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Declarations Kansas City Chiefs

Laurent Duvernay-Tardif (Chiefs) : « La médecine et le football sont extrêmement complémentaires »

À 48h de son retour à Kansas City, Laurent Duvernay-Tardif avait donné rendez-vous aux médias dans la bibliothèque Osler de l’université McGill. TouchdownActu était présent pour l’écouter parler de sa double vie d’étudiant en médecine/footballeur, évoquer l’intersaison mouvementée du côté de KC et se tourner vers l’avenir après deux dernières campagnes au goût d’inachevé.

En chaussures bateaux, short bleu et chemise fleurie, le guard des Chiefs savourait ses quelques jours de vacances avant la reprise. Sa dernière rotation de médecine achevée vendredi, LDT s’attaque déjà aux préparatifs de la nouvelle saison, sa quatrième dans le Missouri. Morceaux choisis de son intervention.

Préparation mentale, physique et excitation

« Ça va bon train, c’est sûr que je pense que le plus gros préparatif c’est l’état mental, la préparation psychologique pour être concentré en arrivant (au camp d’entraînement). J’ai fini la dernière année clinique de mon cursus vendredi dernier, en anesthésie. Aujourd’hui je suis à McGill pour faire un cours de santé publique qui va durer deux jours. Je m’en vais vers Kansas City mercredi matin, début du camp d’entraînement jeudi à 14h.

Dire bye à la famille, aux amis, c’est important. Ça l’est tout autant de se reposer. J’ai terminé des rotations cliniques un petit peu plus exigeantes à l’hôpital. Les 48 prochaines heures, je suis libre. C’est important pour amorcer la transition. 24h après mon arrivée à Kansas City je serai déjà sur le terrain, donc c’est super important de bien gérer la transition et de faire monter l’excitation pour le camp d’entraînement tout en sachant que ça va être difficile. La médecine est tellement exigeante intellectuellement parlant, qu’à un moment donné tu as juste hâte de faire la transition vers le côté plus physique du football. J’ai bien hâte de retourner à Kansas City, on a une belle équipe cette année, beaucoup de responsabilités aussi avec le nouveau contrat. J’ai hâte de retrouver les amis et le rythme du football.

On ne se cachera pas, le camp d’entraînement est une épreuve extrêmement difficile physiquement et mentalement, on est un des seuls camps d’entraînement qui est en retrait de Kansas City, qui n’est pas au training facility même, on dort dans des dortoirs, les horaires sont assez chargés. Je sais que ça va être difficile, mais je me prépare comme si c’était un marathon. Tu dois te convaincre que c’est une étape nécessaire pour ton développement, que ça va être payant en décembre. C’est important de foncer et de se concentrer sur chacun des jeux pour devenir un meilleur joueur de football.

Le mois d’été entre le camp de printemps et celui d’entraînement est toujours le plus difficile pour moi. En sortant du camp de printemps, tu es au sommet de ta forme, tu t’entraînes tous les jours depuis deux mois, tu t’es habitué à la chaleur, à courir dehors, à porter ton casque de football. Revenir à Montréal, se lever tôt, faire ma rotation d’été en anesthésie, finir relativement tard et trouver l’énergie malgré tout pour aller t’entraîner par ce que tu sais que le début de la saison 2017 n’est que dans un mois, c’est quelque chose de stressant et qui demande des sacrifices. »

Avec l’argent, viennent les responsabilités

« Je pense que mes premières années dans la ligue, mes objectifs étaient surtout d’ordre personnel. Maintenant, rendu à ma quatrième année, je comprends mieux le système de jeu de l’équipe et mes objectifs sont davantage tournés vers le collectif. Je vais essayer de porter l’équipe encore plus et de faire que notre saison se poursuive jusqu’en février prochain.

Le nouveau contrat est tel que mon jeu doit être à la hauteur du montant d’argent pour lequel j’ai signé. La constance est maintenant le nouveau mot d’ordre, je me dois d’être performant. Avant bien jouer 9 jeux sur 10 était très bon, maintenant on vise 9,5. Comme je le disais, mes objectifs maintenant sont plus d’ordre collectif, je dois assurer la cohésion au niveau de la ligne offensive plus que me fixer des buts personnels à atteindre.

Ça va être la première fois que je vais jouer à côté du même centre et du même tackle droit deux saisons consécutives. C’est immense d’avoir de la stabilité sur la ligne offensive. Ça fait toute la différence, rien qu’au niveau de la cohésion d’équipe. Nous avons été capables en deuxième moitié de saison de bien protéger Alex Smith, ce qui n’avait pas nécessairement été le cas dans la première moitié, et c’est dû à la chimie, à la cohésion sur la ligne offensive. C’est vraiment crucial. La ligne offensive c’est cinq joueurs qui jouent comme un seul homme, sans statistique individuelle, dans un rôle déterminant pour toute l’attaque. »

Football et médecine, deux vies à conjuguer

« La rhétorique médicale est différente que le langage sur la ligne de mêlée. […] Quand je suis arrivé à Kansas City, il y avait beaucoup de points d’interrogation quant au fait que je sois francophone, par rapport au fait que j’étudiais en médecine et ça a pu freiner mon intégration au sein du vestiaire. Je suis resté moi même, et maintenant ces freins là se sont relâchés, les gens comprennent ce que je veux faire, ont de la curiosité pour la médecine, mais aussi pour Montréal. Ça n’est pas anodin je pense que quatre des joueurs de la ligne offensive soient venus ici, prendre le pouls de cette ville que je défends et valorise beaucoup.

Les postes sur la ligne offensive ne sont pas les plus prestigieux, mais l’histoire de médecine qui vient avec offre quelque chose d’unique qui intéresse de plus en plus les médias américains. […] La NFL te donne une tribune pour parler de ce que tu défends, que ce soit ma fondation, mon parcours, la promotion des saines habitudes de vie. […] Mon rôle dans le vestiaire c’est avant tout de jouer au football. Et avant d’essayer de faire des diagnostics, mon rôle c’est d’abord de vulgariser, d’expliquer dans des termes simples comment telle blessure osseuse va impacter ta mobilité et ta biomécanique.

Le plus dur chaque année, c’est de revenir à McGill en tant que simple étudiant et de voir des résidents en troisième année avec qui j’étais quand j’ai commencé. Créer un décalage d’une année avec eux tous les ans c’est difficile. En même temps je pense que j’ai une bonne raison. Ça m’aide à oublier ça, mais j’ai définitivement hâte d’être diplômé. C’est quelque chose que je m’étais promis de faire et je me rends compte que j’en suis tout proche. Je viens de terminer mon dernier quart de travail à l’hôpital en tant qu’étudiant en médecine vendredi dernier et je me suis rendu compte – ce qui est quand même fou – que la prochaine fois que je rentrerai dans un hôpital ce sera en tant que médecin si tout va bien. À chaque intersaison je me rapproche du but et je suis extrêmement fier de me dire qu’en 2018 je serai diplômé. »

Deux mondes pas si différents

« Il y a toujours une ligne de communication d’ouverte entre mes entraîneurs à Kansas City, mon entraîneur à Montréal puis moi. Évidemment j’ai un peu plus de flexibilité au niveau de mon horaire du fait de mes études. C’est primordial pour moi de m’assurer qu’en arrivant au camp d’entraînement je sois en forme physiquement et que j’aie l’état d’esprit qu’il faut pour bien attaquer des prochaines semaines qui vont être difficiles.

Professionnellement parlant c’est compliqué de revenir à la médecine, de devoir me détacher de mon rôle de joueur de football. C’est compliqué parfois dans ma relation avec mes patrons, dans ma relation avec les patients, mais c’est un beau défi aussi. C’est le meilleur des deux mondes. […] C’est très complémentaire. L’espèce d’étude analytique très logique du football est complémentaire à une médecine elle aussi très logique, mais qui implique aussi beaucoup de par cœur, d’anatomie, de pharmacologie. Je pense que ça se marie super bien ensemble. Je dit souvent ça pour rire, mais c’est vrai qu’un joueur de ligne offensive prend souvent plus de notes en meeting que je n’en prends quand je suis à l’hôpital. Les gens ne réalisent pas toujours, mais nous passons plus que 50% de notre temps devant des écrans à regarder des films de match, prendre des notes, apprendre des stratégies, apprendre des statistiques. Je ne me lasse jamais de discuter avec les statisticiens de l’équipe. C’est fou à quel point tout est quantifiable et transposable en chiffres. C’est ça qui fait du football un des sports les plus stratégiques au monde. »

À quoi s’attendre pour les Chiefs en 2017 ?

« Nous nous sommes qualifiés en séries la saison passée avec une semaine de repos bien méritée. Ma première année nous ne faisons pas les playoffs, la deuxième nous nous qualifions en wild card et l’année dernière nous faisons main basse sur la division, ce qui est quand même un exploit dans une AFC Ouest très compétitive. Je pense que nous sommes sur la bonne voie. Nous avons enregistré quelques bons renforts et possédons des futures stars qui se sont illustrées dès leur première saison, je pense à Tyreek Hill notamment. Ce sont des joueurs qui vont offrir beaucoup plus d’explosivité en attaque. Je pense que nous avons tout ce qu’il faut marquer des points, bien défendre et aller loin en séries.

Les échecs des deux dernières années ont été durs à encaisser. Le football ça n’est pas comme dans les autres sports qui se jouent au meilleur des 7 matchs. Tout se joue sur un match, en 60 minutes. L’année dernière contre les Steelers, ils ne marquent pas le moindre touchdown. Nous avons commencé comme des lions, après ça nous n’avons plus rien fait avant de revenir fort en fin de partie et nous ne perdons que de deux points. Ce sont des choses difficiles à avaler en tant qu’équipe, mais aussi d’un point de vue personnel. C’est aussi ça qui te motive. Quand tu reviens à Montréal, il fait froid, tu travailles à l’hôpital, mais tu trouves la motivation d’aller t’entraîner le soir au lieu d’aller te coucher grâce à ça. Nous avons gagné en maturité en apprenant à perdre en séries éliminatoires. »

Von Miller, Khalil Mack et Joey Bosa deux fois par an

« On dit souvent en rigolant qu’être joueur sur la ligne offensive des Kansas City Chiefs ça implique d’affronter des linemen défensifs extrêmement talentueux. Et c’est sans compter les Dolphins, Jets, Patriots et Texans que nous allons jouer cette année. Se frotter à des joueurs de ce calibre, collectivement comme individuellement, c’est ce qui fait de toi un joueur reconnu ou non partout dans la ligue. […] Nous allons jouer beaucoup de très bonnes équipes cette année, beaucoup de matchs en primetime, les lundi, dimanche ou jeudi soir. En tant qu’équipe qui vise une finale, c’est ce que tu veux. Tu veux être reconnu comme un prétendant. You want to beat the best in order to be the best. »

En vrac

Jeremy Maclin et John Dorsey

« Tout le monde a été surpris, que ce soit pour Jeremy Maclin ou John Dorsey, ce sont des nouvelles qui nous ont tous choqués pendant la saison morte. D’un autre côté, en tant que joueurs, nous sommes là pour tout donner sur le terrain, pas pour critiquer. Tout le monde est conscient de ça. En tant que joueur tu dois comprendre que c’est l’aspect business du football, tu peux rien y faire. Je suis content que Jeremy ait signé à Baltimore, je suis content qu’on ait pas à jouer contre lui non plus, parce que c’est un joueur au talent incroyable. Je lui souhaite le meilleur là-bas. »

Les Raiders à Vegas

« C’est sûr que le fameux Black Hole d’Oakland c’est un stade mythique, où tu peux te retrouver à jouer sur un terrain de baseball quand t’y vas en septembre. Ça va prendre du temps pour s’habituer à ne plus dire Oakland Raiders. Ça fait partie de la réalité du sport, il faut aller là où se trouvent les opportunités. Je suis content que les Chiefs soient une organisation bien établie à Kansas City. La NFL c’est une économie de marché, n’importe quelle entreprise peut déménager son siège social où elle le veut, c’est partout pareil. C’est triste à dire, mais ça fait partie de la nature capitaliste du monde. C’est sûr qu’il y a eu des fans tristes à St. Louis, mais aussi des heureux de retrouver leurs Rams à Los Angeles. »

Propos recueillis à Montréal, par Axel Perrichet.

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