Jersey Island – Part 1 : les maillots, comment ça marche ?

Plongée dans l'histoire des maillots NFL et leur utilisation. D'abord, un rappel des bases.

Bien sûr, le ballon est un symbole, le casque est un archétype, mais bien souvent pour le fan de football américain, l’outil du supporter c’est le maillot. Ultra récent ou vintage, moulant ou baggy, pyjama du chien ou exposé sous verre, le maillot permet de célébrer son joueur ou sa franchise préféré, et peut – sous certaines conditions – être un accessoire de mode.

Mais c’est aussi une histoire longue et complexe bien que ses fonctions soient assez simples. Pendant quelques jours, Jersey Island vous emmène à sa découverte.

De l’utilité des maillots

Les maillots de sport tiennent leur nom de « jersey » de la maille utilisée pour les coudre. La maille jersey est très utilisée dans l’industrie de l’habillement, et présente l’avantage d’être à la fois souple et résistante à la traction. Ce tricot tire son nom de l’île de Jersey, où le mot désigne les produits textiles originaires de l’île depuis la fin du XVIe siècle.

Jusqu’après la Deuxième Guerre Mondiale, les maillots de sport sont majoritairement des tricots en coton ou en laine. Cependant, le développement des fibres synthétiques comme le nylon, le polyester ou élasthanne révolutionnent l’industrie textile entre les années 30 et 60. Ces fibres sont idéales pour les maillots de sport à cause de leur résistance et de leur élasticité et elles envahissent rapidement le monde athlétique.

Le jersey de football a pour première utilité de différencier les équipes et d’identifier les joueurs. Chacun d’eux porte un placard dans le dos avec son nom (nameplate), ainsi qu’un numéro qui lui est propre. De plus, et c’est clairement spécifié dans la règle, le maillot a pour vocation de couvrir les protections. Un joueur qui a ses pads visibles est en infraction du code vestimentaire. Enfin, depuis les années 90, le jersey a une fonction commémorative. Que ce soit par le modèle lui-même si c’est une réplique de maillot ancien (throwback) ou par des patchs spécifiques ajoutés.

Des couleurs et des jerseys

Jusqu’à la fin des années 40, il est assez commun de voir les deux équipes porter leurs maillots colorés pendant les rencontres, n’ayant un second jersey de remplacement qui si les uniformes sont trop proches. L’important est que les arbitres, les coéquipiers et les spectateurs puissent identifier les joueurs.

Suite à la création de la All-America Football Conference (AAFC) en 1946, dans laquelle les équipes ont des maillots blancs et colorés, les franchises NFL commencent à s’équiper en maillots blancs comme couleur neutre, mais sans obligation de la part de la ligue. Ceux-ci ne sont utilisés que pour les matchs où les équipes ont des couleurs similaires (comme les Bears et les Packers à l’époque).

Le développement massif de la télévision change la situation dans les années 50. Les spectateurs ne sont plus uniquement ceux présents dans le stade. Les postes en noir et blanc ne permettant pas aux fans de bien distinguer les équipes, les franchises doivent obligatoirement présenter un modèle blanc à partir de 1957.

Les maillots colorés servent pour les matchs à domicile, les maillots blancs servent pour les rencontres à l’extérieur. Au moins quatre franchises doivent s’équiper (Bears, Lions, Packers, Rams), les Rams en profitant pour échanger leurs maillots jaunes, jugés trop clairs, pour une version bleue. Les Browns qui utilisaient un maillot blanc comme maillot à domicile doivent changer leur pratique.

En 1964, la ligue autorise finalement l’équipe qui reçoit à choisir le maillot qu’elle porte. Plusieurs équipes se décident pour les maillots blancs, laissant les colorés aux visiteurs. Malgré l’adoption massive de la télévision couleur à la fin des années 60, la règle générale n’a pas changé depuis.

La création de nouvelles franchises dans les deux ligues AFL et NFL au cours des années 60 et 70 bouleverse un peu les codes couleurs traditionnels et renouvèle les uniformes : powder blue des Chargers, teal des Dolphins, orange des Broncos, creamsicle orange des Buccaneers.

Throwbacks, alternates et color rush, les jerseys se diversifient

La NFL commence à autoriser certaines exceptions en 1994, à titre promotionnel pour les 75 ans de la ligue. Les équipes ont la possibilité de porter des jerseys throwbacks, comme les 49ers qui remportent la finale cette année là, ou les Giants et les Jets qui choisissent de reprendre et même de conserver leurs anciens uniformes (modèles 1961 et 1968).

Certains matchs « couleur contre couleur » sont également autorisés, si les couleurs ne se mélangent pas. Ces matchs « couleur contre couleur » continuent pendant les années 90 et 2000, principalement lors des rencontres de Thanksgiving.

En 2002, la NFL autorise l’utilisation dans certains cas de maillots alternate (troisième maillot officiel) contre des jerseys colorés si les couleurs sont assez claires. A partir de cette date, et avec l’appui de Reebok qui devient fournisseur officiel de la ligue, les alternates vont se développer et s’imposer.

En 2009, pour célébrer les 50 ans de l’American Football League, la NFL autorise les huit équipes d’origine à porter une version throwback commémorative.

Avec l’arrivée de Nike comme fournisseur exclusif en 2012, les maillots évoluent. Sept franchises revoient leur identité visuelle et leurs jerseys (Seahawks, Vikings, Browns, Jaguars, Dolphins, Buccaneers, Lions). La coupe et la conception des maillots sont transformés.

En 2015, la ligue annonce que des matchs « couleur contre couleur » pourront avoir lieu volontairement lors des rencontres du jeudi soir. Cette option devient obligatoire en 2016 et les équipes doivent porter une nouvelle version alternate de leur jersey. C’est le début de la série Color Rush. Toutes les équipes sont pourvues d’un modèle spécifique à partir de septembre 2016.

Mandatory Credit: David Kohl-USA TODAY Sports

Cependant, en avril 2018 la NFL adoucit ses règles concernant les maillots et annonce l’arrêt du programme pour les matchs du jeudi soir. Si les Color Rush ne sont plus obligatoires, des franchises souhaitent pouvoir continuer à porter leur version comme maillot alternate. En mai 2018, les 49ers dévoilent une version mise au goût du jour de leur maillot throwback blanc de 1994. Une nouvelle étape dans le mélange de la tradition et de la modernité.

Article 19 et résolution G-3

Les franchises NFL peuvent faire évoluer ou transformer leur identité visuelle (couleurs, logo, uniforme, casque, nom) mais sous certaines conditions d’accord préalable de la ligue. C’est l’article 19.9 de la réglementation interne qui définit la procédure à suivre. Une équipe qui souhaite des modifications doit prévenir la ligue au mois de mars de l’année précédente, et obtenir l’autorisation avant le mois de décembre. Le Commissioner conserve un droit souverain de régler les potentiels conflits entre franchises, pouvant aller jusqu’à imposer les couleurs et les designs si les équipes ne s’accordent pas.

Depuis 2018 la ligue autorise les franchises à porter une version throwback ou alternate lors de trois rencontres par saison. Précédemment cette autorisation ne valait que sur deux matchs, plus le color rush pour les rencontres du jeudi.

La résolution G-3 de 2002 précise quant à elle que les franchises ne peuvent changer d’uniforme domicile ou extérieur plus d’une fois toutes les cinq saisons. Cette directive s’applique également ultérieurement aux uniformes alternates. Cependant en cas de circonstances exceptionnelles (changement de propriétaire, déménagement) la résolution G-3 peut ne pas s’appliquer.

(Sources : NFL.com, NFL Shop.com, Reebok.com, Nike.com, Mitchell & Ness, ESPN.com, Uni-Watch, Thumper300zx, kirbyfortyfour, sportscollectorsdigest.com, 20yardline.com, profootballresearchers.org, The Gridiron Uniform Database, NFL Jersey Fan Paradise, SBNation.com, Ebay, Wikipedia)

Partagez cet article sur : Twitter Facebook
Afficher les commentaires