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Chroniques Globetrotteurs Histoire

[Globetrotteurs] Christian Okoye : le cauchemar nigérian

Des passeports étrangers ou des parents expatriés. S’il sont tout nés à des milliers de kilomètres des États-Unis, ils ont tous fini par atterrir sur les rectangles verts de la NFL. Voici leur histoire.

Des épaulières 80’s démesurées pour couvrir des deltoïdes de discobole tout aussi insensés. Une carrure aussi intimidante qu’un 32 tonnes lancé à tombeau ouvert. Des cuisses délirantes de puissance. Le prototype du bulldozer. Christian Okoye est un monstre physique hors-norme taillé pour jouer le dimanche. Pourtant, il a bien failli ne jamais piétiner un terrain hachuré de blanc.

Guerre et paix

En août 1961, quand Christian voit le jour sur la colline d’Enugu et sa fourmilière de 800 000 âmes, au sud-est d’un Nigeria qui n’a acquis son indépendance que 10 mois plus tôt, rien ne le prédestine à devenir une terreur des gridirons. La NFL, qu’est-ce que c’est que ça ? Pendant que l’ambitieuse ligue commence à s’introduire dans les foyers américains en s’invitant dans leurs petites lucarnes à grand coup de publicité et en révolutionnant chaque saison un peu plus ses moyens de diffusion, le gamin grandit dans un monde totalement hermétique à ce sport de gladiateurs qui se battent pour un ballon en cuir fuselé. Le combat qu’il mène, bien malgré lui, est d’une toute autre nature.

Cinquième d’une fratrie de 7 enfants, il grandit dans un pays déchiré par les tensions ethniques. Et quand le coup d’État de janvier 1966 met au pouvoir un représentant des Igbos, l’ethnie de la famille de Christian, le pays bascule dans le chaos. Il n’a que 5 ans quand un second coup d’état porté par des militaires rivaux du Nord ayant interprété les velléités unificatrices du général Johnson Aguiyi-Ironsi comme une tentative d’asseoir la domination igbo sur le reste du territoire, plonge le pays dans un bain de sang. Massacre de villages igbos entiers, représailles envers les Haoussas, Idomas et Tivs, le Nigéria sombre en pleine guerre civile, teintée de rivalité politique, ethnique et religieuse. Le football est bien loin de tout ça.

Le 30 mai 1967, les Igbos, troisième ethnie majoritaire du Nigeria et essentiellement massés dans un sud qui baigne les deux pieds dans le pétrole, proclament leur indépendance et fondent la République du Biafra. Le 15 janvier 1970, après un peu moins de 3 années de guerre, l’éphémère État réintègre le reste du pays. Trois années au cours desquelles quatre des oncles de Christian auront combattu pour sauver la peau des leurs.

« On voyait des gens avec des mitrailleuses dans les rues, » se souvient Okoye. « J’avais pris pour habitude de me planquer dans le sous-sol de ma grand-mère. »

Épargnée par les massacres, mais pas par la discrimination persistante dont sont victime les Igbos, la famille Okoye tente de reprendre sa vie normale. Soccer, handball, volleyball, le gamin est sur tous les terrains de son collège d’Uwani Secondary School et sa vaste cours en terre battue. Dada de tennis de table, il se défoule en balançant des disques aussi loin qu’il le peut et en enfilant les haies à toutes enjambées. Fantastique athlète dès son plus jeune âge, il n’a que 17 balais quand ses qualités de lanceur tapent dans l’oeil de Patrick Anukwa, coach d’athlé de l’État d’Enugu. Son nouveau mentor le prend sous son aile, lui fait bouffer des protéines pour qu’il s’épaississe et Christian se met très vite à nourrir des rêves d’olympisme, un disque fermement vissé dans sa main de Golgoth. 

Les Jeux de 1984 dans le viseur, une flamme virevoltante dans les yeux, il prend son courage à deux mains, découvre son premier passeport et traverse l’Atlantique pour rejoindre son pote Innocent Egbunike. Autre poulain d’Anukwa, le sprinteur est parti en éclaireur chez l’Oncle Sam un an plus tôt. Les deux ados se retrouvent à 13 000 bornes de chez eux, à quelques encablures à l’est de la Cité des Anges, théâtre des prochains J.O. Là-bas, entouré d’une petite bande de compatriotes, Christian espère parfaire son éducation et profiter des installations de la petite Azusa Pacific University, institution évangélique chrétienne choisie avec soin par le très protecteur et pieu père d’Innocent, afin de s’entraîner comme un demeuré dans l’espoir d’intégrer l’équipe nigériane d’athlétisme. Messe obligatoire trois fois par semaine, apprentissage imposé de la Bible, conciergerie et travaux de peinture dans les dortoirs, en l’absence de bourses d’études pour les sportifs, les deux Nigérians doivent travailler sur le campus pour payer leurs cours. Loin des siens, les premiers mois sont durs pour « Cho-Cho. » La nuit, il se réveille brusquement et appelle en vain une mère emportée par un AVC deux ans plus tôt raconte-t-il à The Vault. C’est finalement auprès de ses compatriotes expats qu’il parvient à nouer un pont entre sa vie d’avant et sa nouvelle vie américaine.

« J’ai déménagé dans un appartement avec Innocent et deux autres amis. On mangeait du fufu (plat typique nigérian, ndr), on écoutait de la musique et on parlait de nos vies à Enugu, » se souvient-il.

Pourtant, malgré tous les efforts déployés, des performances sans cesse à la hausse et des minimas remplis haut la main, à quelques semaines des Jeux de 84, il est gentiment laissé sur la touche par une fédération qui préfère se passer de celui qui s’imposera très rapidement comme le meilleur lanceur de disque de tout le continent africain. Relent de discrimination envers les Igbos ? Impossible à dire. Abattu, mais pas résigné, il entrevoit une reconversion inattendue tant pour Terry Fransons, coach de l’équipe d’athlétisme, que Jim Milhon, celui des casqués. Le football. Un sport dont il ignore tout de A à Z. Un sport qui l’a profondément ennuyé la première fois qu’il s’est posé devant un téléviseur pour en regarder une rencontre. Mais l’opportunité est trop belle. Et surtout, la crainte de revivre le même râteau dans 4 ans le terrifie. Trop d’efforts et de sacrifices consentis pour rien. Il veut tenter sa chance.

« C’est dur, » le prévient Franson. « La moindre blessure ruinerait ta carrière au disque. »

« Je suis parfaitement conscient que le  football est un sport extrêmement dangereux, » réplique Okoye. « Je l’ai vu à la TV. »

« Pourquoi veux-tu y jouer alors ? »

« Parce que je pense que je pourrais devenir un joueur professionnel, » balance-t-il plein d’aplomb.

Franson est sur le cul. Il ne pose qu’une seule condition à son protégé : « ne pas essayer juste pour essayer. » Si tu t’y mets, ton investissement devra être absolu. Christian se donne deux semaines d’entraînement pour trancher. 15 jours plus tard, il est à deux doigts de tout lâcher.

« Je n’aimais pas ça, » explique-t-il au Sun Sentinel en 1987. « Je comprenais rien. C’était stupide pour moi. Des types qui se rentrent dedans en permanence. Le jeu s’arrêtait tout le temps. Pas comme au soccer. »

Son père non plus n’est pas emballé. Mais pour d’autres raisons.

« Quand j’ai commencé à jouer au football, j’ai écrit une lettre à mon père pour obtenir son autorisation, » raconte-t-il à The Undefeated en décembre 2017. « Il m’a répondu qu’il y réfléchirait. Il a lu quelques articles et en a conclu que c’était un sport vraiment trop dangereux. Il a vu des histoires de types très sérieusement blessés voire paralysés. Il ne voulait pas que je me blesse à mon tour. »

Inquiet pour l’intégrité physique de son fiston, Okoye Senior l’incite à se concentrer sur ses études plutôt que le football, mais Christian, pas aidé par des amis très insistants, est irrémédiablement attiré par ce sport si intriguant. Et malgré les conseils de prudence de son paternel, il poursuit sa carrière d’apprenti footeux.

« Quand je me suis mis à rencontrer un certain succès, je lui ai envoyé des articles qui parlaient de moi et il a changé d’avis et s’est mis à m’encourager à continuer à jouer au football. »

Car malgré ses premières réticences, le gamin d’Enugu va s’accrocher et vaincre ses préjugés. Si le potentiel athlétique est sans fin, la quantité de nouvelles informations que coach Milhon doit faire ingurgiter à Okoye est gargantuesque. Pas besoin de tuto sur comment enfiler son uniforme au moins, Christian l’a déjà appris en autodidacte, en observant les autres joueurs faire. L’apprentissage se révèle chaotique parfois. Trop habitué à la raideur imposée par l’athlétisme, il doit apprendre à baisser ses épaules pour moins exposer son corps et garder ses jambes dynamiques pour changer de direction avec puissance et rapidité. Quand bloquer ? Qui bloquer ? Bras droit ou bras gauche ? Il ne sait pas dans lequel le ballon est le plus confortablement installé. Pire encore, il galère à conserver le cuir bien calé entre ses biceps. « Ce ballon n’est pas normal. Il n’est pas rond, » se plaint l’ancien gardien de but de foot. Pourtant, plus il apprend et découvre les subtilités du jeu, plus il est séduit.

Tant de nouvelles choses à maîtriser, de nouveaux réflexes à apprivoiser. Tant que Christian se retrouve largué parfois. Comme ce jour-là, à l’entraînement, lorsque que son entraîneur lui désigne un linebacker en lui intimant l’ordre de le bloquer seulement s’il blitze. Kapish coach. Hut ! Le ballon est mis en jeu, le défenseur descend en couverture et, inexplicablement, Okoye lui fonce dessus et l’aplatît comme une crêpe au sucre. « T’es taré ? » lui balance son coéquipier, la bave aux dents. « On m’a dit de m’occuper de toi, » lui répond timidement Christian. Lorsqu’il marque son tout premier touchdown, il reste planté au milieu de l’en-but sans trop savoir quoi faire, avant qu’on lui explique enfin qu’il doit tendre le cuir à un officiel. C’est le métier qui rentre. Lentement, mais sûrement.

Je suis une légende

Trois ans plus tard, Christian écume toujours le petit campus. Il a déjà 25 piges. Cela fait désormais 3 ans qu’il a fait connaissance avec un sport dont il ignorait tout. Un sport dont il est devenu l’un des spécimens les plus intrigants du pays à quelques semaines de la draft 1987. Pourtant, le doute est venu le chatouiller plus d’une fois. Et sans les bons mots de Franson, il aurait probablement jeté l’éponge. Mais au fond, il s’est pris d’affection pour ce football sauce US qui l’avait ennuyé à mort lors de leur première date. Il s’amuse. Il s’éclate. Il aime ça. « J’aime jouer running back. C’est tellement simple : tu cours avec le ballon et les autres gars te poursuivent. » 

Non content d’être devenu le recordman africain au disque avec un lancer à 64,71 mètres (un jet qui l’aurait placé 7e de la finale des Jeux de Los Angeles) tout en empilant un nombre incalculable de récompenses universitaires sur tout un tas d’autres disciplines, Christian s’est mué en coureur destructeur. S’il est encore très loin de maîtriser toutes les complexes arcanes du jeu, il domine de la tête et des épaules une concurrence bien trop tendre. Impuissante. Une anomalie pour un programme qui survit tout juste avec 26 000 dollars de budget annuel, n’impose aucun camp de préparation obligatoire au printemps et se contente d’équipement parfois vieux de 8 ans. Côté athlétisme, la piste tire méchamment la gueule et le budget encore plus serré alloué au programme retarde considérablement les rénovations. 

Pourtant, malgré des installations obsolètes, la petite bande d’expatriés s’épanouit et peut compter sur sa nouvelle famille : celle composée de Terry Franson, leur coach d’athlé, sa femme Nancy et leurs trois filles. Jamais ils n’oublient de célébrer l’anniversaire du trio nigérian. « J’étais assis à l’appart, en train de regarder la TV, et les Fransons débarquaient avec un gâteau d’anniversaire et des cadeaux, » se souvient Christian. S’il trouve auprès de Terry les réponses à la moindre de ses questions, il retrouve chez Jim Milhon, coach des footeux, la patience de sa défunte mère. 

De toute la National Association of Intercollegiate Athletics, la NCAA des mini-universités, on ne trouve pas joueur plus dominant que ce mec qui ne connaissait rien au foot 3 ans plus tôt. Un type qui n’aurait peut-être même jamais enfilé de casque et de plastron si l’idée de se prendre pour la star des Raiders Marcus Allen ne l’avait pas amusé au point de s’essayer à ce sport d’allure si soporifique à travers la petite lucarne. Et que dire si la fédé nigériane l’avait sélectionné pour les Jeux de Los Angeles ? Pour sa dernière saison à la fac, malgré un premier match à seulement 89 yards, il aura carburé au rythme démentiel de 186,7 yards par match. Tous niveaux confondus, du plus prestigieux au plus insignifiant, personne n’aura fait mieux. Il ne lui faut que 9 petites rencontres pour empiler le total absurde de 1680 yards et 20 touchdowns dont une échappée folle de 94 yards. À une époque sans internet, où les bandes vidéo sont rares, la légende entourant celui qu’on appelle The Nigerian Nightmare n’en finit plus de s’épaissir. 

« À l’époque, on se basait beaucoup sur ce qui se racontait, » se souvient l’ancien linebacker des Broncos et Seahawks Dave Wyman dans les colonnes de The Vault. « Quand on affrontait Marcus Dupree à l’université (star éphémère des Sooners d’Oklahoma le temps de la saison 82 et qui ne rencontrera jamais de succès après ça, ndr), il n’existait aucun highlight de lui à moins de se taper tout le match en vidéo. Mais on entendait toutes ces histoires disant qu’il ressemblait à un joueur pro jouant au milieu de lycéens. Okoye fait parti de ces types autour desquels une véritable légende s’est bâtie dans le monde de la NFL. Tu te souviens comment on te le décrivait, même son surnom, le Cauchemar Nigérian, et c’était probablement un peu exagéré. »

Pas tant que ça. Le jour du Senior Bowl, Christian plante 4 touchdowns records sous les yeux ébahis de recruteurs qui le découvrent en chaire et en os pour la première fois pour nombre d’entre eux. Nommé joueur du match de son équipe, il entretient sa légende. Et ce ne sont pas ses qualités physiques et athlétiques hors du commun qui vont faire tomber la hype. 1 mètre 81, 115 kilos, une pointe de vitesse de 4,45 sur 40 yards, une détente verticale qui flirte avec le mètre de haut, une détente horizontale de 7 mètres, il est capable de soulever plus de 180 kilos de fonte sur le banc et squatte le total délirant de 329 kilos sur ses épaules. Universitaires, professionnels, aucun autre footballeur n’est capable de pareil exploit. Ce type est un OVNI.

Phénomène physique sans grande expérience, Okoye attire pourtant la curiosité de plus d’une franchise NFL. À commencer par Ceux-Dont-Il-Ne-Faut-Plus-Prononcer-Le-Nom et les Bills. Depuis le début du printemps, ils sont venus le visiter trois fois chacun. Un autre jour, ce sont les scouts de pas moins de 7 formations différentes qui se pressent sur le campus d’Azusa Pacific pour le passer au crible. Les Oilers vont même jusqu’à affréter un avion spécialement pour le faire venir à Houston afin de pouvoir l’observer de plus près en toute quiétude. Si la curiosité est unanime, le verdict sur son avenir est nettement plus partagé. Pour Dick Steinberg des Pats, il est « une denrée rare » qui ne dépassera sûrement pas le 2e tour. Les coureurs de ce gabarit sont si peu courants. Côté Browns, Ernie Accorsi ne s’inquiète pas trop de son âge déjà avancé. Il a le potentiel pour filer dès le premier tour. « C’est un fullback surpuissant avec la vitesse d’un running back. » Pour d’autres recruteurs, il tombe davantage dans la catégorie des project-players, ces gars aux qualités physiques et athlétiques tape à l’œil, mais dont on peine à sonder le véritable potentiel technique et tactique. Un choix de milieu de Draft au mieux. Un risque mesuré. Chez les Broncos, on s’inquiète de la marche entre la confidentielle Asuza University et la NFL. Surtout pour un coureur qui aura échappé 26 ballons en 28 rencontres universitaires.

« Nous devons tous être très prudents, » explique George Young, GM des Giants à l’époque. « Nous laissons-nous gagner par notre imagination au moment de la Draft ? Prenons-nous vraiment de simples types pour de véritables joueurs de foot ? »

Pendant que les scouts et general managers de toute la ligue tournent et retournent son cas dans tous les sens, Christian s’interroge sur son avenir de footballeur professionnel. Sera-t-il capable d’assumer tous les changements qui se profilent sans le cadre rassurant d’Asuza, de sa famille d’adoption et de ses amis ?

Brève, mais intense

Le jour J, la prudence l’emporte, mais le potentiel est trop beau pour les têtes pensantes de KC pour le laisser glisser dans le milieu de la Draft. Après avoir sélectionné le running back de Temple Paul Palmer avec le 19e choix général, les Chiefs retapent leur backfield offensif en deux temps en draftant Okoye en tant fullback dès le 7e choix du 2e tour. En dehors d’un autre phénomène athlétique sélectionné à des années lumières, un certain Bo Jackon au 7e tour, il sera le seul running back d’une cuvée bien faiblarde à ne pas rapidement tomber dans l’oubli. Et il va vite se faire remarquer. Même auprès de ses coéquipiers.

À une époque où les linemen flirtant allègrement avec les 140 kilos commencent à pulluler, Deron Cherry se laisse aller à une petite expérience. Dans le vestiaire, à quelques minutes du coup d’envoi d’un match, la légende des Chiefs croise le regard d’un imposant pèse-personnes, une étincelle illumine son cerveau, il se tourne vers Okoye et lui lâche : « Christian, monte sur la balance. » Casque, plastron, équipé de la tête aux pieds, le runnings back s’exécute. 136 « p****n » de kilos. Le safety aux 50 interceptions en carrière n’en croit pas ses yeux. « Tu te fous de moi. » 

Même devenu pro, l’apprentissage de ce sport passé maître dans l’art de se compliquer la vie se poursuit. Après une réunion tactique où Bruce Arians, fraîchement nommé coach des runnings back de Kansans City, explique les différents commandements en situation de passe sur lesquelles les coureurs doivent se muer en bloqueur et les variantes selon que la défense adverse soit en 3-4 ou 4-3, Christian attend gentiment que la salle se vide, s’avance timidement et balance avec toute l’honnêteté qui le caractérise : « Coach, c’est quoi une 4-3 et une 3-4 ? » Arians est fixé. Les deux hommes sont appelés à passer de longues heures en tête-à-tête. « Excellente question mon cher ! Tu fais bien de demander » Okoye bachotera comme un dingue et avec un enthousiasme contagieux. « Quel plaisir ça a été de le coacher, » confie l’actuel coach des Bucs à ESPN en décembre 2017.

Dans les corps, dans les têtes, les défenses adverses s’épuisent à son contact. Quand les linebackers adverses se font malmener depuis plus de 3 quart-temps par des linemen offensifs bien trop gros pour eux et qu’ils voient débouler dans leur sillage les 130 kilos de chaire, de muscle et d’attirail d’Okoye, le peu qui leur reste de courage et d’énergie les abandonne.

 » Je suis convaincu que mentalement et physiquement les gars hésitaient vraiment à essayer de le plaquer après 3 quart-temps et à l’attaque du dernier, » raconte Lloyd Burruss à ESPN

Tellement que quand Marty Schottenheimer met en branle sa four-minute offense en fin de partie pour dévorer le chrono et tuer tout suspense, le safety s’installe confortablement sur le banc, glisse du tabac à chiquer entre ses dents et contemple l’entreprise de destruction de ses potes de l’attaque. Une fois. Deux fois. Trois fois. Jusqu’à près d’une dizaine de reprises parfois, Okoye piétine des lignes adverses en perdition. Sur le bord du terrain, peinard, Burruss sait que sa journée de travail est terminée et que la prochaine fois qu’il ira sur le terrain, ce sera pour aller serrer les mains des vaincus du jour. « Thank you, good game. »

Dans une attaque qui aime dicter le tempo en imposant la cadence au sol, Christian s’épanouie. Après deux premières saisons pleines de belles promesses, mais entachées de pépins physiques, il va exploser en 1989. 1480 yards, 12 touchdowns, Pro Bowler, 1st Team All-Pro, les défenseurs glissent inlassablement sur ses larges pads et le numéro 35 impose son style tout en puissance. L’apogée d’une carrière que les blessures à répétition viendront rapidement écourter. Une carrière brève qui lui aura pourtant suffit pour marquer les esprits à jamais. En 6 ans dans le Missouri, il engloutira 4897 yards et croisera 40 fois la ligne dans un rôle de perce-muraille infatigable. Six saisons à envoyer les défenseurs voler sur son passage avant que son corps d’apparence indestructible ne hisse le drapeau blanc sur une carrière tout aussi éphémère que grandiose et improbable.

Que de chemin parcouru depuis la colline d’Enugu.

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