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Globetrotteurs Histoire

[Globetrotteurs] Danielle Hunter : l’instinct du chasseur

Des passeports étrangers ou des parents expatriés. S’il sont tout nés à des milliers de kilomètres des États-Unis, ils ont tous fini par atterrir sur les rectangles verts de la NFL. Voici leur histoire.

Il n’a pas la voix suave et les dreads des Marleys. Il n’a pas les jambes supersoniques d’Usain Bolt ou Shelly-Ann Fraser-Pryce. Il n’a pas la silhouette envoutante de Naomi Campbell. Contrairement à Raheem Sterling, natif de Kingston devenu star de soccer des Three Lions outre-Manche, Danielle Hunter a choisi un exil moins lointain et un autre ballon. Car il n’est pas un Jamaïcain comme les autres.

Agitations tropicales

Un Jamaïcain qui vénère Bob Marley. Le cliché est gros comme une maison, mais Danielle Hunter l’assume naturellement. Sa musique aura bercé sa jeunesse. Sa philosophie de vie guide son existence.

« Il faut regarder et écouter Bob Marley, » disserte-t-il sur ESPN. « Il a vécu de la meilleure façon qui soit. Il n’était pas question de succès, d’argent et de toutes ces choses. Tout ce qui comptait pour lui, c’était vivre et être heureux. Ça symbolise parfaitement la culture jamaïcaine. »

Une culture dont il s’asperge sans une once de retenue. Une culture qui lui colle à la peau et dont il est immensément fier d’être l’un des rares représentants dans un sport encore intimiste dans les Caraïbes. Car rares sont les Jamaïcains à devenir footballeurs. Ils ne sont que 42 même dans l’histoire, d’après les archives de la NFL. 

Kimara Bonitto n’a que 18 ans quand elle met au monde Danielle. Son père biologique, il ne le croisera que quelques rares fois qu’il préfère oublier. Il n’a qu’un an et demi quand ses grand-parents maternels décident subitement d’embarquer leurs 5 rejetons direction les States. Seul détail, et de taille, le nouveau-né ne peut pas les accompagner. Si la jeune maman, paniquée par la perspective de l’abandonner, envisage un temps de rester en Jamaïque avec son fils, ses parents la convainquent qu’un avenir meilleur les attend tous à quelques centaines de kilomètres de là et qu’il pourra la rejoindre quand il sera assez grand. Kimara cède et s’en va, le coeur serré. Pendant que la jeune femme suit des études de comptabilité à New York et cumule les jobs pour envoyer des chèques sous les tropiques, le gamin grandit avec sa tante à Greater Portmore, dans la banlieue ouest de Kingston. Son prénom à l’orthographe si singulier, il est d’ailleurs peut-être bien le seul homme sur Terre dont le blase s’épèle de cette manière s’amuse-t-il parfois, Danielle le doit justement à sa jeune mère. Une combinaison de deux prénoms made in maman. Et prenez bien soin de le prononcer convenablement : « Duh-kneel » et non « Duh-nell » comme s’entête à le faire Mike Zimmer.

Trois ou quatre fois par an, Kimara revient les valises chargées de cadeaux, impatiente de voir son rejeton porter les vêtements Nautica, sa marque préférée, qu’elle lui a envoyés. « J’aimais le voir habillé avec des vêtements de marin. » Pourtant, chaque fois qu’elle rentre au bercail, elle le retrouve avec le même accoutrement rapiécé, pieds nus, à crapahuter dans une forêt de bitume sans charme. Rien qu’elle ne se souvienne lui avoir acheté. Lorsqu’elle lui demande où sont les vêtements qu’elle lui a envoyés, Danielle lui répond qu’il n’a rien reçu. Et quand elle se promène dans le quartier, les voisins la regardent de travers et racontent qu’elle ne fait rien pour son fils. Qu’elle l’a oublié. Un horrible mensonge, mais la jeune mère ne veut pas faire de vagues et s’inquiète du bien être de son gosse.

Quatre ans après l’exil américain de Kimara, Danielle se trouve une nouvelle famille d’adoption du côté de son grand oncle et sa vie s’améliore considérablement. Hunter a 8 ans quand il quitte la Jamaïque pour aller rejoindre sa mumma à Houston, après une étape New Yorkaise de six mois auprès de sa grand-mère. Pour la première fois de sa vie, à peine débarqué du vol Air Jamaica qui vient de le déposer sur le tarmac de La Guardia, il se mêle à des gens d’une autre couleur de peau que la sienne. 

« C’était la première fois que je voyais des blancs, » raconte-t-il à Bleacher Report. « J’en avais juste vu à la TV. J’arrêtais pas de me dire, ‘Oh ! Là, une personne blanche !’. » 

Au Texas, il fait la rencontre de Cheikh NDiaye, compagnon de Kimara rencontré à l’université et dont il est devenu le mari quelques semaines plus tôt. Un homme qui deviendra un véritable père pour un Danielle qui touche ses premiers flocons de neige à l’occasion d’une visite de courtoisie chez sa famille new-yorkaise. Décidée à ce que son fils embarque dans l’ascenseur social, sa mère se révèle particulièrement exigeante avec Danielle. À l’école, hors de question de se satisfaire de simples A. Toujours viser le A+. L’excellence. Le ticket doré pour une vie meilleure. Élevé au cricket et au soccer pendant 8 ans, le gamin découvre ce sport si américain dont il ne connaissait rien un dimanche après-midi, lorsqu’il tombe sur son beau-père, installé devant la télévision en train de regarder religieusement un match de football. 

C’est en jouant dans les couloirs de l’immeuble avec son pote Jermel Holmes qu’il est repéré par Jerry, le père de son ami et accessoirement coach des Texans de Houston version enfants, en Youth Football League. « Fiston, tu devrais jouer au football. » Quelques semaines plus tard, coincé entre un plastron pesant et un casque trop grands pour lui, il est baladé aux quatre coins du terrain. N’importe quel poste tant que ça n’est pas quarterback, kicker ou punter. Junior, il porte les Mavericks de Morton Ranch High School au titre d’État et c’est un flot ininterrompu d’offres de scolarité qui se déverse dans la boîte aux lettres familiale. Sa mère en a encore trois cartons pleins à craquer. Alabama, Texas, Florida, Ohio State, Texas A&M, toutes les grosses écuries veulent s’arracher ce gosse aux bras démesurément longs victime d’une poussée de croissance affolante. Séduit par leur philosophie défensive, Danielle opte finalement pour les Tigers de LSU.

Après 3 saisons faméliques à Death Valley, Hunter prend le plus gros risque de sa vie. Au diable son année de sénior, il saute dans le grand bain de la draft 2015 avec 4,5 malheureux sacks sur son CV. Un all-in total qui pourrait virer au fiasco total. Car si ses attributs physiques, ses qualités athlétiques et son investissement en dehors du terrain en font un choix de premier tour en puissance, son piteux bilan statistique le précipite au mieux en fin de deuxième journée. À quoi bon s’enticher d’un phénomène naturel incapable de produire quoi que ce soit. Pour beaucoup d’observateurs, une décision bien trop précipitée pour un type bourré d’un potentiel qu’il doit encore apprendre à découvrir et maîtriser. Un type qui a encore tout à prouver.

« C’est un joueur plein de talent, mais qui, je pense, n’est pas encore prêt, » commente Todd McShay d’ESPN. « À mon avis, il devrait rester à la fac et continuer à se développer. Je sais qu’il est impressionnant physiquement et que c’est une machine de salle de muscu. J’ai vu des flashs de ce potentiel, mais je ne l’ai jamais vu progresser cette année. »

Un portrait alarmant, mais trop tard, Danielle, son mètre 96 et ses presque 110 kilos ont fait leur choix. Malgré des performances au ras des pâquerettes à Bâton Rouge, il est quand même convié au Combine d’Indianapolis. S’il impressionne par ses mensurations, c’est son 4.57 sur le 40 yards, le plus rapide parmi tous les defensive ends, qui va faire vriller quelques cervicales.

Dans le logiciel dont les Vikings disposent pour évaluer les joueurs au regard de leurs performances d’Indy et de tous les chiffres imaginables qui leurs sont associés, Danielle décroche un 10 sur… 10. Les chiffres ou les bandes vidéo. Le dilemme de tous les recruteurs. Car s’il ne fait aucun doute qu’il possède une allonge incomparable, une force naturelle, une fluidité presque envoutante quand il le veut et une vitesse d’exécution bluffante, il s’approche bien trop rarement de la cible : le quarterback. La faute à un éventail de moves qui frôle le néant et à un style de jeu bien trop rentre dedans qui s’en remet trop souvent à la force brute en oubliant la finesse et les neurones. Résultat, il s’embourbe dans des blocs dont il est incapable de se défaire à cause d’appuis bien trop approximatifs qui ne lui offrent aucun levier et d’un déficit criant d’outils techniques et tactiques.

« Quand on regarde l’athlète, on se dit c’est un choix de premier ou deuxième tour. Quand on regarde les images, on est loin du compte, » se souvient le coach de la ligne défensive de Minnesota, Andre Patterson.

Pourtant, frappé par la foudre et convaincu qu’il possède le potentiel pour devenir un titulaire en puissance dès sa 3 année, Rick Spielman, GM des Vikings, sacrifie le 88e choix général (3e tour) sur ce bambin de 20 ans et quelques mois à peine qui pourrait se transformer en trouvaille du siècle comme en gigantesque bust. Conscient de sa faculté à s’inviter dans le champ arrière, en attestent ses 21 plaquages pour perte sous les couleurs de LSU, le staff de Minneapolis va s’atteler à gommer ses mauvaises habitudes de pass rusher pour le métamorphoser en chasseur de QBs. Pour ça, il pourra compter sur l’expérience des vétérans Everson Griffen et Brian Robison. Mais aussi celle de son coach de ligne.

Voiture et Découvertes

Premier jour de bureau dans le Minnesota. Pas d’armure, pas de heaume, Danielle Hunter s’attable avec Patterson pour une longue séance décryptage. Les deux hommes repassent au crible chacun de ses rushs au cours de sa carrière à LSU. Pourquoi attaquer de telle manière ? Pourquoi ce move ? Pourquoi l’extérieur plutôt que l’intérieur ? Pourquoi ça n’a pas marché ? Une IRM de sa carrière grâce à laquelle le joueur et le coach peuvent prendre la mesure du travail qui les attend et identifier les priorités. Et la cible toute désignée est vite cernée : l’angle d’attaque. Plus serré et bas sur le tackle, plutôt que de prendre le périph comme il le faisait à Death Valley et se retrouver en pleine cambrousse, à des kilomètres du quarterback. En restant au contact, il met son vis-à-vis sous pression, ne perd aucune vitesse, s’épuise moins et s’offre tout un tas d’ouvertures dans la muraille adverse.

Patterson lui apprend également à utiliser ses mains et ses bras de près de 88 cm de long sans retenue ainsi qu’à maîtriser l’art du stab move, celui qui détermine tout. Tous les jours pendant un an, juste avant l’entraînement, à coup de séries de 50 punchs de la gauche, puis 50 de la droite, Danielle se déchaîne sur un sac de boxe qui n’a rien demandé. Le principe est simple : en sortie de snap, projeter ses mains le plus violemment possible vers son vis-à-vis afin d’identifier ses intentions grâce à son attitude et sa posture. Quel côté va-t-il protéger. L’intérieur ou l’extérieur. À partir de là, toutes les options de contre sont ouvertes. Frapper les bras du tackle adverse pour casser la prise ou l’empêcher de poser ses mains sur lui, enrouler ses bras autour de ceux de son adversaire pour se faufiler dessous, écraser ses paumes sur les épaules du bloqueur et l’entraîner d’un côté pour mieux s’engouffrer de l’autre. En force, en finesse, avec son corps, avec ses bras, avec ses jambes, avec sa tête surtout, tout un panel d’esquives qui lui ouvriront les portes du saloon.

Le déclic viendra finalement en semaine 4. À quelques jours d’aller se mesurer aux Broncos dans leur haras du Colorado. Pendant la semaine de préparation, le plus jeune joueur de la NFL est chargé de jouer le rôle de Von Miller. Gourou de la ligne défensive ayant coaché des pointures comme John Randle, Chris Doleman ou Elvis Dummervil, Andre Patterson continue de s’interroger sur les mauvaises habitudes prises par son poulain en Louisiane. Là-bas, malgré ses interminables segments, Danielle était systématiquement aligné accroupi en bout de ligne. Mais son nouveau coach est convaincu qu’il gagnerait en dynamisme et en explosivité à adopter une posture debout, comme le numéro 58 de Denver. 

« Il nous a sorti un vrai one-man show ce jour-là, » se souvient Patterson. « C’était surréaliste, vraiment. Incroyable. Intérieur, extérieur, spin moves. Il a fait des choses dont on ne le croyait même pas capable. »

Rapidement, la métamorphose opère. Meilleur timing, meilleurs angles d’attaque, il devient de plus en plus menaçant. La semaine suivante face aux Chiefs, il signe son premier demi-sac. La saison achevée, il en aura glané 6. Plus que durant toute sa carrière universitaire. 

Malgré cette précocité unique qui l’estampille vite « talent de demain » ou « joueur à surveiller » à l’aube de la campagne 2016,  Danielle n’est pas intéressé par la célébrité. Contrats publicitaires millionnaires, plateaux TV, tout ça l’indiffère. Vous n’êtes pas prêt de le voir donner la réplique à J.J. Watt dans une pub Subway.

« Tout ce que je veux, c’est jouer au football, » lâche-t-il à ESPN en décembre dernier. « Peut-être que je le ferai un jour, mais j’en sais rien. »

Car s’il ne se cache pas sur le terrain, le Jamaïcain est d’une timidité proportionnelle à son talent en dehors. Discret, il ne cherche jamais à braquer l’attention sur lui et préfère se muer en spectateur passif de l’agitation du vestiaire plutôt qu’en ambianceur fantasque comme certains de ses coéquipiers. Au lieu de ça, il garnit copieusement les pages de son calepin de notes en tout genre.

« Il ne dit pas un mot, » confirme son pote de la ligne, Ifeadi Odenigbo. « […] Il veut juste qu’on lui foute la paix. Il veut gérer ses affaires tout seul. Le fait est qu’il est incroyablement doué à ce qu’il fait, mais il n’est pas intéressé par l’attention car il voit ça comme une distraction. Et c’est vrai, car très souvent, quand tu commences à faire parler de toi, tu commences à y croire et à tomber dans la hype toi aussi. Et quand tout à coup tu fais un mauvais match, tout le monde se demande, ‘Qu’est-ce qui cloche ?’. »

Super star, mais super timide. Danielle préfère gentiment s’évader sur un circuit de course. Son défouloir préféré après Matthew Stafford. À deux heures au nord d’Eagan, camp de base des Vikings, il écrase sans retenue la pédale d’accélérateur de sa Nissan GT-R Nismo d’un noir maculé. Un petit bolide à près de 200 000 dollars. Celui avec lequel il embrasse sa passion pour la vitesse. Un dada qu’il partage avec une autre star discrète de la défense violette, Eric Kendricks et son inimitable touffe crépue. Après de longues heures de cours privés à haute vitesse, Hunter est devenu un pilote habile, tout en contrôle, qui dompte les courbes et lacets de bitume avec autant d’aisance qu’il amadoue les bloqueurs adverses.

Quand il n’est pas au volant de sa grosse cylindrée, il saute dans le premier avion direction le bout du monde, la télécommande de son drone dans les mains, prêt à faire le plein d’images pour son prochain montage souvenir. Un vrai geek dans l’âme. Un goût pour les technologies qu’il ne dénigre pour rien au monde. Bien au contraire même.

« Sans déconner, quand j’avais 10 ou 11 ans, j’avais pour habitude de hacker des jeux, » n’hésite-t-il pas à confier à ESPN. « J’avais ce jeu de Xbox auquel j’aimais jouer et dans lequel il fallait faire tout un tas de chose pour atteindre un certain nombre de points. J’ai fini par découvrir comment s’introduire dans le logiciel et j’ai décroché tous les points que je voulais. »

L’Islande, l’Amérique du sud, Londres, Danielle explore le monde sans jamais être rassasié. Au printemps 2019, il tombe sous le charme de Tokyo avec ses frères de la défense, Kendricks, Odenigbo, Anthony Barr et Eric Wilson. Un de ses voyages les plus marquants. Il ne revient toujours pas des sièges chauffants dans les toilettes futuristes qui font le quotidien des Japonais. Surtout, il est émerveillé par la discipline de ces millions de personnes entassées dans une ville qui semble si souvent à l’étroit. Pour ce grand timide qui aime « s’occuper de ses affaires » et pas de celles des autres, le coup de foudre.

Mind Hunter

« Ok, on tree ! » (littéralement, « arbre » au lieu de « trois, » ndr) Claquement de mains. « Hein ? » En sortie de huddle à l’entraînement, Danielle se fait parfois rattraper par son accent jamaïcain pour le plus grand plaisir de coéquipiers hilares. Difficile de se départir d’un héritage auquel on est tellement attaché. Ragoût à la queue de boeuf, riz et fèves, jerk de poulet ou l’incontournable ackee et saltfish, plat national jamaïcain à base de morue. Des plats amoureusement mijotés par sa mère dont il ne saurait se passer. Comme la musique qui résonne sans cesse dans les écouteurs vissés sur ses oreilles : Bob et Damian Marley, Buju Banton, Bounty Killer, il vit au rythme du reggae et du dancehall de son île natale.

Des bras démesurément longs et gonflés à s’en péter les veines, un corps aussi sec que le Kalahari, Hunter et son nom prédestinés ont tout du cyborg créé de toute pièce. Le prototype du chasseur de quarterbacks. Un physique impressionnant qui lui doit tout un tas de surnoms dans le vestiaire : de Super Hero à Terminator, en passant par Create A Player, échos tordant à ces joueurs personnalisés totalement cheatés aux mensurations délirantes que l’on ne résiste que trop rarement à créer sur Madden ou 2K. Ou même le plus vieux de tous, celui dont on l’a affublé avant même qu’il ne commence à jouer au football : Too Tall. Trop grand.

« Un joueur des Cowboys s’appelait Too Tall Jones et il avait la même énergie débordante, » se souvient Cheikh Ndiaye sur Bleacher Report. « Il se distinguait déjà des autres gamins de par son physique à l’époque. » 

Ancien coéquipier à LSU l’ayant suivi dans le Minnesota, Tashaun Bower se sent gagné par un profond sentiment d’injustice parfois quand il voit ce type bâti comme un dieu grec se goinfrer de céréales bourrées de sucre pour le dîner alors que lui, déjà contraint de s’entraîner trois fois plus que Danielle pour maintenir sa condition physique, doit s’enfiler une assiette de légumes verts nettement moins savoureux. « Il a été gâté par ses gênes. » Et aussi par un travail acharné depuis qu’il est tombé raide dingue des salles de sport lors de son année de freshman. Il s’entraînait jusqu’à ce que la lumière s’éteigne parfois. 

En 2017, après deux campagnes pleines de promesses et 18,5 scalps arrachés en dépit d’une seule titularisation sur les 30 matchs disputés, l’homme qui fracasse des portes imaginaires à chaque sack, poursuit son ascension à coup de perf hebdomadaires impressionnantes de régularité. Sa production a beau fléchir cette année-là, la concurrence se méfie de plus en plus de lui. À commencer par les Bears et leur coordinateur offensif, Mark Helfrich. Quand les journalistes l’interrogent sur le pass rusher à quelques jours de la réception des Vikings en semaine 11, le technicien balance en riant, que les bandes vidéo montrent un type rushant avec tellement d’agressivité et de violence qu’elles devraient être barrées d’un sigle « réservé à un public averti. »

En juin 2018, à seulement 23 balais, Danielle et ses 7% de masse graisseuse parafent un joli contrat de 5 ans et 70 millions de billets verts dont 40 garantis et 15 dans les poches dès la signature. Une juste récompense pour celui que Linval Joseph à rebaptisé Monsieur Veines, à cause de son corps de cyborg aux canaux sanguins prêts à exploser, et qui aura empilé 25,5 sacks au cours de ses trois premières saisons chez les pros. Un contrat lucratif, mais qui aurait pu l’être davantage encore avec un peu de patience. Seulement, le rusher se moque des sous-sous. Tout ce qu’il voulait, c’était assurer son avenir dans le Minnesota pour de longues années.

« Ça n’a jamais vraiment été une question d’argent, » explique-t-il. « Je ne dépense pas mon argent à tout va. Les seules fois où je peux lâcher un gros chèque c’est sur une voiture que j’aime. C’est à peu près tout. L’argent que j’ai aujourd’hui permettra de subvenir à mes besoins, ceux de ma famille et aux prochaines générations. Ça n’a vraiment jamais été un problème d’argent pour moi. » 

Pas de tatouages, pas de piercings, pas de bijoux, pas de dépenses tape à l’oeil en dehors de quelques bagnoles, dont deux gros pick-ups, pas de trash talk, Danielle est un travailleur de l’ombre à un poste qui attire toute la lumière en défense. Un paradoxe si jamaïcain.

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