ces jeux piégés qui le rendaient fou. Il ne savait absolument pas quoi faire. »

Il faut dire que les Dolphins compteur dans leurs ranges un allié de marque. Le guard Bob Kuechenberg a joué à Notre Dame en compagnie d’Alan Page et connait l’un des tics du pass rusher. Une petite manie qui lui permet de lire ses intentions avant le snap et de beugler un chiffre à son quarterback pour que Griese change le jeu et envoie le ballon le plus loin possible de l’énergumène Page. Un stratagème qui va contribuer à épuiser le défenseur. Physiquement comme psychologiquement. Les 15 premières minutes s’achèvent sans que les Vikings ne soient parvenus à aller au-delà de leurs 27 yards. Pendant que Csonka engloutit 64 yards, Tarkenton et compagnie doivent se contenter de 25 unités et un seul premier essai. Des miettes. Neutraliser Chuck Foreman en lui mettant le bondissant Manny Fernandez sur le dos, verrouiller les receveurs, ordonner une prise à deux sur John Gilliam et cadenasser les extérieurs près de la ligne de mêlée pour lier les mains et les jambes de Fran Tarkenton. Le plan est simple et l’exécution brillante. Joe Namath avait prévenu avant le coup d’envoi :

« Si Miami récupère le coup d’envoi et marque d’entrée, le match est plié. »

En roue libre, les hommes de Don Shula creuse l’écart grâce au pied du Chypriote Garo Yepremian. 17-0. Des punts, de l’indiscipline pas toujours sanctionnée et de la maladresse, les Vikings sont en train de passer à côté de leur sujet. Et même quand l’attaque récite enfin sa partition, c’est pour mieux s’étaler les quatre fers en l’air.

Partis de leurs 20 yards, ils franchissent enfin la ligne médiane et viennent cogner aux portes de l’en-but des Fins. Une poignée de yards les séparent d’un touchdown qui relancerait totalement la rencontre. Oscar Reed fait du surplace et Bud Grant doit prendre une décision. Assurer trois points qui réduiraient quelque peu le déficit, ou aller chercher la quatrième tentative et 7 points devenus presque indispensables qui feraient basculer le momentum. Il choisit le tout pour le tout. Oscar Reed a à peine le temps d’attaquer la ligne que Nick Buoniconti lui saute à la gorge et le dépossède d’un ballon qui file tranquillement dans les bras de Jake Scott. Jeu, set et match. En finale de conférence face aux Cowboys, l’audace des Violets avait payé deux fois. Cette fois-ci, elle va coûter cher.

Le retour des rois

À la pause, le match est déjà plié. Les Dolphins le savent. Rien ne peut leur arriver aujourd’hui. D’entrée de seconde mi-temps, la poisse qui colle à la barbe des Vikings les rattrape. La remontée folle de 65 yards de Gilliam est annulée pour un clipping qui renvoie Tarkenton & Co sur leurs 11 yards. Un sack de l’infatigable Manny Fernandez et il faut déjà punter. Les Floridiens n’ont pas ce genre de problème. Malgré un Bob Griese distrait qui oublie le snap count et se trompe, Larry Csonka assure son titre de MVP en signant un nouveau touchdown. 24-0. Il reste 9 minutes. Le quarterback ne lancera plus la moindre passe. Malgré une rencontre et un titre qui, chaque seconde, semblent un peu plus leur filer entre les doigts, les joueurs du Minnesota ne baissent pas d’intensité. L’énergie bestiale avec laquelle la défense joue d’ordinaire s’est transformée en frustration féroce. Tout aussi douloureux.

« Que l’on joue les Vikings en saison régulière, en playoffs ou au Super Bowl, quelques jours après le match tu le sens à chacun de tes mouvements. Ils étaient incroyablement physiques, » se rappelle Csonka.

Une rugosité qui vaudra au coureur des Dolphins quelques points de suture au coin de l’œil gauche. Merci “Dirty” Wally Hilgenberg. Après un échange de punts stérile qui fleure bon la fin de match, les Vikings décident de sauver l’honneur. Fran Tarkenton prend les choses en main, distribue les passes dans une défense déjà la tête ailleurs et comble à pied les 4 yards qui le séparent de la endzone. 24-7. Le score ne changera plus. L’onside kick est recouvert par les joueurs du Minnesota, mais annulé par une énième pénalité. Découragés, ils choisissent de dégager le plus loin possible. Une interception de Tarkenton plus tard, et la doublette Csonka-Kiick entre en scène pour tuer les 6 minutes et 24 secondes qu’il reste au chrono du stade. Alan Page soulage ses nerfs sur Bob Griese. Frustré comme jamais. Il n’y a pas eu match.

« Nous sommes rentrés tellement fort et vite dans la défense des Vikings qu’ils n’ont rien compris, » racontera Langer. « Dès les premiers jeux, Alan Page à compris que nous leur ne laisserions aucune chance. »

Sept passes tentées, six complétées. C’est tout ce qu’il aura suffit à Bob Griese. Un record dans un Super Bowl. À l’inverse, lancé dans une course désespérée après le score, Tarkenton aura tenté 28 passes. Un record à l’époque. Cinq ans après l’échec retentissant du Super Bowl III, les Vikings n’ont rien retenu. Une défense à la rue, une attaque anémique, des maladresses en pagaille. Un gigantesque raté. À ceci près que cette fois-ci, ils ne partaient pas favoris. Loin de se chercher des excuses et de brandir les piètres installations dans lesquelles ils ont dû préparer le match de leur vie, les hommes de Bud Grand affrontent leur cinglant échec. Pour la première fois depuis les Packers des Super Bowls I et II, les Dolphins conservent leur titre au titre du match le plus accompli de leurs deux années de domination. L’apothéose. Dans le Nord, les Violets deviennent la première franchise à perdre deux Super Bowl. Le talent ne manquait pas pourtant.

« C’était probablement notre meilleur équipe, » se remémore Fran Tarkenton. « Nous avions une superbe équipe depuis près de 4 ans, mais on a fini comme les Red Sox ou les Cubs. C’est évident que ça aurait fait du bien de gagner un Super Bowl. »

Deux tentatives. Deux échecs. Si les Vikings n’en sont plus à leur premier coup d’essai, ils n’en sont pas encore à leur dernier. To be continued…

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