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Histoire Super Bowl

[Super Bowl Stories] Épisode XII : jour de Jugement dernier à La Nouvelle-Orléans

À 41 semaines du Super Bowl LII, épisode 12 de notre rétrospective exceptionnelle, le Super Bowl XII.

Dallas Cowboys (NFC) vs Denver Broncos (AFC) – 15 janvier 1978

Il est enfin prêt. Majestueux. Imposant. Secret. Après avoir mis un râteau au Big Game trois ans plus tôt, le Superdome, nouvelle cathédrale des Saints, est prêt à accueillir sa première grande messe. La 12e du nom. Le Super Bowl XII.

Super Bowl XII Logo.svg

Brothers in arms

6 ans plus tôt, lors de la campagne qui les avait portés vers leur premier Super Bowl, Tom Landry avait dû trancher le grand différend qui agitait toute l’Amérique du ballon à lacet : Craig Morton ou Roger Staubach ? En 77, plus de question à se poser. Les choix de carrière des deux hommes et aléas du football pro ont décidé pour lui. Depuis 3 ans, Morton a fait son baluchon pour filer chez les Géants de la Grosse Pomme, puis dans les Rocheuses, à Denver. À Dallas, après des années de yo-yo, un coup titulaire, un coup doublure, Roger Staubach est enfin devenu le shérif incontesté. Le seul, l’unique. Pourtant, malgré des années à se battre l’un contre l’autre pour un même poste, les deux hommes se vouent un respect total.

« Pour beaucoup, le match se résumait à ROger Staubach contre Craig Morton, » se souvient le passeur de Dallas. « Craig et moi sommes sortis de l’université la même année, mais je me suis enrôlé dans la Navy pendant qu’il devenait la doublure de Don Meredith chez les COwboys. Quand j’ai rejoint les Cowboys 4 ans plus tard, on s’est battu l’un contre l’autre pendant plusieurs années puis j’ai finalement gagné l’opportunité d’être titulaire. Craig était un excellent quarterback, mais il était aussi incroyable avec moi. Même quand il était mon remplaçant, c’était un remarquable coéquipier. Aujourd’hui encore, notre relation a toujours été en tout point positive. On ne s’est jamais chamaillé. Quand j’étais titulaire, Craig m’a toujours soutenu. »

Lorsqu’il débarque au pied des sommets enneigés des Rocheuses, Craig Morton découvre une franchise en berne. Jamais vraiment sortie du ventre de sa mère. Presque morte-née. Depuis 16 ans, les Broncos ont déjà connu 8 coachs différents et pas un seul match de playoffs. Pire encore, seulement trois petites saisons positives à se mettre sous la dent et, évidemment, pas le moindre titre de division. Leur place favorite : la dernière. La quatrième place à l’Ouest de l’AFL ou de l’AFC, ils l’auront occupée 10 fois. Aucune continuité, aucun projet, en 77, les Broncos viennent de virer John Ralston après cinq ans de services infructueux. Aucun coach n’était resté aussi longtemps en poste. Il faut tout reconstruire à nouveau. Repartir à zéro. Ou presque.

Car si le CV de la franchise de Denver est aussi rempli qu’une feuille blanche, les motifs d’espoirs ne manquent pas. À commencer par Craig Morton et son expérience des grands rendez-vous. Si le quarterback, ses 1929 yards, 14 touchdowns et 8 interceptions ne vont pas affoler les compteurs, ils redonnent vie à un groupe qui, depuis 4 ans, avait entrevu toute l’étendue de son potentiel. Dans la vague de son Comeback Player of the Year de passeur, la triplette Otis Armstrong/Lonnie Perrin/Rob Lytle galope 1353 yards au sol et trouve 10 fois la peinture. Si l’attaque fait le travail avec application, c’est en défense que bat le cœur des Broncos. Orange Crush Defense. Derrière une 3-4 portée par un superbe quatuor de linebackers, l’escouade défensive ne concédera que 148 points. Un peu plus de 10 unités par match. Dans la victoire, jamais ils n’auront accordé plus de 14 points. Seuls les Raiders seront parvenus à leur en passer plus de 20.

Pour sa première année comme grand manitou sur un banc NFL, le Coach de l’Année Red Miller hisse les Broncos à un bilan de 12-2 et un titre de division inédits. Sans une once de pression, avec l’innocence d’un poulain qui découvre l’étendue infinie des Grandes Plaines pour la première fois, les chevaux attaquent les playoffs au grand galop. Les Steelers pour commencer, puis les Raiders. Pour leur baptême du feu, les joueurs du Colorado s’offrent les deux derniers champions. Les Broncos découvriront le Super Bowl, Craig Morton le retrouvera. Pour la première fois de l’histoire, un quarterback portera son attaque en finale sous les couleurs d’une autre formation. Des décennies plus tard, il sera imité par Kurt Warner et Peyton Manning.

Dans la poussière du Texas, on fait du neuf avec du vieux. Roger Staubach en artilleur, la Doomsday Defense en forteresse imprenable. La même formule qui avait porté les Cowboys jusqu’au titre 7 ans plus tôt. 2620 yards, 18 touchdowns, 8 interceptions, à presque 36 ans, le vétéran s’offre une seconde jeunesse. En défense, Harvey Martin explose tout ce qui bouge et signe 23 sacks records. Jethro Pugh, Ed « Too Tall » Jones et Randy White à ses côtés sur la ligne, Ciff Harris et Mel Renfro dans le fond du terrain, des visages et des noms bien connus et décidés à effacer la déconvenue du Super Bowl X, deux ans plus tôt. Renouer avec la gloire. Une dernière fois. Car pour beaucoup, la retraite approche à grand pas.

Un arsenal sans grand mystère auquel vient s’ajouter une nouvelle arme de destruction massive : Tony Dorsett. Sa sélection à la draft constitue « un tournant » selon Roger Staubach. Le renouveau du jeu au sol après les départs successifs de Calvin Hill, Duane Thomas et Walt Garrison. Fraîchement sorti de l’Université de Pittsburgh, le rookie éclipse la barre des 1000 yards, marque 13 fois, et inspire un groupe de coureurs intenable. Robert Newhouse, le fullback perce-muraille, ajoute 721 unités au sol, la doublure Preston Pearson en enquille près de 900 de plus sur terre comme dans les airs. Les Bears écrabouillés, les Vikings terrassés, les ‘Boys s’ouvrent les portes du Super Bowl pour la deuxième fois en 3 ans. Pour la première fois de l’histoire, deux formations ayant croisé le fer en saison régulière se retrouvent sur la scène du Big Game. En semaine 14, l’ultime, les Texans s’étaient imposés 14-6 dans un match sans grand enjeux et sans bien des titulaires habituels. Pas beaucoup d’enseignement à retenir.

Orange Crushed

Après des années de querelles intestines, mais cordiales, passées à se battre pour un même poste, Roger Staubach et Craig Morton ont enfin trouvé leur camp. Dans un Louisiana Superdome enfin sorti de terre et aux allures de ring XXL pour les deux hommes, le premier aura l’occasion de décrocher un nouvelle bague et de prouver que sa supériorité a toujours été une évidence ; le second tentera de se racheter du Super Bowl V et se venger d’un Staubach qui l’avait destitué de son trône.

« Au Super Bowl XII, même si Craig et moi étions amis, d’un point de vu strictement compétitif, ce match signifiait un peu plus pour moi, je voulais montrer aux gens que les Cowboys avaient gardé le bon quarterback. »

Vainqueur du Sugar Bowl, match pour le titre universitaire, un an plus tôt dans la même enceinte de la Nouvelle-Orléans, Tony Dorsett devient le premier joueur à disputer une finale NCAA et une NFL en l’espace d’un an. La marque d’un grand. Déjà.

Sur la première action du tout premier Super Bowl indoor de l’histoire, Tom Landry joue la carte de l’audace et appelle un double reverse. Butch Johnson est à deux doigts de tout foutre en l’air, échappe le cuir, mais le recouvre par miracle. Punt. Craig Morton et sa meute se rapprochent dangereusement avant que Randy White et sa moustache ne les renvoient gentiment chez eux sur un sack qui les fait reculer de 11 yards. Punt. À un yard de son en-but, Tony Hill dégueule le ballon, John Schultz le cheval sauvage l’effleure sans parvenir à le maîtriser et le receveur de Dallas sauve miraculeusement les meubles. À peine le temps de faire retomber la tension, c’est Tony Dorsett qui échappe le cuir. Cette fois-ci, c’est son centre, John Fitzgerald, qui vient à la rescousse. En deux possessions, les Texans ont déjà relâché le ballon à trois reprises, sans la moindre conséquence. Une bonne étoile flotte au dessus de leurs casques étoilés.

L’attaque fébrile, les équipes spéciales par vraiment plus inspirées, la défense prend la relève. Doomsday. Le jour du Jugement dernier à sonné. Sous la pression de Randy White et Harvey Martin, Morton se débarrasse du ballon précipitamment et l’envoie directement dans les mains gantées de Randy Hughes, à deux pas de la redzone. Explosion de joie. Dans le brouhaha du Superdome, se faire entendre relève de l’exploit.

« C’était tellement bruyant que le coach Landry nous a rameutés sur le bord du terrain et a dit à nos joueurs de ligne offensive de ne regarder que le ballon, » raconte Roger Staubach. « J’avais beau essayer de crier du plus fort que je pouvais, ça ne marchait pas. Nous étions sans cesse hors jeu. Nous nous sommes ajustés et les choses ont commencé à mieux aller. C’est de loin le match le plus bruyant que j’ai jamais vécu et nous avons commis énormément d’erreurs à cause de ce vacarme. »

Une poignée de jeux plus tard, Landry tente sa chance sur un quatrième essai et Tony Dorsett s’en va danser dans la peinture. Une passe détournée du bout des doigts par Bob Breunig, un ballon qui tombe dans les mains du cornerback Aaron Kyle et le mexicain Efren Herrera corse l’addition 10-0. En tête et avec un semblant de contrôle, les Cowboys viennent cogner aux portes de la zone rouge et font une nouvelle fois parler leur bonne étoile bleue. En mouvement et en quête d’une cible esseulée, Roger Staubach lance le ballon en direction de la endzone. Interception ! Oui, mais non. Par miracle, le quarterback a mis le pied en touche avant d’enclencher sa passe. Un jeu pour rien. Un nouveau coup de pouce du destin. Merci à l’œil de lynx de l’arbitre.

« C’est ma décision, » racontera l’arbitre Jim Tunney. « Le quarterback, c’est ma responsabilité ; et j’ai eu le sentiment qu’il avait touché la ligne, puis lancé. Le ballon était toujours dans sa main lorsqu’il a mis le pied sur la ligne. Je n’avais aucune raison de douter de moi-même. J’ai vu la ligne et j’ai vu le contact. »

Herrera ajoute trois unités au compteur. Si en dépit de quelques approximations les ‘Boys sont bien dans leur match, les Broncos, eux, sont tétanisés. Malgré toute son expérience, Craig Morton est à côté de ses sabots et signe une troisième interception. Un cauchemar. Il faut se réveiller. Un stop en défense. Les chevaux ouvrent un œil. Un punt, un ballon qui ricoche contre le casque du retourneur et revient déjà dans les mains texanes. Denver bascule de nouveau dans le noir. Une poisse contagieuse. Les ratés s’enchaînent les uns après les autres. Surréaliste. On croit revivre le Blunder Bowl. Une parodie de football. Et une mauvaise. Herrera manque la cible. Le receveur du Colorado, Jack Dolbin, échappe le ballon. Herrera se foire encore. Le tight end texan Riley Odoms perd le cuir avant que son vis-à-vis Billy Joe DuPree ne l’imite en signant le cinquième turnover des Broncos. Cinq jeux plus tard, Craig Morton s’offre un quadruplé des plus risibles. Il reste 6 secondes, Efren Herrera signe un coup du chapeau en ratant la cible pour la troisième fois d’affilée. Au terme d’un deuxième quart-temps grotesque, tout le monde s’enfuit aux vestiaires. 13-0 Dallas. On attend toujours que Denver entre dans son match.

En roue libre

Cinq fumbles, un seul perdu, trois field goals ratés d’un côté ; 7 turnovers records de l’autre. De toute la saison, Craig Morton n’avait lancé que 8 interceptions, en une mi-temps, il en aura signé 4. La moitié du chemin. Une déferlante. Un vibrant hommage aux Colorado Avalanches. Abyssale. Indigne. Pathétique. Pourtant, Dallas est encore à portée. Un miracle. Un écart insuffisant au goût d’un Roger Staubach pas totalement rassuré au moment de s’engouffrer dans le tunnel.

« J’étais vraiment inquiet à la pause, » concédera-t-il après le match. « Denver n’avait que 13 points de retard. Nous avons eu tellement d’opportunités dont nous n’avons pas été capables de tirer avantage en première période. »

Un bon retour, une course percutante d’Otis Armstrong, un coup de pied longue distance de Jim Turner et les Broncos recollent à 10 unités. L’espoir revient. Brièvement. Butch Johnson se détend de tout son long sur une ogive de 45 yards de Staubach et attrape le ballon du bout des doigts avant de s’écraser la face la première en plein bonheur. Dallas exulte, Denver explose. les chevaux voient rouge. Pour eux, le receveur a échappé le ballon au moment de tomber sans jamais l’avoir vraiment contrôlé. Le superviseur, Art McNally, estime au contraire que le texan est en possession du cuir au moment de croiser la ligne et ne l’échappe qu’un fois rendu sur le dos, dans la peinture. Touchdown. 20-3.

Rick Upchurch a beau électriser le Superdome le temps d’un retour record pour un Super Bowl de 67 yards, Craig Morton passe à deux doigts de réaliser un incroyable quintuplé. Assiégé par un pass rush qui use de toutes les ruses imaginables. Linebacker blitz. Safety blitz. Tout le monde se rue sur lui. N’importe qui, n’importe quand. Abandonné par sa ligne offensive, il ne peut même pas compter sur un jeu au sol lui aussi pris à la gorge et totalement neutralisé pour lui donner un peu d’air. Red Miller en a assez vu. Pas de rédemption pour l’ancien Cowboy. Il ne finira même pas le drive. Le purgatoire. La cathédrale géante de La Nouvelle-Orléans s’est transformée en tombeau démesuré.

Norris Weese prend les rênes et quelques secondes plus tard, Rob Lytle trouve enfin la faille. 20-10. Dans la foulée, Tom Jackson engloutit Staubach, Rubin Carter bondit sur le ballon et les joueurs du Colorado pensent enfin avoir fait basculer le momentum dans leur camp. Trois passes ratées plus tard, ils doivent punter. Leur chance est passée. Malgré un nouveau stop en défense, Weese se fait gober vivant par Harvey Martin et perd le cuir. Sur l’action suivante, Staubach et son doigt brisé, écrasé par une chaussure, jettent le ballon dans les bras de Robert Newhouse, le fullback s’échappe vers la gauche, absorbe le secondary vers lui, se mue soudainement en quarterback pour une passe victorieuse de 29 yards dans les mains de Golden Richards, malgré une défense orange parfaitement en place, pas bernée par le trick play texan. 27-10. Jeu, set et match. Liquéfiés, les Broncos de la vibrante Orange Crush se sont transformés en jus d’orange passé date. Imbuvable. Indigeste. Après 3h35 de jeux en primetime, une première dans l’histoire du Super Bowl, et 6 ans de disette, la NFC est de nouveau sur le toit du monde.

La Nouvelle-Orléans. Des débutants. Comme en janvier 1972, Crescent City aura souri à la bande de vieux roublards de Tom Landry. Vainqueur 6 ans plus tôt, Craig Morton est au fond du gouffre. 4/15, 39 yards, 4 interceptions et un rating de zéro. Famélique. Risible. Triste, aussi. Débordée de toutes parts par un front four lancé dans une véritable chasse à l’homme, l’attaque du Colorado n’aura conquis que 156 yards. Péniblement. Sous les yeux de plus de 102 millions de téléspectateurs records pour événement sportif US, Morton vient de livrer l’une des pires prestations de l’histoire. Tenaillé par la pression et martyrisé par une Doomsday Defense au verdict impitoyable. Époustouflés par la démonstration de force de la défense, les votants demandent à la ligue de sacrer les 11 titulaires MVPs. Refus catégorique. Seuls deux joueurs peuvent être honorés. Ce sera Randy White et Harvey Martin.

Super Bowl IV, V, VI, VII, VIII, IX, XI et désormais XII. Pour la 8e fois en près d’une décennie, le Big Game vient d’accoucher d’une finale sans grand suspense, ponctuée d’erreurs plus grotesques les unes que les autres. Indignes d’un match pour le titre. Une équipe en plein contrôle, une autre en pleine détresse. Le spectacle et la dramaturgie font cruellement défaut. Qu’attendent les scénaristes casqués des gridirons ? Vite !

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