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[Super Bowl Stories] Épisode XXIV : Le Couronnement

À 29 semaines du Super Bowl LII, épisode 24 de notre rétrospective exceptionnelle, le Super Bowl XXIV.

San Francisco 49ers (NFC) vs Denver Broncos (AFC) – 28 janvier 1990

Certains entretiennent méticuleusement le culte du succès, d’autres celui de la lose. Certaines franchises s’appliquent à garnir les étagères de leur sale des trophées, d’autres y entassent des vieilles reliques aux allures de grands regrets. Des breloques sans grande valeur qu’on laisse prendre la poussière sans trop de remords. Le Super Bowl XXIV, c’est un peu la rencontre de ces deux mondes. Celui qui gagne à n’en plus finir contre celui qui n’en finit plus de se casser la figure. Un choc des extrêmes.Super Bowl XXIV Logo.svg

Le jour du Seigneur

Sacrés dans la nuit venteuse de Miami un an plus tôt, les 49ers ont perdu leur guide suprême, mais pas leurs ambitions. Bill Walsh parti se la couler douce avec des breloques plein les doigts, c’est George Seifert, ancien coach des arrières défensifs puis de tout la défense pendant 8 saisons, biberonné au football génial du vieux Bill, qui reprend les commandes. Et en bon padawan, il va dépasser le maître. Ou plutôt faire fleurir son glorieux héritage.

« C’est le George Bush des coaches, » raconte le linebacker Michael Walter. « Il fait les choses de façon plus posée, plus douces. Il est descendu de la tour d’ivoire. »

14 victoires, 2 défaites d’un cheveux à la maison, les Golden Boys sont injouables. Seuls les Rams (12-13) et Packers (17-21) ont l’audace de venir toquer à leur porte pour leur demander de baisser le son.

Toute puissante sur la route pavée d’or menant au Graal un an plus tôt, l’attaque de la baie n’a rien perdu de sa superbe. Si dans la Bible, Dieu s’enfonce dans un transat, fait tomber la chemise et sirote une piña colada au 7e jour, dans la NFL, Dieu brille de mille feux le dimanche. Sa journée. Son royaume. Dieu Montana balance plus de 3500 yards, 26 touchdowns et 8 toutes petites interceptions. 112,4. La meilleure évaluation jamais conquise par un quarterback en une saison régulière. Avec son bras, mais aussi ses jambes, le passeur s’empare avec autorité d’un titre de MVP qui sonne comme une évidence et d’une couronne de Joueur Offensif de l’Année toute aussi incontestable. Irrésistible, Joe règne sur la NFL. Un règne sans partage. À l’autre bout du ballon, le Fils. 82 réceptions, 1483 yards et 17 touchdowns. En véritable glouton, Jerry Rice dévore les yards par poignées.

Star souvent injustement oubliée du Super Bowl XXIII, Roger Craig le Saint Esprit continue de flotter au-dessus du terrain. Au sol, dans les airs, le coureur amasse plus de 1500 yards et croise 7 fois la ligne. De trident offensif articulé autour de son dieu vivant de quarterback, de son goat de receveur et de son running back à tout faire un an plus tôt, l’attaque californienne se transcende et va chercher des idées ailleurs, étoffe son arsenal. Souvent cantonné à un simple rôle de retourneur de punt durant ses deux premières campagnes, John Taylor monte en grade et explose. En 60 réceptions, il éclipse la barre des 1000 yards et trouve 10 fois la peinture. Le tight end Brent Jones et le fullback Tom Rathman apportent eux aussi leur pierre à un édifice offensif de plus en plus imprévisible et dévastateur. Trop d’options, trop de possibilités, trop de talent. Même Steve Young, la doublure de luxe de Joe, s’invite à la fiesta et profite de son petit temps de jeu pour lancer 1001 yards, 8 touchdowns et 3 interceptions. Attaque la plus dynamique (6268 yards) et la plus prolifique de la ligue (442 points), San Francisco étend chaque semaine son emprise sur la NFL.

Du talent à n’en plus finir en attaque, mais pas seulement. Depuis leur premier sacre du Super Bowl XVI, la défense sa calque sur la férocité du serial hitter Ronnie Lott et la tenue de route impeccable d’un Eric Wright sans âge. Deux monstres du fond du terrain épaulés par le dynamisme de Charles Haley et Pierce Holt, duo de rushers aux 21 sacks, et Matt Millen, sa moustache et ses deux bagues cueillies de l’autre côté de la baie. Moins impressionnante, mais toute aussi bien organisée que l’attaque, la défense se hisse sur le podium de la ligue et ne concède que 253 points. Un football total qui va dégoûter les Vikings et leur meilleure défense aérienne de la ligue dans un carnage dont Dieu Montana a le secret. 41-13. Cinglant. En finale de conférence, face à des Rams qui les avaient fait chuter en semaine 4, même punition. 30-3, un récital aux allures de répétition générale. Les 49ers iront défendre leur bien. Joe et Ronnie iront conquérir leur quatrième bague. Malheur à ceux qui se dresseront sur leur chemin.

Malheur. Un refrain que les Broncos ne connaissent que trop bien. Un synonyme de Super Bowl dans le Colorado. Écartelés lors de chacun de leurs trois Big Games, les canassons des Rocheuses n’ont qu’une peur au ventre : rejoindre les Vikings dans le club maudit des franchises à perdre quatre Super Bowls. Après leur double uppercut des éditions XXI et XXII, les hommes de Dan Reeves repartent au combat. Groggys, mais pas encore K-O. Malgré un exercice 88 qui s’achève à l’équilibre (8-8) et sans playoffs, les Broncos se renforcent, injectent du sang frais et remontent sur le ring des séries dès la saison suivante. Portés par la fougue d’un John Elway souvent maladroit, mais décidé à vaincre le signe indien, ils s’imposent 11 fois et reprennent le trône de l’AFC Ouest.

Emprunté et irrégulier, le quarterback peut compter sur l’énergie débordante de Bobby Humphrey. Drafté en provenance d’Alabama, le rookie galope 1151 yards au sol, en ajoute 156 de plus dans les airs et marque 8 fois. Un véritable pur sang. Un atout puissance qui avait fait cruellement défaut aux Broncos un an plus tôt. Si l’attaque aérienne tire un peu de l’aile parfois, le vétéran Vance Johnson plane, lui. 76 réceptions, 1095 yards et 7 touchdowns, il signe la meilleure saison de sa carrière. Pendant ce temps-là, John Elway joue à gâcher son talent à coup d’interceptions et de mauvais choix. 18 ballons perdus, autant que de touchdowns, et une évaluation de 73,7 indigne d’un joueur de sa trempe. Heureusement, le blondinet peut compter sur une défense 2.0 intelligemment renforcée.

Commandée par Wade Phillips, l’escouade défensive s’est elle aussi armée d’un nouveau gros calibre. Denver tient son Ronnie Lott. Drafté au premier tour en provenance d’Arkansas, Steve Atwater, son mètre 91, ses presque 100 kilos et sa légendaire finesse musclent un secondary déjà sanguin, à l’image du vétéran Dennis Smith, vieux roublard aux contacts rugueux. Les 49ers sont prévenus.

« On va faire mal à (Jerry) Rice et (John) Taylor, » beuglera Smith à quelques jours du Super Bowl. « Ils n’ont pas pris beaucoup de coups durant les playoffs, mais quand ils attraperont une passe face à nous, ils s’en souviendront. »

Avec ses 129 plaquages, Awater le rookie habitué à roder près de la ligne de mêlée va métamorphoser une défense classée 27e contre la course en 88. En un an, les chevaux des Rocheuses vont bondir de 20 places et s’imposer comme l’une des escouades les plus emmerdantes à piétiner. Seules les prouesses du Chief Derrick Thomas priveront Steve de la couronne de Rookie Défensif de l’Année. Sur la ligne, débarqué en provenance de Tampa, Ron Holmes signe 9 sacks et s’impose comme un complément parfait au linebacker Karl Mecklenburg, au defensive end Simon Fletcher et leurs 19,5 sacks cumulés.

Malgré un mois de décembre inquiétant qui se solde par trois revers et un seul succès, les Broncos rebondissent après un décevant 8-8 et foncent en playoffs. De maladroit, à la limite du méconnaissable parfois, John Elway va se muer en machine de guerre. Au premier tour, il orchestre une remontée de la dernière chance de 71 yards pour voler la victoire aux Steelers de Chuck Noll, au bout du suspense. Au tour, suivant il retrouve de vieilles connaissances. Les Browns. Pas besoin de The Drive ou The Fumble cette fois-ci. Johnny Boy défonce purement et simplement Cleveland et achève rapidement tout suspense au terme d’une rencontre d’un maîtrise épatante. Et si le tour des Broncos était enfin arrivé ?

« Ça pourrait bien être la deuxième plus grande surprise dans l’histoire du sport, » prophétise Dan Reeves. « Nous pourrions faire comme l’équipe nationale de hockey américaine a fait contre la Russie (en référence au Miracle on Ice des JO de 1980, ndr). »

Jamais trois sans quatre

Malgré la performance ébouriffante d’Elway en finale de conférence, personne ne croit vraiment aux chances de Denver. Entre une faible adversité (des Steelers à 9-7 battus difficilement et des Browns à 9-6-1 qui auront donné quelques sueurs froides) et un passé pavé de déroutes en finale, les pronostics leur tournent gentiment le dos. Surtout, qui dans la NFL peut bien réussir à détrôner Joe Montana et son armada ? Pareille équipe existe-t-elle ? Réponses sceptiques. Ils sont les meilleurs. Et de loin. Il faudrait un miracle. Et depuis ses premiers pas, le Super Bowl n’est pas vraiment habitué à ce genre de scénario.

Dans un Superdome de La Nouvelle-Orléans dans lequel Dieu Montana ne s’est jamais incliné (7-0, Saints et 49ers sont rivaux de division à l’époque), la machine dorée de la baie se met rapidement en branle. Après un stop express en défense, le quarterback se promène dans la défense du Colorado. Une remontée de 66 yards, les 20 derniers dans le stickum de Jerry Rice. Létal. Et déjà l’impression que ça n’est que le début d’une longue série. Le jeu physique et violent des defensive backs de Denver, les Californiens s’y sont parfaitement préparés. Surtout, ils ont remarqué que jamais ils n’essayent de se lier. Tout ce qu’ils veulent, c’est frapper, faire mal. Une faille tactique et technique que Rice & Co vont parfaitement exploiter en esquivant, encaissant et rebondissant contre les percussions violentes, mais imprécises de la défense orange. 22 yards en puissance au sol et une shovel pass transformée en gain de 27 yards par Bobby Humphrey, la plus longue du match pour John Elway et la seule passe complétée de ses 7 premières tentatives. Les Broncos comblent légèrement l’écart. 7-3. Et quand un receveur du Colorado s’enfuie le long de la ligne de touche, tout le monde s’attend à voir John et son bras surpuissant balancer une ogive parfaitement ajustée. Raté, le ballon tombe deux yards en arrière, trop court.

« Quand j’ai vu ça, j’ai su que quelque chose clochait chez lui, » se souvient Ronnie Lott. « Jamais il ne doit rater cette passe. »

Gagnés par la confiance après un stop rapide en défense, les joueurs de Dan Reeves se relâchent, Humphrey échappe le cuir et le donne en offrande au Seigneur. Plus qu’un ballon, c’est le match que viennent d’échapper les canassons. 10 jeux après le fumble, Montana envoie Brent Jones dans la peinture. La conversion de Mike Cofer s’enfuie à droite des poteaux. Une rare erreur. La seule. Le reste ne sera que perfection. Un leçon de football devant plus de 73 millions de téléspectateurs. Nouveau punt, nouveau drive à se pâmer. Le ballon semble voué à revenir inexorablement dans les mains de Joe. Et chaque fois, le terminus est le même : la endzone.

Tom Rathman, le fullback soupape de sécurité, s’offre son quart d’heure de gloire, fait remonter les siens à toute vitesse dans les airs, éclaire le match d’une délicieuse réception dans le trafic, à une main et dans son dos, avant de croiser la ligne au sol. 20-3. Il reste moins de 2 minutes à jouer dans un premier acte qui aura défilé à toute allure. Vite. Trop vite pour un John Elway sans solutions et une défense désarmée. Mis sur orbite par un joli retour de punt de John Taylor, les chercheurs d’or frappent un ultime coup de pioche avant la pause. Joe Montana, Jerry Rice, 38 yards, touchdown. Un vieux refrain. Un tube qui ne vieillit pas dans la baie de San Francisco. 27-3. Il reste 30 minutes, mais le match semble déjà plié. L’attaque californienne marche sur l’eau, la défense de Denver se noie.

« Homme-à-homme, zone, two-deep zone, three-deep zone, on aurait pu tout essayer, » concédera Wade Phillips. « Ils auraient pu aligner un seul receveur sur l’extérieur et nous neuf types sur la ligne, on aurait quand même été incapables de les arrêter. »

Dans le froid et la neige du Minnesota, les Vikings sourissent. Ils ne sont plus les seuls grands maudits de la NFL. Dans leur malheur, ils se sont trouvés un allier.

San Francisco 89ers

Au retour des vestiaires, la défense californienne emboîte le pas de son attaque et Michael Walter intercepte John Elway sur la première passe de la période. Sur l’action suivante, Joe Montana envoie Jerry Rice batifoler dans la peinture pour la troisième fois, 28 yards plus loin. Une double action qui résume tout. D’un côté, l’obscurité totale ; de l’autre, la lumière éclatante. Celle d’un dieu vivant frappé du numéro 16. Elway retourne au charbon, la mine sombre, le regard bas, le temps d’envoyer une nouvelle passe dans les mauvaises mains, celles de Chet Brooks, qui s’envole 38 yards avant d’être stoppé sur la ligne de 37 de chevaux à l’agonie. Deux jeux plus tard, Joe Montana mystifie Steve Atwater sur une pump fake magistrale dans la direction de Rice pour mieux expédier une ogive de 35 yards dans les mains d’un John Taylor extatique. 41-3. Carnage absolu. Les 49ers ne feront aucun survivant. Pire, ils viennent de marquer leur troisième touchdown en utilisant la même action.

« C’était presque le même tracé, » commentera Steve Atwater. « D’un côté, un receveur qui exécute un tracé court et le safety qui mord à l’appât ; et de l’autre, l’autre receveur qui réalise une longue route vers les poteaux et embarque l’autre safety avec lui. »

Une courte passe vers Vance Johnson, un déboulé de 34 yards de Bobby Humphrey, une interférence défensive et le répit, enfin. John Elway comble les 3 derniers yards à la marche et réduit un écart devenu insurmontable. Les Broncos sont dans l’œil du cyclone. Mais plus pour longtemps. 11 jeux, 75 yards et près de 6 minutes plus tard, Rathman s’offre un doublé au terme d’un énième drive à pleurer. Génial. Inarrêtable. Le football déployé par les Niners est d’une précision sans faille. Une partition jouée à la perfection. Deux sacks, un fumble recouvert à un yard de l’en-but et Roger Craig frappe pour la dernière fois. 55-10. Le score est scellé. Les Broncos gisent au sol. Terrassés, humiliés, honteux. Dans leurs têtes, un grand vide. Dans leurs cœurs, une détresse immense. Un sentiment d’impuissance terrible. Et surtout, un sentiment de déjà-vu.

« Les 49ers ont fait ce à quoi tous les experts s’attendaient : ils nous ont marché dessus, » concédera Dan Reeves. « Ils jouent à un niveau que peu d’équipes ont jamais atteint un jour. Ils jouent mieux que quiconque n’a jamais joué. Ils sont incroyables. »

Et les chiffres sont là pour le confirmer. 461 yards et 39 minutes et 31 interminables secondes de possession d’un côté. De l’autre, des miettes. 167 yards, 12 petits premiers essais, un 10/26 et une évaluation de 19,4 faméliques pour John Elway. Un gouffre sans fond. Malgré un formidable Jerry Rice, c’est le génial Joe Montana et ses 5 touchdowns records qui repartiront avec le titre de MVP au volant d’une 1990 Red Buick Reatta. Jamais intercepté, jamais sacké, jamais véritablement embêté, à peine effleuré, le quarterback aura plané au-dessus d’une défense du Colorado spectatrice impuissante de sa propre mise à mort. Avec encore 11 minutes à jouer, George Seifert et son grand cœur ordonnent à son quarterback d’aller savourer sur le banc.

« Je crois bien qu’ils m’ont peut-être touché une fois, » lâchera le passeur. « Avec une ligne offensive pareille je pourrais jouer jusqu’à mes 40 ans. »

Rois des 80’s, Empereurs de la NFL, les Niners jubilent. En une décennie, ils auront conquis 4 breloques et étendu leur pouvoir sur toute la ligue à coup de football léché porté par des stars à faire battre le cœur de tout amoureux un temps soi peu objectif du ballon à lacet. Extase d’un côté, dépression de l’autre. Car pendant que les 49ers et la NFC s’éclatent, l’AFC tire sérieusement la gueule. Depuis le sacre des Raiders en janvier 84, elle n’a de cesse de se prendre branlée sur branlée. En dehors d’un Super Bowl XXIII haletant, l’Américaine se sera mangé un joli 44-13 de moyenne. Un affront immense. Toute puissante à l’orée de la décennie 80, portée par des Steelers, Raiders et Dolphins maîtres absolus des années punk, elle s’effondre un peu plus sur elle-même chaque année. Incapable de faire honneur à son glorieux héritage. Spectatrice impuissante de l’avènement de 49ers géniaux.

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