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Portrait Seattle Seahawks

[Portrait] Bobby Wagner : le serial plaqueur

Ses plaquages et son leadership en font le super-héros des Seahawks, la tortue-ninja protégeant Seattle.

Bobby Wagner est un incontournable en NFL, meilleur joueur à sa position dans une équipe au bilan de 6 victoires pour une défaite. En route pour les playoffs et plus si affinités, les Seahawks peuvent compter sur l’âme de leur défense, le seul à surnager en 2020. Découvrez son parcours en quatre étapes, quatre villes.

Bobby Wagner

Né le 27 juin 1990 à Los Angeles, Californie
1m83 pour 110 kilos
Linebacker, Seattle Seahawks, 9e saison

Canton

Qui ne connait pas Bobby Wagner ? En huit saisons NFL, il su s’imposer comme un des deux meilleurs joueurs à son poste. Depuis la retraite de Luke Kuechly, il est considéré comme l’incontesté numéro un au poste de linebacker. 5 fois votés dans la meilleure équipe NFL de la saison et vainqueur du Super Bowl 48.

En octobre 2019, il bat le record de plaquages de la franchise des Seahawks avec son 985e face aux Falcons d’Atlanta. Depuis, il en a rajouté plus de 150 et avec encore 3 ou 4 saisons devant lui, il pourrait entrer dans le top 10 de l’histoire de la NFL. De quoi sans doute, dans une petite dizaine d’années, lui valoir une veste dorée, celle des joueurs introduit au Hall of Fame de Canton.

Ce genre de parcours est généralement réservé pour ceux qui dès l’adolescence étaient déjà scrutés et recrutés par les meilleurs lycées, les meilleures universités. Bobby Wagner est une des exceptions à cette règle.

Logan

Bobby Wagner grandit puis joue au lycée de Ontario, à 50 kilomètres à l’est de la géante Los Angeles. Sa dernière saison, il plaque 125 fois un adversaire ! Il capte également 37 réceptions et inscrit 11 touchdowns en tant que tight-end. De quoi être remarqué ?
Pas vraiment.

En 2008, il est considéré par 247Sports comme le 2036e joueur du pays, le 161e linebacker extérieur, loin derrière le 1e Nigel Bradham (Broncos). Un vivier immense, des progressions parfois tardives, si évaluer les joueurs se présentant à la draft est loin d’être une science exacte, classer les lycéens l’est encore plus. Dans cette même classe 2008, à la 25e position seulement, un jeune homme qui explosera tous les rankings par la suite : Dont’a Hightower (Patriots).

Être classé comme le 217e lycéen de Californie ne permet pas d’être recruté par la fac dominante de sa ville de Los Angeles. USC recrute bien en Californie cette année-là mais opte pour Tyron Smith (Cowboys), Jurell Casey (Broncos) et Matt Kalil (ex Panthers). Bobby Wagner doit se contenter d’une offre de bourse et d’une seule : des bien plus modestes Aggies de Utah State. Passer de la mégalopole de Los Angeles à une bourgade de 50k habitants au milieu des montagnes de l’Utah est déjà un choc. Un second : la différence de climat.

Lorsqu’il se rend pour la première fois sur le campus, un blizzard violent glace la ville de Logan. Premier réflexe, Bobby Wagner appelle sa mère, lui explique la situation et lui fait part de son intention de faire demi-tour. « No Way », interdiction formelle de revenir, son fils ne doit pas être une personne qui recule face à l’adversité (rapporté par nfl.com).

Seattle

Après une première saison où il est utilisé en rotation, Bobby Wagner fait ce qu’il fait de mieux avec Utah State : 114 puis 133 puis 147 plaquages les trois saisons suivantes. Invité à la semaine du Senior Bowl, il se fait remarqué par les évaluateurs avec ses plaquages et une interception sur Brandon Weeden, lors de l’opposition Nord-Sud clôturant l’édition 2012. Absent du NFL Combine pour maladie, il brille à nouveau lors du ProDay de l’université d’Utah State : suffisant pour être sélectionné au 2e tour de la draft par les Seahawks de Seattle.

Bobby Wagner est le 47e joueur sélectionné cette année-là. Si logiquement, Luke Kuechly et Dont’a Hightower sont choisis au 1e tour, lors du second tour d’autres linebackers sont draftés avant lui : Courtney Upshaw (ex Falcons) et celui qui deviendra plus tard son coéquipier Mychal Kendricks. Peu importe. Tellement ignoré à sa sortie de lycée, il a l’habitude d’être sous-estimé et puis, il arrive au sein d’une défense remplie de joueurs ayant connu le même sort : Richard Sherman et Kam Chancellor ont du attendre le 5e tour pour recevoir le coup de téléphone d’un manager NFL. Michael Bennett lui, a passé les 7 tours à regarder son téléphone, sans que celui-ci ne sonne. Et pourtant, la qualité est là dans cet effectif.

« J’ai beaucoup appris du leadership de Red Bryant. Brandon Mebane m’a fait comprendre beaucoup de choses sur les attaques adverses et Richard Sherman m’a enseigné comment m’adresser aux gars. Quant à Earl Thomas, les gens ne réalise pas à quel point il s’entraine dur ! », Bobby Wagner pour nfl.com

Bobby Wagner a beaucoup appris et il a appris vite : 140 plaquages dès sa saison rookie dont neufs infligeants une perte de yards sur l’action. Depuis, huit saisons où il n’est jamais descendu en dessous des 100 plaquages en saison régulière, pas même en 2014 quand il ne peut jouer que 11 matchs. Si ce sport est aussi qualifié de business, les fans arborant le numéro 12 peuvent être confiant pour l’avenir.

« C’est un business mais je regardais ces gars comme Ray Lewis et Brian Urlacher et ils ont effectué leurs carrières si brillantes dans une seule équipe. C’est aussi mon intention. », Bobby Wagner pour seahawks.com

Lors de l’intersaison 2019, les Seahawks l’ont prolongé jusqu’en 2022 avec 40 millions de dollars garantis sur son contrat. De fait, il est le linebacker intérieur le mieux payé de la ligue. Quoi de plus logique ?

Heaven City

Bien qu’il soit millionnaire, il n’est pas rare de voir Bobby Wagner sortir d’une Lexus année 2008, tout en portant un sac à dos « Tortues Ninja ». Cette voiture était celle de sa mère, elle qui déjà avait battu un accident vasculaire cérébral, décède en 2009 d’un arrêt cardiaque. Le choc d’une vie. Surtout qu’il est alors à 1000 kilomètres de là, dans l’Utah. Phenia Wagner, qui avait l’habitude d’acheter des produits Turtle Ninja à son fils chéri.

C’est également pour sa mère qu’il prie avant chaque match dans une zone d’en-but. Elle avait seulement 47 ans. Mais quelques semaines après ce décès, une naissance vient contrebalancer le cycle naturel, celle de sa fille.

« Un moment charnière dans ma vie ! J’ai perdu quelqu’un mais j’ai aussi gagné quelqu’un. », Bobby Wagner pour le Seattle Times

Bobby Wagner ne rêve que de remporter un nouveau Super Bowl. Cela semble possible en 2020 alors il est plus motivé que jamais : Cowabunga !

 

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