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[Super Bowl Stories] Épisode XXXII : John, Hell Yeah !

À 21 semaines du Super Bowl LII, épisode 32 de notre rétrospective exceptionnelle, le Super Bowl XXXII.

[Super Bowl Stories] Épisode XXXII : John, Hell Yeah !

À 21 semaines du Super Bowl LII, épisode 32 de notre rétrospective exceptionnelle, le Super Bowl XXXII.

Green Bay Packers (NFC) vs Denver Broncos (AFC) – 25 janvier 1998

De chevaux sauvages et fougueux, les Broncos n’en ont que le nom et l’apparence. Puissants, fiers, majestueux, athlétiques, rapides, dominants, ils le sont. Mais quand viennent les séries, les équidés des Rocheuses se métamorphosent en canassons tout juste bons à vous emmener en balade sur le bord de la plage par une douce soirée d’été. Le Super Bowl, ils l’ont connu 4 fois. Chaque fois, une issue fatale. Dépassés, terrorisés par l’enjeu, jamais les Chevaux n’ont su dompter la pression et franchir l’oxer. Jusqu’à quand ?

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Choc des générations

Revenus de près de trois décennies d’hibernation dans le monde de l’oubli, les Packers reprennent vite goût au succès. Le Super Bowl XXXI n’était que l’amuse-gueule, il est temps de passer au plat principal. Malgré un mois de septembre au cours duquel ils transforment le Lambeau Field en forteresse imprenable, les hommes de Mike Holmgren s’inclinent deux fois sur la route. La prédiction de LeRoy Butler ne se réalisera pas. Après une présaison impressionnante et conclue sans le moindre revers (5-0), il n’y aura pas de 19-0.

« Chaque jour on parle de notre incroyable potentiel, » confiait le safety à la presse le 31 août 1997, à l’aube de la saison. « Aujourd’hui, nous caressons l’idée de demeurer invaincus. Gagner chaque rencontre est vraiment devenu un de nos objectifs. »

Objectif raté dès la semaine 2. Et à force de gagner à domicile et perdre à l’extérieur, les Cheesers risquent bien d’également rater l’objectif séries. Mais voilà, ce rythme là ne va pas durer bien longtemps. Du reste de la saison, il ne s’inclineront qu’une fois. Au RCA Dome. Vaincus par des Colts pourtant en route vers le pire bilan de la ligue et la meilleure nouvelle de leur histoire dans l’Indiana (aka Peyton Manning) au terme d’une orgie offensive enthousiasmante (38-41). 13-3. Injouables et invaincus dans leur antre glacée pour la seconde saison d’affilée, les fesses bien au chaud sur la plus haute marche de la NFC Nord, les Packers sont de retour. Pour de bon.

Portés par un Brett Favre qui n’en finit plus d’épater par sa fraîcheur et sa maturité, ils piétinent la concurrence. Le quarterback est magistral. 304/513, 3867 yards, 35 touchdowns, 16 interceptions. S’il doit partager le titre de MVP avec le génial Barry Sanders, il devient le premier joueur de l’histoire a être sacré meilleur joueur de la saison pour la troisième fois. Et consécutivement s’il vous plaît ! Artificier en chef d’une attaque à tout péter, il fait briller un Antonio Freeman qui n’en finit plus de martyriser les défenses adverses. 81 réceptions, 1243 yards et 12 touchdowns. Le meilleur pote de Brett Favre. Son meilleur allier. Mais pas le seul. Après une campagne 96 ruinée par un genou parti en éclat, Robert Brooks conquit 1010 yards dans les airs, marque 7 fois et est nommé Comeback Player of the Year. Derrière ce beau monde, Dorsey Levens vit la plus belle saison de sa vie. Propulsé titulaire par la blessure d’Edgar Bennett en présaison, il engloutit 1435 yards au sol et marque 7 fois en route vers le premier Pro Bowl de sa carrière. Attaque totale.

Porté par son Ministre de la Défense Reggie White, le rideau défensif tourne sur courant alternatif. Capable de prendre l’eau dans la défaite comme dans la victoire, il peut aussi fermer les écoutilles et se révéler tout simplement infranchissable. Mais avec une attaque aussi violente, rien de bien problématique. En bon leader, White arrache 11 sacks et montre l’exemple pendant que le quatuor de defensive backs formé par LeRoy Butler, Eugene Robinson, Mike Prior et le rookie Darren Sharper intercepte et plaque tout ce qui passe dans son sillage. Suréquipés en attaque, bien équipés en défense, les Packers écartent les Buccaneers sans trembler avant de maîtriser avec autorité les 49ers de Steve Young et Jerry Rice dans ce que beaucoup considèrent comme le véritable Super Bowl. Car depuis 13 ans, l’AFC s’est transformée en paillasson d’une NFC surpuissante. Monarque absolue d’une NFL en plein âge d’or. Le doublé tend les bras aux Packers. Tout le monde le prédit. C’est sans compter sur la hargne et les années de frustration accumulées par un blondinet aux tempes grisonnantes.

Vaincu, mais jamais abattu. Trois fois, John Elway a vu son rêve voler en éclat. Brisé en mille morceaux. Super Bowl XXI. Super Bowl XXII. Super Bowl XXIV. Trois Big Games, trois grosse fessées. Jamais ses Broncos n’auront fait illusion. Systématiquement dépassés, incapables d’établir leur jeu au sol, de dicter leur propre football. Trois défaites aux allures de mises à mort humiliantes. De son histoire, Denver n’a jamais mis la main sur le Trophée Lombardi. Quatre Super Bowls, quatre revers. Il est temps de s’extirper du club de la honte et d’y laisser les pauvres Bills et Vikings. À 37 ans, l’ancien prodige de Stanford est devenu un vétéran aguerri déterminé à ne jamais raccrocher avant d’avoir comblé le vide immense qui trône au sommet de son palmarès.

Promu head coach en 1995, l’ancien coordinateur offensif des Broncos au début des 90’s puis des rutilants 49ers Mike Shanahan va redonner un coup de fouet à des canassons en manque de panache. Après une première campagne à l’équilibre, les chevaux des Rocheuses décrochent 13 succès et le titre de l’AFC Ouest avant de se faire claquer la porte au nez dès le premier tour par des Jaguars encore en couche-culottes. Dur à avaler. Mais la franchise de Denver revit. Plus qu’un coup d’arrêt, ce revers surprise va servir de leçon. Dans la foulée d’un Terrell Davis premier choix de Shanahan dans ses nouvelles fonctions et pierre angulaire des Broncos nouvelle version, l’attaque écrabouille tout sur son passage. 5872 yards, 472 points, près de 30 pions par match. La meilleure de toute la ligue. Joueur Offensif de l’Année un an plus tôt, le coureur n’en finit plus de régaler au terme d’une saison magistrale : 1750 yards et 15 touchdowns dans les airs, près de 200 de plus dans les airs, il est le véritable métronome de l’équipe. Mieux encore, il est ce après quoi les Broncos galopaient désespérément depuis des années. Ce qui leur faisait cruellement défaut. Une jeu au sol capable de distraire les défenses et d’ouvrir des brèches pour John Elway et ses gadgets.

Car malgré la quarantaine qui se profile gentiment à l’horizon, le quarterback n’a rien perdu de sa maestria. Il a même gagné en maîtrise et en précision. 3635 yards, 27 touchdowns, 11 interceptions, il orchestre à la perfection une attaque jouissante. Abonné des Pro Bowls depuis 92, le tight end Shannon Sharpe éclipse la barre des 1000 yards pour la 3e fois de sa carrière pendant que Rod Smith jaillit de nulle part. Non drafté en 1995 et après deux premières saisons anonymes, le receveur explose, attrape 80 passes, cavale 1180 yards et marque 12 fois. Planquée derrière une ligne offensive portée par le septuple Pro Bowler Gary Zimmerman et le centre Tom Nalen, l’attaque prend son pied.

Comme à Green Bay, derrière une escouade offensive qui plante presque systématiquement plus de 30 points, la défense de Denver n’a qu’à faire le boulot avec sérieux. Portée par les 17 sacks cumulés de Neil Smith, arrivé en provenance de KC, et Alfred Williams, les presque 100 plaquages de John Mobley et toute l’expérience de la doublette Steve Atwater/Tyrone Braxton dans le fond du terrain, la défense s’applique à ne pas saper le travail de destruction massive de ses potes de l’attaque. Un cocktail explosif et réjouissant qui cartonne. Un, deux, trois, quatre… les succès s’accumulent à une vitesses supersonique. Après 6 semaines parfaites, les Broncos tombent en congé sans le moindre revers. Malgré 4 défaites loin de leurs bases et un titre de division qui leur échappe, ils tiennent leur ticket pour les séries. Un ticket tout au fond. Pour soulever le Trophée Lombardi, il leur faudra gagner quatre fois. Les Jaguars vengés au premier tour, les Chiefs champions de l’AFC Ouest terrassés au forceps, les Steelers écartés au courage, Denver s’envole pour le sud de la Californie. Le titre est promis aux Packers ? C’est ce qu’on va voir.

Ultimate Football

Donnés vainqueurs par 11,5 points, les Cheesers enfilent leur uniforme de favoris sans trembler et attaquent la rencontre comme des grands. Brett Favre maintient le drive en vie en trouvant les mains d’Antonio Freeman, Dorsey Levens dévore 27 yards en trois courses et la doublette Favre/Freeman frappe de nouveau. 13 yards qui les rapprochent dangereusement de la redzone, puis 22 qui les téléportent dans la peinture sur une passe délicieuse dans le fond de l’en-but. Vite fait, bien fait. Une série gagnante d’entrée de jeu, le Super Bowl n’en avait connu que deux par le passé. Dans un duel d’attaques XXL, la réplique est cinglante. Matraqués de questions sur un éventuel nouveau revers, les pur-sangs ont la bave aux dents. Le coureur Vaughn Hebron remonte 32 yards dès le coup d’envoi pour mettre rapidement les Broncos en posture idéale. Bien aidé par un holding du cornerback Doug Evans, John Elway avance au pas avant de libérer Terrell Davis pour une course tranchante de 27 yards dans la foulée d’une ligne offensive de titans. Les équidés sont à deux pas de la endzone. Ils sentent le doux fumet du gazon fraîchement peinturé. Davis un coup, Elway l’autre. Les deux hommes se relayent au sol, le running back croise la ligne. 7-7. Jamais dans l’histoire du Big Game les deux formations s’étaient répondues du tac au tac sur les deux premiers drives.

Dans une rencontre enlevée, Brett Favre est le premier à flancher. Sous la pression d’un pass rush sanguin, le quarterback expédie maladroitement une passe mollassonne au-delà de son receveur, directement dans les bras d’un Tyrone Braxton volant. Toss, patience, cut vers l’intérieur, spin move, à la maison, Terrell Davis le natif de San Diego fait l’amour à la défense des Packers, comble 29 des 45 yards qui séparent Denver de la peinture et contemple John Elway allonger ses longues foulées sur un bootleg d’école. Sonné après un contact rugueux avec LeRoy Butler, Davis n’a plus tous ses esprits et toute sa vision. Des étoiles dans les yeux, il est tout de même envoyé sur le terrain par Mike Shanahan pour jouer le rôle de diversion de luxe. Le piège fonctionne à merveille. Le running back embarque la défense avec lui vers le cœur du terrain pendant qu’Elway s’échappe en trottinant sur la droite. 14-7.

Transcendés, les Broncos continuent de harceler un Brett Favre désarmé. Steve Atwater envoie le passeur au tapis sur un blitz sauvage, lui fait sauter le ballon des bras, Neil Smith plonge dessus. Turnover. Les chevaux des Rocheuses le sentent s’engouffrer dans leur crinière. Après des années d’humiliation, le vent du succès est enfin avec eux. Incapables de décrocher le moindre premier essai, les Broncos s’en remettent à la jambe bionique de Jason Elam et de 51 yards, le botteur creuse l’écart. Punt. Punt. Après une merveille de dégagement déposé sur la ligne de 5 par Tom Rouen, les Cheesers montent un drive de mammouths. 17 jeux, 95 yards, 7 minutes 26 et au bout, 7 points. Du grand art. Avec 12 secondes à jouer, Brett Favre envoie Mark Chmura dans la peinture. 17-14. Les deux formations s’enfuient vers le vestiaire. Boyz II Men, Smokey Robinson, Queen Latifah, Martha Reeves et The Temptations envahissent le terrain pour un show de la mi-temps sauce Motown.

Elwaycopter !

Toujours un peu sonné, Terrell Davis savoure cette longue pause réservée au Super Bowl.

« Ces minutes de pause supplémentaires m’ont vraiment aidé, » confiera-t-il au New-York Times. « J’avais pris des comprimés pour calmer les maux de tête, mais ça met du temps avant de faire effet. Quand la seconde mi-temps a enfin démarré, je me sentais nettement mieux. »

Après 30 minutes d’un football léché, pragmatique, physique et terriblement enthousiasmant, Denver se prend les pieds dans le tapis d’entrée de second acte. Sur le premier jeu de la deuxième mi-temps, Tyrone Williams arrache le cuir des bras de Terrell Davis et le recouvre sur les 26 des joueurs du Colorado. Un, deux, trois, out ! Les Packers devront se contenter de trois points. Ou pas. Rattrapés par de vieux démons, les Broncos offrent gracieusement quatre nouveaux essais sur un hors jeu qui ne pouvait pas plus mal tomber. Mais voilà, le vent du succès continue de balayer leur crin soyeux. Coincés dans la redzone, les hommes de Green Bay doivent bel et bien se contenter de trois points de Ryan Longwell. 17-17. Denver vient d’éviter le pire. Éviter le pire, un scénario qu’ils n’étaient jamais parvenus à écrire par le passé.

Restés à l’écurie se rafraîchir les babines et se remplir le gosier de foin, les chevaux des Rocheuses sont à l’arrêt en attaque. Et quand la défense fait le travail pour immobiliser les Packers au centre du terrain, le combo indiscipline/chance de cocu refait surface. Prêts à punter après un rapide 3-and-out, les hommes du Wisconsin profitent une nouvelle fois de la générosité des Broncos pour hériter de quatre nouveaux essais suite à un hors-jeu des plus évitables. Et là encore, Denver arme son revolver, pointe vers son pied et rate la cible. La défense prive Green Bay du moindre first down et les Jaune et Vert rendent le cuir. Non, décidément, la poisse des derniers Super Bowls s’est envolée. Le destin leur sourit. Mais jusqu’à quand ?

Acculés sur leurs 8 yards après un joli punt de Craig Hentrich, les Broncos sortent de leur torpeur et passent au triple galop. 13 jeux, 92 yards et 7 points libérateurs au bout. Bien aidés par 38 yards aériens d’Ed McCaffrey, les protégés de Mike Shanahan se retrouvent à 12 petits yards de la peinture. Sur un 3e essai déjà déterminant, John Elway voit le terrain s’ouvrir devant lui, prend ses responsabilités, allonge ses longues et vieilles foulées, aperçoit trois Packers en travers de son chemin et choisit de plonger en avant pour gratter quelques précieux yards. La rencontre est violente. Les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, Elway s’envole dans une spirale salvatrice. Elwaycopter ! First down ! Deux jeux plus tard, Terrell Davis croise la ligne. 24-17. Le tournant du match. Abonnés aux blitz à toutes les sauces, les Packers sont désarmés par le jeu au sol endiablé des Broncos.

« Quand tu joues au sol aussi bien qu’eux, tu as peu de chances de réussir quoi que ce soit en blitzant, » reconnaîtra le safety de Green Bay, Eugene Robinson.

Sentant le momentum basculer dans leur camp, les Broncos sont soudainement pris d’une bouffée d’adrénaline. Sur le coup d’envoi, Detron Smith se rue comme un dégénéré sur Antonio Freeman qui échappe le ballon sous la violence de l’impact et l’offre gracieusement à Denver sur ses propres 22. Lors des trois derniers Super Bowls, la NFC n’avait perdu que 3 ballons, ce soir, à San Diego, les homme de Mike Holmgren en auront perdu autant. Flairant le bon coup, Elway tente le touchdown. Il faut achever la bête blessée. Mais sur une play action destinée à Rod Smith, Eugene Robinson comprend tout, précède le receveur, pique le ballon dans l’en-but et remonte jusque sur ses 15 yards. En quatre jeux, et alors que la rencontre attaque 15 dernières minutes qui s’annoncent trépidantes, Brett Favre bondit de 85 yards et égalise sur une criss-cross à destination d’Antonio Freeman qui mystifie le pauvre Darrien Gordon, incapable de décider qui couvrir. 24-24. Rien n’est joué

Les secondes s’envolent, la pression monte, les défenses resserrent considérablement leurs étaux. Les deux formations s’échangent les punts la peur au ventre. Le moindre faux pas pourrait se révéler fatal. Avec 3 minutes et 27 secondes à jouer, les Broncos héritent du ballon à seulement 49 yards de la peinture. Une opportunité en or. Sur le premier jeu, Darius Holland commet un facemask à rendre fou n’importe quel coach et offre 15 yards gratuit. Deux actions plus tard, Elway trouve les mains gantées de son fullback Howard Griffith pour un gain de 23 yards, mais doit rapidement faire machine arrière sur un holding offensif de Shannon Sharpe qui les repousse sur les 18. Remonté, Terrell Davis s’engouffre derrière ses bloqueurs, déboule pleins gaz sur la gauche avant d’être envoyé dehors in extremis à un yard de la peinture bleue. Avec deux temps morts et un peu moins de 2 minutes à jouer, Holmgren passe le mot à ses hommes de laisser Davis marquer pour se donner davantage de chances sur un ultime drive de la mort. Le coureur ne se fait pas prier et signe un triplé. 31-24.

Les prolongations, voilà l’objectif de Brett Favre. Gagner le match, il n’en est pas encore question, tout ce qui comte pour le moment, c’est de le sauver. Face à un chrono qui défile à toute vitesse, les Packers doivent opter pour un football agressif. En face, Mike Shanahan ordonne à son coordinateur défensif de conserver la même tactique prudente. Pas besoin de se découvrir et de s’exposer inutilement, contenons les prudemment. Mis sur orbite par un joli retour de Freeman qui les téléporte sur la ligne de 30, Brett Favre et Dorsey Levens se trouvent les yeux fermés et progressent jusqu’aux 35 yards de Denver. Il reste 64 secondes.

4 nouveaux yards dans les bras du coureur, puis une passe ratée, et une autre. Sur la première, Antonio Freeman, totalement esseulé, rate un missile du quarterback qui aurait offert un premier essai essentiel aux Packers. Sur la seconde, Steve Atwater réveille la faille de San Andrea sur un tampon monumental. Le receveur Robert Brooks et le cornerback Randy Hilliard sont séchés dans un choc d’une violence glaçante. Les trois hommes restent au sol. Il reste encore 32 secondes à jouer, mais le match est déjà terminé pour eux. Sur le 4e essai, John Mobley envoie la passe destinée à Dave Chmura s’écraser sur le gazon. Jeu, set et match ! Rires, larmes, embrassades. John Elway peut laisser exploser 15 années de frustration.

« Nous avons surpris le monde, » lâchera Shannon Sharpe dans l’excitation de la victoire. « Mais nous n’avons pas surpris les Denver Broncos. Nous savions. »

Ils le savaient. Ils le sentaient. La poisse ne pouvait pas les suivre éternellement. Symbole d’années 90 cauchemardesques pour une AFC dans le creux de la vague aux côtés des malheureux Bills de Marv Levy et Jim Kelly, les Broncos viennent de briser le règne de la NFC. Un succès collectif, porté par un Elway revanchard comme jamais, une défense qui aura fait dérailler la machine Brett Favre malgré ses trois touchdowns et un Terrell Davis MVP grandiose. Le rôle de challenger auquel pas grand monde ne croit vraiment leur allait si bien. Planqués derrière leurs certitudes, les Packers tombent de haut. Pris au piège d’une formation bien plus talentueuse et déterminée qu’ils ne le pensaient. Ne jamais sous-estimer la bête blessée.

« Nous avons joué avec nos tripes, » racontera le linebacker Bill Romanowski. « Nous avions un plan de jeu formidable. Ils ont une équipe incroyable, mais on l’a fait. »

Au moment de recevoir le Trophée Lombardi, le propriétaire Pat Bowlen s’en empare et le brandi en criant : « Ce titre est pour John ! » Une évidence pour celui qui aura fait battre le cœur de tout le Colorado pendant près de deux décennies. Après des yeux rougis par la détresse et la frustration, des larmes de joies peuvent inonder ses joues.

« Perdre trois Super Bowls en 14 années de carrière et être catalogué comme le gars qui n’a jamais porté son équipe jusqu’au titre, ça n’a pas toujours été facile, » confiera-t-il au Milwaukee Journal-Sentinel. « Finalement y parvenir… c’est formidable. C’est le triomphe ultime. » 

Son dernier galop ? Rien n’est moins sûr.

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