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Histoire Indianapolis Colts New Orleans Saints Super Bowl 0

[Super Bowl Stories] Super Bowl XLIV : Requiem for a Dream

À 7 semaines du Super Bowl LII, épisode 44 de notre rétrospective exceptionnelle, le Super Bowl XLIV.

[Super Bowl Stories] Super Bowl XLIV : Requiem for a Dream

À 7 semaines du Super Bowl LII, épisode 44 de notre rétrospective exceptionnelle, le Super Bowl XLIV.

New Orleans Saints (NFC) vs. Indianapolis Colts – 7 février 2010

Super Bowl XLIV logo

Habemus Papam ! Se trouver un nom. Se trouver un visage. Se trouver un bras. Se trouver une destinée. Tous les grands succès qui jalonnent l’histoire de la NFL passent par un homme. Un meneur par l’exemple. Un meneur charismatique. Un joueur qui inspire le respect de ses paires, bien au-delà de son propre vestiaire. Un quarterback. La vitrine des Saints, Archie Manning l’aura été durant une décennie vierge du moindre succès. Une star aimée des fans, mais au palmarès maculé. Dans l’Indiana, l’aîné de ses fils va se forger une aura de Dieu vivant à coup de prouesses sans cesse répétées, de records sans cesse écrasés et de titres qui garnissent lentement sa salle des trophées. Indy a trouvé son franchise quarterback. NOLA aussi. Messie venu du bout du bout de la Californie, Drew Brees va répandre la bonne parole dans un Bayou meurtri par les éléments. Breesus Christ !

Leur première croisade 

Quand le Super Bowl voit le jour en janvier 67, les New Orleans Saints ne sont même pas encore de ce monde. 20 ans, c’est le temps qu’il leur faudra patienter pour enfin accomplir une saison positive et découvrir l’excitation des séries. 4 ans plus tard, en 1991, ils gagnent leur tout premier titre de division. Si sous l’impulsion de Jim Mora le père, les Saints franchissent un cap, c’est pour mieux plafonner et buter sans cesse dès le premier tour des playoffs. Il faudra attendre 2000 et un Jim Haslett couronné Coach de l’Année pour que les joueurs du Bayou remportent enfin un match de séries. Une première sans lendemain. Les Saints restent englués dans une consternante médiocrité. Même la légende Archie Manning n’aura pas réussi à les en extirper. En août 2005, la colère des Dieux s’abat sur La Nouvelle-Orléans. La ville ravagée, les habitants endeuillés, le Superdome amoché, les Saints se retrouvent à la rue. SDF. Exilés au Alamodome de San Antonio, au Giants Stadium de New York et dans la Vallée de la Mort de LSU, les hommes en noir purgent leur sentence. 3-13. La franchise est maudite. Mais des ténèbres, va jaillir la lumière. En quête d’un messie, les grands pontes vont chercher un Drew Brees qui se sent sous-estimé et pas suffisamment respecté du côté de San Diego. Le quarterback s’engage pour 6 ans. Le même printemps, le gourou offensif Sean Payton pose ses valises en Louisiane après avoir écumé la NFC Est pendant près de 10 ans entre Philly, New York et Dallas. Reggie Bush, Marques Colston et Jahri Evans, les Saints s’offrent une cure de jouvence grâce à une excellente draft. Le destin de la franchise maudite vient de basculer.

10-6. De retour dans leur Superdome, rois de la NFC Sud, portés par le Walter Payton Man of the Year et le Coach de l’Année, les tonsurés tombent sous les griffes de Bears en route vers le Super Bowl XLI en finale de conférence. Meurtrie, la ville se prend plus que jamais d’amour pour ses Saints losers soudainement devenus compétitifs. Après deux années aux allures de coup d’arrêt brutal malgré un Drew Brees Joueur Offensif de l’Année 2008, les Saints attaquent la saison 2009 sur un rythme endiablé. À la mi-décembre, ils sont toujours invaincus. 13 succès de rang dans la vague d’une attaque qui tourne à plus de 35 points de moyenne. 4338 yards, 34 touchdowns, seulement 11 interceptions, la meilleure évaluation de la ligue (109,6), un pourcentage record de 70,6% de passes complétées, Joueur Offensif de l’Année, Drew Brees rayonne. Immense point d’appui d’un mètre 93, Marques Colston attrape 70 passes pour 1074 yards et 9 touchdowns dans un rôle de go-to-guy qui lui va comme un gant. 722 yards et 9 touchdowns pour Robert Meachem, 804 yards et 2 touchdowns pour Devery Henderson, les deux hommes étirent les défenses dans tous les sens à coup de longs tracés en profondeur. Privé de Lance Moore, blessé, dans le petit périmètre, Brees exploite le mètre 96 de Jeremy Shockey dans le secteur court.

Au sol, Sean Payton doit improviser et compenser l’absence de Heath Evans, harcelé par les pépins physiques. Le tight end Dave Thomas est reconverti en fullback pour ouvrir des brèches au trio Pierre Thomas, Mike Bell et Reggie Bush. Boule d’énergie aussi adroite de ses jambes que de ses mains, Thomas dévore un total de 1095 yards et croise 8 fois la ligne, pendant que Mike Bell ajoute 654 yards et 5 touchdowns au sol. Cantonné à un rôle de gadget, Reggie Bush cumule 725 yards et marque 8 fois dans la foulée de trois Pro Bowlers sur la ligne : Jahri Evans, Jonathan Goodwin et Jon Stinchcomb. Un jeu au sol qui vit dans l’ombre des folles envolées de Drew Brees dans les airs. Même punition pour une défense qui fait pâle figure à côté de l’attaque affolante des Saints. Régulièrement prise à défaut, elle encaisse plus de 21 points de moyenne, mais peut compter sur un trio de big playmakers capables de faire basculer les matchs. Un sur chaque ligne. Will Smith et ses 13 sacks dans la mêlée, Jonathan Vilma ses 87 plaquages et 3 ballons volés derrière, et le vétéran Darren Sharper, ses 9 interceptions, 3 touchdowns et 376 yards records sur retour de revirement dans le fond du terrain.

Injouables pendant plus de 3 mois et 13 rencontres, les Saints éclipsent les 12 succès consécutifs records des Bears de 1985. La plus longue série victorieuse dans l’histoire de la NFC. La NFC Sud et la semaine de congé dans la poche, les tuniques dorées se cassent la gueule. Battus chez eux par les Cowboys, Garret Hartley rate le coup de pied de la gagne et les hommes de Sean Payton cèdent en prolongations face aux Bucs dans leur Superdome une semaine plus tard. Les Vikings vaincus par les Bears le lundi soir, les Saints sont assurés de la première place de la NFC et font jouer les remplaçants à Charlotte. Résultat : un 3e revers de suite sans la moindre conséquence. Bien reposés et bien préparés, les Saints écrabouillent les Cardinals avant de venir à bout des Vikings de Brett Favre dans une finale NFC électrique et polémique. Le quarterback violet maltraité de bout en bout, les joueurs de La Nouvelle-Orléans profitent pour la dernière fois de règles en prolongation qui offrent un avantage immense au vainqueur du toss. Un ticket pour le Super Bowl arraché du bout des dents, mais amplement mérité pour une franchise et une ville désolées par Katrina. À Miami, il iront chercher leur revanche sur le destin.

Dans l’Indiana, on connaît le parfum enivrant et la saveur envoutante du Super Bowl. Dans l’écurie des Colts, encore plus. Les Saints n’ont que 2 ans quand les Poulains découvrent leur premier Big Game. Pas si big encore à l’époque. Un sale souvenir. Deux ans plus tard, ils décrochent leur premier titre. Ils y a trois ans, les Colts de Baltimore devenus Colts d’Indianapolis en 84 enfilaient leur deuxième bague de champions sous la pluie battante de Miami. 13-3 et un Bob Sanders nommé Joueur Défensif de l’Année en 2007. 12-4 dans la vague d’un Peyton Manning sacré MVP en 2008. Le vieux RCA Dome abandonné au profit du clinquant Lucas Oil Stadium, les Colts de Tony Dungy continuent de dérouler en saison régulière, mais se cassent la gueule d’entrée deux fois de suite en playoffs. D’un rien. De quatre points la première année. En prolongations un an plus tard. Chaque fois, le même bourreau : les Chargers. C’en est trop, le tacticien raccroche. Assistant du head coach et entraîneur des quarterbacks, Jim Caldwell monte en grade et prend les rênes des poulains.

Un deux, trois, quatre… quatorze ! Les Colts se livrent une lutte à distance avec les Saints. Qui conservera son invincibilité le plus longtemps. Les joueurs de NOLA tomberont le 12 décembre, ceux d’Indy le 17, en primetime à Jacksonville. Ils auront tenu une petite semaine de plus à coup de succès souvent étriqués. De leurs quatorze victoires consécutives, 7 seront obtenues par moins d’un touchdown. En dehors d’un mois d’octobre sans une once de chances pour leurs adversaires, les Colts manient le suspense comme personne. En route pour son 10e Pro Bowl en 12 saisons, Peyton Manning régale. Artificier en chef d’une attaque qui pilonne les lignes adverses sans relâche, le passeur balance pile 4500 yards, 33 touchdowns, 16 interceptions et décroche une 4e couronne de MVP. Un record. Bien installé dans un joli fauteuil en cuir commandé par le Pro Bowler Jeff Saturday, Peyton ne se fait sacker que 13 fois. Aucun quarterback ne peut en dire autant.

Dallas Clark, Reggie Wayne. Les deux trentenaires se régalent des passes millimétrées du quarterback. Pendant que receveur efface la barre des 1000 yards pour la 6e fois consécutive, le tight end la franchit pour la première fois de sa carrière. 100 réceptions, 1264 yards et 10 touchdowns, le receveur est le go-to-guy de Manning. 100 réceptions lui aussi, 1106 yards et 10 touchdowns également, Clark est la soupape de sécurité de luxe. Un poison dans le petit périmètre. Drafté au 4e tour au printemps, Austin Collie attrape 60 ballons pour 676 yards et 7 touchdowns dans un rôle de slot receiver, pendant que Pierre Garçon étire les défenses sur l’extérieur, conquit 765 yards dans les airs et croise 4 fois la ligne. Sparring partner de luxe dans une attaque obnubilée par les airs, Joseph Addai ajoute 821 yards et 10 touchdowns au sol.

Portée par son pass rush, la défense concède 19 points de moyenne par rencontre et galère souvent à tuer les matchs. Même quand l’attaque tourne à feu nourri. La marque de Colts qui gagnent sans toujours écraser la concurrence. Robert Mathis et Dwight Freeney. Les deux rushers aux 8 poumons raflent un total de 23 sacks et s’envolent pour Honolulu. Derrière eux, le duo de linebackers Clint Session et Gary Brackett signe 80 plaquages chacun pendant qu’au fond du terrain, orphelin d’un Bob Sanders blessé, le Pro Bowler Antoine Bethea s’offre 70 plaquages et 4 interceptions. Du travail bien fait à défaut d’être impressionnant. Suffisant pour enchaîner les succès à un rythme effréné. 14-2. Au moins 12 victoires pendant 7 saisons consécutives. Du jamais vu dans l’histoire de la NFL. Malgré 2 défaites anecdotiques pour clore la saison régulière, les Colts s’emparent du trône de l’AFC Sud pour la 6e fois en 7 ans et attaquent les playoffs dégoulinants d’ambition. Pas question de se casser la tronche d’entrée cette fois-ci. Les Ravens mâtés (20-7), les Jets de Mark Sanchez remis à leur place (30-17), les Colts s’envolent pour leur 2e Super Bowl en 4 ans.

You Shall Not Pass

Le fils prodige contre l’équipe chérie. Né à La Nouvelle-Orléans en 76, alors que son père Archie règne sur les Saints, Peyton aura tout appris là-bas. À commencer par le football. La famille Manning, c’est un petit bout de l’histoire de la ville en somme. Elle y est tellement attachée. Pendant plus d’un décennie, elle aura été synonyme de football. Mais aujourd’hui, dans la vague destructrice de l’ouragan Katrina, New Orleans est (re)tombée follement amoureuse de ses Saints et s’est trouvée un nouveau héros. Un point de ralliement dans la détresse et le drame. Une raison de retrouver le sourire. Les Saints sont plus que jamais devenus le cœur de La Nouvelle-Orléans. Un cœur qui bat au rythme des passes distillées par son quarterback.

Pour la 10e fois de l’histoire, Miami recevra le Super Bowl. Pour les Colts, un terrain bien connu. Jamais ils n’ont disputé de Big Game ailleurs que dans le sud de la Floride. Au Orange Bowl par deux fois, puis dans le Sun Life Stadium 3 ans plus tôt. Des retrouvailles. Pour les Saints, une grande première, évidemment. Les joueurs de Sean Payton remportent le toss, choisissent de garder le ballon et le rendent sans avoir décroché le moindre premier essai. Peyton, lui, attaque d’entrée avec une connexion de 18 yards dans les mains de son tight end. Joseph Addai grignote quelques miettes au sol, le quarterback distribue dans le secteur court et les Colts butent sur la ligne de 20. Les portes de la redzone. Il faudra se contenter de 3 points du quarantenaire Matt Stover. À 42 ans, le kicker devient le plus vieux joueur à disputer un Super Bowl Si les Saints décrochent le premier 1st down grâce aux jambes de feu de Reggie Bush, Drew Brees se fait recaler dans les airs et les joueurs du Bayou doivent de nouveau punter. Passes trop hautes, passes trop fortes, drops. L’attaque du Bayou bafouille, incapable d’être sur la même longueur d’onde. À l’inverse, Peyton Manning est d’une précision chirurgicale.

Un coup au sol, un coup dans les airs. Plus inspirés, les Colts avancent au galop, à coups de gros gains énergiques d’une paire Joseph Addai/Donald Brown qui dévore 72 yards à elle seule. La conclusion est aérienne. À 19 yards de la endzone, Manning envoie Pierre Garçon dans le fond de la peinture bleu. D’une facilité déconcertante.« Je l’ai vue venir à un kilomètre celle-là, » lâche Sean Payton dans son micro, dépité. En 11 jeux et 96 yards, les joueurs de l’Indiana viennent d’égaler le plus long drive de l’histoire du Super Bowl. 10-0. Habitué à arroser dans les airs, Drew Brees doit se contenter de minces fenêtres de tir dans le secteur intermédiaire. Une dizaine de yards par-ci, une dizaine de yards par-là, difficile de déjouer une défense du Midwest bien en place. Surtout quand le jeu au sol n’est pas davantage dans son jour. Incapable de dormir depuis deux nuits passées à imaginer tous les scénarios possibles, le quarterback doit faire parler son imagination et sa vitesse d’exécution. Les Saints parviennent à se hisser jusqu’aux 22 d’Indy, bien aidés par un roughing the passer qui leur offre 15 yards, mais font 7 yards en arrière quand Brees se fait agripper et balancer au sol par la main de l’inévitable Dwight Freeney. Une blessure à la cheville ? Quelle blessure à la cheville ? Garrett Hartley ne rate pas la cible de 46 yards. Le compteur est débloqué. 10-3.

Privés de premier essai et de points pour la première fois du match, les Poulains sont contraints de se dégager en une petite minute après un drop difficilement pardonnable de Pierre Garçon. La première erreur des Colts. Leur momentum vient d’en prendre un coup. 13, 21, 27 ! Entre quelques lancers courts, Drew Brees trouve enfin la distance et les Saints traversent le terrain à belle allure jusque sur la ligne de 3 d’Indy. Passe vers Lance Moore. Ratée. Faux départ. 5 yards en arrière. Pierre Thomas perce la ligne pour 7 yards. 2-minute warning. 3e et un. Le pied gauche de Mike Bell se dérobe et le coureur se mange un mûr. De retour sur la touche, le running back se fait pourrir par son coach. « Va enfiler des crampons ! » lui balance-t-il vert de rage en découvrant les semelles plates de son coureur. Temps mort de Jim Caldwell. 4e et un. Sean Payton remonte son pantalon et décide d’y aller. Pierre Thomas est submergé par une marrée bleue. You Shall Not Pass ! Turnover on downs. Acculés sur leur ligne, les Colts courent trois fois de suite et forcent les Saints à griller deux temps d’arrêt avant de punter. De tout le 2e quart-temps, les hommes de Caldwell n’auront gagné que 15 yards en 6 petits jeux. Une misère.

Il reste 35 secondes quand Drew Brees récupère le ballon sur ses 48. 19 yards dans les bras de Devery Henderson. Spike. Le chrono s’arrête. 6 de plus dans les bras du receveur. Temps mort. Le dernier. Il reste 11 secondes et 27 yards à combler. Reggie Bush s’échappe vers l’extérieur et grappille un tout petit yard. Il reste 5 secondes, Garrett Hartley double la mise de 44 yards et les Saints rentrent au vestiaire avec 4 points de retard. Le pire a été évité dans une première mi-temps bien compliquée pour l’attaque d’ordinaire si éblouissante de NOLA. 10-6.

Just Get Fooled Again

Wont’ Get Fooled Again. Les Who partis reposer leur voix après avoir braillés qu’ils ne se feraient plus avoir, les Colts se font avoir en beauté. En petit filou, Sean Payton attaque la seconde période par un onside kick que personne n’avait vu venir. Le petit nom du jeu : Ambush. Embuscade. Depuis le début du match, le coach mijotait son plan en douce. Avant même le coup d’envoi, il en parlait avec les arbitres. Bien avant le match, il y pensait déjà. Il se sera retenu pendant toute la première mi-temps.

« Deux semaines plus tôt, l’idée que nous voulions leur voler une possession a commencé à germer. Nous voulions gagner une possession et les en priver d’une, » confiera-t-il au The Times-Picayune quelques jours après le Super Bowl.

Si l’idée d’un fake punt l’aura titillé, Payton y renonce sous les conseils avisés de ses assistants et joueurs. Trop de variables. Trop de risques. S’il doivent tenter un coup, ce sera sur un engagement. Quand ? Aucune idée, mais l’unité spéciale devra se tenir prête. Pendant les 30 minutes de pause imposées par le show de la mi-temps, le staff des Saints décide de scripter leur entame de seconde mi-temps. 8 jeux écrits d’avance qu’il ne reste plus qu’à exécuter à la perfection. Comme il le font exactement au début de chaque rencontre. Au retour des vestiaires, impossible de résister. « Il faut que vous recouvriez ce coup d’envoi les gars. » Message reçu cinq sur cinq. Le coup de pied de Thomas Morstead s’en va vriller vers la gauche du terrain. Pris au dépourvu, les Colts se ruent maladroitement sur le ballon et le cuir vient s’écraser contre la grille de Hank Baskett. Les Saints plongent sur l’occasion. Mêlée générale. Après de longues secondes à faire le tri sous les beuglements du banc des Saints, et bien aidé par Jonathan Casillas, le safety Chris Reis en ressort en héros. Un éclair de génie dans la nuit étoilée de Miami.

« Je n’étais pas inquiet, » confiera Morstead au Times-Picayune. « J’étais terrifié. »

« Je que vous écrasiez la pédale d’accélération maintenant, » ordonne Sean Payton à ses adjoints. Le coach le sait, le match se joue maintenant. Si les Saints ne marquent pas tout de suite, toute l’émotion positive générée par le coup d’envoi recouvert retombera. Pierre Thomas, Devery Henderson coup sur coup, Marques Colston. Drew Brees distribue les passes rapides avec une précision létale et les Saints remontent à toute vitesse. Le coureur se rapproche de 7 yards au sol. Plus que 16 unités à combler. Screen pass. Brees recule devant la pression, attend que le bouclier humain se mette en branle, réussit sa 5e passe en autant de tentatives et contemple Pierre Thomas faire le reste. Le running back s’engouffre derrière ses bloqueurs, cut vers l’intérieur une fois, deux fois, puis une troisième, casse un ultime plaquage et plonge dans la peinture dorée 16 yards plus loin, le ballon tendu en avant, offert en offrande à des dieux du football si bienveillants. 13-10. Les Saints basculent en tête. Ils n’auront eu besoin que de 6 jeux. Quand la réalité dépasse le script.

La réplique de Peyton à Payton. Impressionnant de maîtrise et de sang-froid, le quadruple MVP distribue les passes avec application pendant que son jeu au sol continue de trouver des brèches dans une défense de NOLA qui monte en agressivité. Dallas Clark identifié comme le danger numéro un, Sean Payton passe ses ordres, en vain. Le tight end se ballade et attrape 3 ballons pour 45 yards sur la série suivante. Sur un 3e essai crucial en mouvement, Manning distille une merveille de passe au-dessus de trois défenseurs jusque dans les bras du #44.

« Dallas Clark en est déjà à 149 yards… Ne laissez pas leur meilleur joueur nous marcher dessus ! » hurle-t-il à ses joueurs et coachs.

149 yards ? Même pas proche. Dallas Clark n’en est qu’à 70. À la fin du match il en aura gagné juste 16 de plus.

« J’exagérais un peu, » concédera-t-il quelques jours plus tard. « Nous avions un bon plan pour Clark. Will Smith était là pour le sortir de ses routes. Scott [Shanle] se chargeait de lui en couverture. Et très honnêtement, même sur certaines de ses réceptions, nous avions une excellente couverture. Mais on est jamais trop sûr. »

Cut bondissant vers l’intérieur, spin move, plaquage cassé sur la ligne. Joseph Addai parachève l’ouvrage avec classe sur une course de 4 yards spectaculaire et les Colts reprennent les devants. 17-13. Toujours paralysé longue distance, Drew Brees s’en remet à un jeu court efficace et met Garrett Hartley sur orbite de loin. Le botteur triple la mise et réduit l’écart à un tout petit point. 17-16. Chacun leur tour, les deux quarterbacks transpercent les défenses à coup de lancers vifs et chirurgicaux. Manning a beau remonter de ses 11 yards aux 33 de New Orleans, et enfin trouver les mains d’un Reggie Wayne jusque-là verrouillé par Tracy Porter, il n’ira pas plus loin. De 51 yards, Matt Stover manque la cible. Trop à gauche, trop court. Un tournant. Les Colts repartent bredouilles. Pierre Thomas. Devery Henderson. Reggie Bush. Marques Colston. Robert Meachem. David Thomas. Jeremy Shockey. Lance Moore. À tour de rôle, ce sont pas moins de 8 joueurs différents qui touchent le ballon.Quand les Saints jouent aux Saints.

« Nous distribuons le ballons à tout le monde à longueur de saison, » expliquera Brees après le match. « Tu ne sais jamais à qui cela va être le tour de briller. Et je n’ai pas de mot pour décrire le travail abattu par la ligne offensive face à l’un des meilleurs pass rush de la ligue. »

En bon évêque célébrant la messe dominicale, Drew Brees distribue les hosties à ses fidèles. Jamais plus de 9 yards. 8/8 dans les airs, 3 petits yards au sol, la tignasse blonde d’un Jeremy Shockey bien trop grand pour les cornerbacks bleus pour combler le dernier yard et les 2 points acrobatiques de Lance Moore pour mettre les Poulains à un touchdown de distance. L’action d’éclat du slot receiver annulée par les arbitres sur le terrain, Sean Payton jette son mouchoir rouge et obtient gain de cause. 24-17. À un peu plus de 5 minutes de la fin du match, Peyton Manning abandonne le jeu au sol et pilonne à feu nourri. Pierre Garçon un coup, Reggie Wayne un autre. Le quarterback propulse les Colts jusqu’en territoire ennemi. « 3rd & 5. Pas de hors-jeu les gars, » prévient Payton. Shotgun. Manning recule de quelques pas, tourne la tête à gauche et lance rapidement vers un Reggie Wayne qu’il n’aura eu de cesse de chercher de toute le 4e quart. Trop le chercher. Tracy Porter a tout lu. Tracy Porter a tout vu. À l’instant où il aperçoit Austin Collie se mettre en mouvement le long de la ligne, il connaît déjà la route que va exécuter Wayne. Il sait ce qui va se passer.

« C’est un super travail à la vidéo, » racontera le défenseur. « Le staff a fait un super boulot pour nous préparer à défendre contre ce tracé. »

Manning dégaine, le cornerback bondit devant le receveur, lui vole le ballon sous le nez, s’engouffre entre les portes du Paradis ouvertes par deux partenaires rapidement convertis en bloqueurs et s’envole vers le jardin d’Éden, 74 yards plus loin. 31-17. Hystérie collective sur le banc de La Nouvelle-Orléans. Ouragan de joie dans les tribunes. De toute l’histoire du Super Bowl, aucune équipe ayant retourné une interception jusqu’au touchdown ne s’est jamais inclinée. 9-0. Les Saints ne feront pas exception à la règle. 10-0.

Avec deux possessions de retard et 3 minutes à disputer, Peyton Manning s’engage dans une véritable course contre la montre. Téléportés à 3 yards de la peinture par une réception de 40 yards d’Austin Collie, les Colts doivent reculer de 10 yards sur une interférence offensive de Pierre Garçon. En une course, Joseph Addai les repositionne sur la ligne de 3. 2nd & goal. Passe ratée, course en arrière, passe ratée, turnover on downs. Découpés en morceau par une défense habitée des Saints, les Poulains s’écroulent. Drew Brees s’agenouille une fois pour laisser les dernières secondes s’écouler et savourer sa revanche sur le destin. Celle d’un quarterback. Celle d’une franchise. Celle d’une ville toute entière. Kurt Warner, Brett Favre, Peyton Manning. Pour se hisser sur le toit du gridiron, les Saints auront dû se défaire d’une nuée de légendes vivantes en route vers le Hall of Fame de Canton. Un parcours de rêve pour une franchise hantée. Le prières ont été exaucées. Requiem for a Dream. Requiem for a Win.

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