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Jordan Avissey : « Il y a cinq ans, je ne connaissais pas le football américain »

D’abord joueur de basket, Jordan Avissey a franchi les échelons année après année pour arriver jusqu’à Buffalo en NCAA. Retour sur son parcours atypique.

Jordan Avissey : « Il y a cinq ans, je ne connaissais pas le football américain »

Nous vous l’annoncions il y a quelques jours, le français de 21 ans Jordan Avissey s’est engagé avec l’Université de Buffalo. Pour Touchdown Actu, il revient sur son parcours mouvementé depuis la D3 française jusqu’à la prestigieuse NCAA.

Jordan, quel a été votre premier contact avec le football américain ?

« J’ai grandi à Nancy avec ma famille, puis on a déménagé à Orléans quand j’avais 11, 12 ans. J’ai commencé à faire du basket-ball à un bon niveau dans un centre de formation mais à 15 ans, je me suis blessé au genou. J’ai dû faire une pause d’un an et demi mais je n’ai jamais baissé les bras. J’étais bien entouré par mes coaches et ma famille. Quand je suis revenu, j’ai été nommé capitaine de l’équipe et nous sommes allés gagner un titre régional pour la première fois de l’histoire de notre club ! Et à ce moment, j’entends parler du football américain et de l’équipe locale, les Chevaliers d’Orléans.

Vous connaissiez le sport avant ?

Je connaissais par le manga Eyeshield 21 ! Mais je n’avais jamais regardé ou joué un match avant. J’apprends assez vite et ça me plaît énormément. Mes capacités athlétiques sont mises à profit pour plusieurs postes, j’ai joué tight-end, receveur et lineman défensif pendant tout une saison. Et, à la fin, je reçois un coup de fil du recruteur du CEGEP de Thetford, au Québec, qui me propose de rejoindre leur équipe.

Comment est-ce que ce CEGEP (équivalent de fin lycée/début études en France, ndlr) dans une ville un peu perdue au Québec avait entendu parler de vous ?

C’est un CEGEP qui est réputé pour aller chercher des jeunes talents en France. Un ancien joueur des Chevaliers était chez eux et leur a conseillé d’observer mes performances. Ça leur a plu et ils m’ont proposé de venir jouer un an pour eux. J’ai accepté, même si je savais que ça voulait dire « perdre » un an sur mes études. J’avais déjà mon bac et j’allais refaire une dernière année en gros. Mais c’était reculer pour mieux sauter donc j’ai dit ok !

Ca a été ma traversée du désert

Arrivé à Thetford, comment s’est passé votre intégration ?

Quand je suis arrivé à l’aéroport, le coach des receveurs et le coach de ligne défensive sont venus me chercher. Ils m’ont tout de suite demandé à quel poste je jouais. Moi je ne savais pas vraiment parce que je faisais un peu tout chez les Chevaliers. Mais j’ai répondu instinctivement « D-line ». Peut-être que si j’avais dit « receveur » ce jour-là, je jouerais receveur aujourd’hui ! Dans l’équipe, il y a beaucoup de français, ça aide pour l’intégration. Je suis devenu très proche du joueur qui était passé chez les Chevaliers avant moi, il a été comme mon mentor. Les débuts ont été difficiles parce que, contrairement aux autres joueurs, j’étais tout nouveau dans ce sport, j’avais à peine un an d’expérience. Heureusement, je connaissais le rythme des entraînements grâce à mon passé dans le centre de formation de basket. Et je me suis appliqué à faire beaucoup d’entraînements en plus pour rattraper le niveau. Du coup, j’ai pu jouer toute la saison comme titulaire en ligne défensive.

Une fois la saison finie, la suite logique, c’est l’Université. Mais vous ne trouvez pas de place ?

J’ai connu beaucoup de problèmes administratifs et, à cause de ça, je n’ai pas pu intégrer d’université canadienne. Ça a été un vrai coup dur pour moi parce que je voulais vraiment intégrer un programme là-bas et le fait de ne pas avoir pu en trouver un me semblait comme un coup d’arrêt. Heureusement, j’ai pu faire partie de l’aventure européenne de l’Equipe de France avec le titre de champion d’Europe au bout. Ça m’a permis de continuer à m’entraîner, de rencontrer d’autres joueurs passés par le Canada comme moi, ça m’a poussé à continuer.

Jordan Avissay (à gauche) avec Junier Aho, tous les deux champions d’Europe avec la France.

Quel était votre quotidien pendant cette période ?

De l’entraînement, tout le temps. Prend soin de mon corps, faire une diète, faire du yoga, tout donner à l’entraînement. Mais mentalement c’était très dur, ça a été un peu ma traversée du désert. Je m’entraînais seul avec un programme que je m’étais fais. C’est difficile parce même si je sais que ça va finir par payer, je ne sais pas quand. Tout l’automne a été comme ça. Je ne voulais pas baisser les bras, je voulais prouver que quand on se donne les moyens on est récompensé. Et j’ai fini par être récompensé !

Je reçois des messages de North Carolina, Tennessee, Indiana…

Quel a été l’élément déclencheur qui vous à fait connaître ?

Un jour, un certain Brandon Collier vient me parler sur Messenger. C’est un ancien joueur de NFL et CFL qui a monté PPI RECRUITS, un réseau de joueurs en Europe pour leur donner de la visibilité auprès des facs américaines. Il me dit « Tu as les capacités pour jouer en D1 (la plus haute division universitaire, ndlr) ». Moi, je suis hyper surpris, je ne pensais pas au si haut niveau. Mais il me convainc de m’entraîner pour ça et de poster mes entraînements sur Twitter. C’est important pour la visibilité m’explique-t-il. Alors je commence à tout poster, à me donner encore plus parce que je sais que ça peut être vu par tous les coaches qui passent par là. Et, petit à petit, le réseau se fait. Bradon like, partage mes vidéos, je vois des entraîneurs de grosses facs liker de temps en temps. Puis un jour, un coach spécialisé en D-line avec un très gros réseau me retweete. Et là c’est l’explosion ! Je reçois des messages de North Carolina, de Tennessee, d’Indiana…

Qu’est-ce qu’ils vous disent ? Ils vous proposent une bourse ?

Non, pas encore. Ils me demandent mes bulletins, mes vidéos de match, des conseils pour l’entraînement. Moi je sais que ça ne veut rien dire pour l’instant donc je continue mes entraînements. Et un jour, Brandon m’appelle pour me dire que Buffalo l’a contacté et qu’ils sont très intéressés par mon profil, ils veulent me rencontrer. J’ai alors Rob Ianello qui m’appelle, le recruteur de l’équipe. Et il me propose une bourse pour jouer chez eux ! Derrière, il me passe le coach de ligne défensive qui me redit la même chose ! Ils sont venus me rencontrer à Montréal, avec le coordinateur offensif. Ils se sont déplacés pour moi, un joueur français qui n’a que quelques années d’expérience ! Ça, ça m’a vraiment marqué, on a vraiment eu un très bon contact.

Jordan Avissey (à droite) avec Rob Ianello (au centre) et son coéquipier Larry Lembert.

Vous avez eu d’autres offres pour jouer dans d’autres universités ?

J’ai eu Idaho et Colorado qui m’ont proposé des bourses pour jouer chez eux. J’avais aussi le coach de Cincinnati qui est venu me voir à Montréal. Puis j’ai fait la visite du campus d’Idaho et de Buffalo. Et sur ce dernier encore, j’ai été impressionné par le campus, le contact humain, les infrastructures, les programmes universitaires. En plus, il y a trois joueurs québécois à Buffalo avec qui je peux parler français, ça fait du bien. Tout ça fait que, le jour officiel des signatures, j’ai choisi d’accepter la proposition de Buffalo parmi les quatre que j’ai eues.

Je n’ai même pas vu le dernier Super Bowl

Quel est le programme maintenant pour vous ?

Continuer de m’entraîner, déjà. Être prêt physiquement pour le premier jour. J’en ai pour quatre ans, ça va être long mais je vais prendre ça année après année en essayant de progresser régulièrement. Bien sûr, dans un tout petit coin de ma tête, il y a la NFL. Tous les joueurs, dans tous les sports, rêvent d’évoluer au plus haut niveau. Quand je jouais au basket, je rêvais de la NBA. Et quand on monte les échelons, quand on voit qu’avec telle quantité de travail, on peut arriver à un tel niveau, on se dit qu’avec un peu plus, pourquoi pas ne pas aller chercher encore au dessus ? Donc c’est dans un tout petit coin de ma tête mais, honnêtement, je vais y aller petit à petit et me concentrer sur chaque saison que je fais avec Buffalo.

Justement, un certain Khalil Mack est passé par la même université que vous. Est-ce que c’est une inspiration pour vous ?

Clairement ! Pour être tout à fait franc, je ne suis pas beaucoup la NFL. Sur mon temps libre, je regarde plutôt du basket. Je n’ai même pas vu le dernier Super Bowl, j’étais dans l’avion ! Mais je regarde énormément les performances des joueurs à mon poste. Donc Khalil Mack évidemment, mais aussi Myles Garrett, Emmanuel Ogbah, Von Miller… Ce sont des joueurs qui m’inspirent pour faire encore mieux. Moi, je veux pouvoir inspirer les gens qui veulent croire en leur rêve, le prouver qu’à force de travail, tout est possible. Il y a cinq ans, je ne connaissais même pas le football américain et aujourd’hui, je joue pour une équipe au meilleur niveau universaitaire.

Vous pourrez retrouver les Bulls de Buffalo pour leur premier match sur la pelouse de Penn State le samedi 7 septembre prochain.

Merci Jordan !

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