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Field Advisor Histoire Pittsburgh Steelers

Field Advisor : le Three Rivers Stadium de Pittsburgh

Gros plan sur l’ancien domicile des Steelers.

Nouvelle structure, rénovation, future implantation… qu’importe l’avancée du projet, le stade demeure l’élément de base pour chaque franchise. Il représente à la fois un véritable moyen de pression auprès des municipalités et une extraordinaire machine à cash pour les équipes. Au cours de ce tour d’horizon, TDActu vous propose de découvrir les spécificités de chaque enceinte. Cette nouvelle phase vous emmène découvrir les illustres anciens, pour la plupart, disparus à l’heure actuelle, mais qui ont abrité les plus belles heures de la discipline.  

Après Philadelphie la semaine passée, restons en Pennsylvanie pour nous plonger dans l’histoire du Three Rivers Stadium de Pittsburgh.

Informations

Nom : Three Rivers Stadium (1970-2000).
Adresse : 600 Stadium Circle, Pittsburgh, PA 15212
Rénovations majeures :
1983
Équipes résidentes NFL :
Pittsburgh Steelers (1970-2000).

Propriétaire :
Pittsburgh Stadium Authority pour la ville de Pittsburgh.
Architecte : Deeter Ritchy Sipple, Michael Baker, Jr.et Osborn Engineering
Constructeur : Huber, Hunt & Nichols

Surface : Tartan Turf (1970-1982), AstroTurf (1983-2000).
Toit : partiel qui ne couvrait que les dernières rangées de sièges.
Capacité : 50 350 (1970-1979), 54 000 (1980-1982), 59 000 (1983-1990), 59 600 (1991-2000).
Suites :  110
Parking : 5086 places.
Technique : 2 sections mobiles de 4000 sièges (en configuration baseball) formaient une seule zone de 8000 places pour le football, un tableau d’affichage.

Début de la construction : 25 avril 1968
Inauguration : 16 juillet 1970.
Coût : 55 millions de dollars

Premier match :
20 septembre 1970, Pittsburgh Steelers – Houston Oilers : 7-19
Dernier match : 16 décembre 2000, Pittsburgh Steelers – Washington Redskins :  24-3
Démolition :
11 février 2001

Le stade

« Confortable » n’est pas un mot que la plupart des gens utiliseraient pour décrire le Three Rivers Stadium, symbole des ambiances peu inspirantes du béton et de l’acier de ces stades des années 1970. Mais cela colle parfaitement à Pittsburgh, une ville que le béton et l’acier ont aidé à construire. Il était en tout cas peut-être l’un des mieux nommés de l’histoire du sport américain. Situé au confluent des rivières Allegheny, Ohio et Monongahela, le bâtiment rappelle de bons souvenirs aux fans de la franchise. Les Steelers étaient une franchise médiocre depuis leurs débuts en 1933, mais le déménagement au Three Rivers a semblé marquer un tournant. Deux ans plus tard, sous l’impulsion du redoutable Steel Curtain, l’équipe a remporté son premier titre de division, suivi de son premier Super Bowl en 1974.

Il a été l’un des principaux éléments de la transformation du quartier, passant d’un centre industriel en une attraction vitrine pour mettre en valeur le Triangle d’Or. Le bâtiment s’élevait autour d’une base circulaire, composée de cinq niveaux de sièges rouges et jaunes, répartis sur 3 étages bien distincts. Au fil des ans, des numéros ont été peints sur les places afin de désigner l’endroit où les home runs de Willie Stargell atterrissaient.

Photo : Pittsburgh Post-Gazette.

Un peu d’histoire

Siège des Steelers (NFL) et des Pirates (MLB) pendant plus de 30 ans, le site était le domicile des plus grandes stars du football de l’époque. Avant de s’y installer, les Steelers ont évolué au Forbes Field et au Pitt Stadium pendant leurs premières années d’existence, partageant à chaque fois les installations avec une autre formation. Jusqu’en 1963, au Forbes Field, avec les Pirates de baseball, un bâtiment initialement conçu pour la petite balle blanche. Puis, ils ont migré au Pitt Stadium, domicile des Panthers de l’université de Pittsburgh.

Au fil du temps, les deux franchises professionnelles sont devenues mécontentes de leurs installations respectives. Forbes Field était à la pointe de la technologie lors de sa sortie de terre (1909), mais il commençait à montrer des signes de fatigue frappants pratiquement un demi-siècle plus tard. Peu de stationnement, l’édifice manquait de confort général et son état physique était au plus mal. Surtout, les Pirates voulait un endroit plus grand afin de tirer plus de revenus et basculer dans l’ère moderne. Même son de cloche pour les Steelers, qui désiraient accroitre leur manne financière afin d’être compétitifs dans la nouvelle NFL. Comme toutes les autres grandes villes métropolitaines de la fin des années 60 – début des années 70, Pittsburgh a dû se tourner vers l’avenir pour conserver ses équipes dans les ligues majeures, se décidant à construire un stade polyvalent pour les deux disciplines.

Une première proposition a été faite dès 1948, sans pour autant attirer plus que cela l’attention. Il a fallu attendre une décennie supplémentaire avant que des efforts de fond pour résoudre le problème de base ne prennent forme. Un projet intéressant a été présenté en 1958. Il prévoyait de construire le stade au-dessus de la rivière Monongahela. Le pont de Smithfield Street serait remplacé par une travée massive, comprenant un parking, un hôtel, une marina, ainsi qu’un stade de 70 000 places. Ce complexe serait entièrement construit au-dessus de l’eau, mais au vu des coûts prévus trop importants, le projet a été rapidement abandonné. Les choses se sont accélérées cette même année. Les Pirates ont tout d’abord vendu Forbes Field à l’université de Pittsburgh pour 2 millions de dollars, qui cherchait de nouveaux terrains pour développer son campus. Dans le cadre de l’accord de vente, l’équipe louait les installations jusqu’à ce que son remplaçant soit construit. Puis, un site au Nord de la ville a été approuvé le 10 aout, en raison de la disponibilité du terrain et de l’espace de stationnement à disposition. Les dirigeants locaux souhaitaient ardemment redynamiser et revitaliser cette rive Nord, où les rivières Allegheny et Monongahela se rejoignaient pour former la rivière Ohio. Cet emplacement avait également accueilli l’Exposition Park par le passé, l’ancien domicile que les Pirates ont quitté en 1909.

Le projet de stade au-dessus de la rivière (Photo : Sporting News).

Le plan était qu’il devienne le joyau de la couronne d’un complexe comprenant hôtels, restaurants et un parc au bord de la rivière. Dans sa conception originale, le stade devait être rond, avec une extrémité ouverte face au Sud et le centre-ville de Pittsburgh. Encore une fois à cause de réalité économique, ce design a été simplifié pour prendre la forme d’un emporte-pièce ; les projets d’hôtels et restaurants ont également été abandonnés. Officiellement, l’édifice, baptisé Pittsburgh Stadium, devait être terminé au début des années 1960. Mais la construction a été retardée à plusieurs reprises en raison de problèmes de conception et dépassement de budget ; le débat se poursuivant sur la scène politique. Le commissaire (et ancien médecin légiste du comté d’Allegheny), le Dr William McCelland, a fait valoir que les Pirates et Steelers devraient financer un pourcentage plus élevé du projet de 33 millions de dollars (260 millions actuel). Cependant, faute de soutien, ces arguments n’ont pas été suivis.

L’emplacement du stade choisi, il a fallu cinq ans avant que les travaux de déblaiement du terrain ne commencent en vue d’une éventuelle construction. Cela a démarré en 1963. Cependant, des querelles politiques et des conflits sociaux ont encore retardé le projet. Une étape clé, cependant, a finalement servi de catalyseur pour commencer l’édification du stade. En 1958, des travaux ont commencé sur le pont de Fort Duquesne, qui devait enjamber la rivière Allegheny et relier le centre-ville à la rive nord. La travée principale du pont a été achevée en 1963, mais en raison de lenteurs administratives, l’achèvement du projet s’est prolongé sur plusieurs années, au cours desquelles il a été baptisé « Bridge to Nowhere » (le pont vers nulle part), la route s’arrêtant à plus de 28 mètres du rivage. En 1968, la dernière pièce a finalement été mise en place, finalisant ce chantier et démarrant celui du stade. Après 10 ans d’attente, il a enfin pu démarrer le 25 avril 1968. Les travaux devaient durer deux ans, et si tout se passait comme prévu, l’enceinte serait prête pour le début de la saison 1970 de baseball. Comme tout ce qui se rattachait de près ou de loin au projet, de nombreux problèmes ont jalonné la construction. Sous l’impulsion des Steelers, la conception a été modifiée pour fermer entièrement le bâtiment. Ensuite, le site a été victime de nombreux vols de matériaux, retardant l’avancée du chantier. Un an avant l’ouverture souhaitée, tous s’accordaient à dire qu’une inauguration en avril 1970 paraissait utopique. En novembre 1969, la ville a été contrainte d’accorder une rallonge de 3 millions de dollars supplémentaires pour compléter le budget initial.

Comme attendu, le stade n’était pas prêt pour l’opening day du 7 avril 1970. Les Pirates ont été contraints de se rabattre sur le Forbes Field pendant quelques semaines encore. La nouvelle inauguration prévue le 29 mai n’a également pu avoir lieu, l’éclairage n’ayant pas encore été installé. Finalement, le jour tant attendu est enfin arrivé. Le 16 juillet 1970, les Pirates ont accueilli les Reds (défaite 3-2) devant 48 846 spectateurs dans ce qui était désormais connu comme le Three Rivers Stadium. Après de longues délibérations, l’appellation a été choisi en février 1969 à cause de son emplacement géographique. Un défilé dans les rues de la ville a eu lieu avant la cérémonie d’ouverture. Le vaste parking, les bureaux des Pirates et Steelers, le club Allegheny (VIP Club), les loges et installations pour la presse n’ont été ouverts que des semaines plus tard en raison des arrêts de travail prolongés des syndicats. Au lieu de laisser les voitures se garer, l’équipe a demandé aux fans de se garer en ville et de se rendre au stade à pied en passant par des ponts ou en prenant des navettes. Pour la première fois depuis les années 60, les Pirates ont autorisé la vente de bière dans les tribunes pendant un match. Les Steelers ont pris possession de leur nouveau domicile dès l’été suivant en recevant les Giants lors d’un match de présaison le 29 août. Les débuts officiels se sont produits le 20 septembre, avec une défaite 7 à 19 face aux Oilers.

Les années 60-70 sont devenues l’ère des stades polyvalents. En plus de la quête de Pittsburgh d’offrir un seul domicile à ses équipes de baseball et de football, des stades similaires aux intentions comparables ont également vu le jour aux quatre coins du pays (Washington, New York (Queens), Houston, Atlanta, St. Louis, Cincinnati, Philadelphie). Sur le plan architectural, peu de chose permettait de les distinguer : il s’agissait de structures rondes, à plusieurs niveaux et symétriques, conçues pour accueillir les terrains de jeu de deux sports avec des dimensions entièrement différentes. De par leur conception, de telles exigences laissaient peu de place à la créativité pour maximiser l’efficacité. Sur le plan de l’identité, ces stades ont fini par être appelés « emporte-pièce ». Le Three Rivers Stadium n’a jamais rempli les plans élaborés qui avaient été imaginés en 1958. Au lieu de cela, les contraintes financières ont dicté à la ville la position à adopter. Le triumvirat architectural composé de Deeter, Ritchey, Sippel, Michael Baker Jr. et Osborn Engineering a fourni un stade fonctionnel et polyvalent de 55 millions de dollars qui permettait d’accueillir à l’origine 50 500 fans de baseball et 50 350 de football. La conversion pour laisser place au terrain de football comprenait le déplacement de deux rangées mobiles de 4 000 sièges présents le long des couloirs des première et troisième base, pour devenir un ensemble de 8 000 sièges le long de la ligne des 50 yards. Le Three Rivers Stadium a été le premier stade polyvalent de NFL ou MLB à présenter une surface Tartan Turf de 3M, concurrent de l’AstroTurf dominant à cette époque. Le tableau d’affichage principal était lui positionné à l’origine au-dessus de la clôture du champ extérieur, au centre du terrain.

La bâtisse avait cependant un certain cachet. À son sommet se trouvait le luxueux Allegheny Club, un restaurant qui pouvait accueillir entre 300 et 400 personnes. Afin de maintenir le lien des Pirates avec son passé, un morceau du mur de briques du champ gauche de l’ancien Forbes Field y avait été remonté, tout comme 12 encadrements de fenêtres romanes. En outre, une statue de 5,5 mètres et 816 kilos de la légende des Pirates, Honus Wagner, qui se trouvait à l’extérieur de l’ancien stade a elle aussi été déplacée. Elle a été rejointe en 1994 par une seconde en l’honneur de Roberto Clemente.

Photo : Pittsburgh Steelers.

Améliorations

Les premières et seules véritables rénovations se sont achevées pour le début de la saison de baseball 1983. La surface en TartanTurf a été remplacée par un autre modèle synthétique de chez AstroTurf. Les responsables techniques du stade utilisaient à l’origine des « aspirateurs Gamesaver » pour sécher la surface. Lors de ce changement de revêtement, un système de drainage a été incrusté pour favoriser l’évacuation des eaux de pluie. Le tableau d’affichage Stewart-Warner, présent jusqu’ici en champ centre, a été enlevé, remplacé par 4 000 sièges supplémentaires. Le nouveau modèle vidéo de chez Diamond Vision, d’une valeur de 5 millions de dollars, jumelé avec un tableau à messages White Way a été placé au-dessus des sièges de l’étage supérieur présents en champ centre. Juste avant d’accueillir le All-Star Game MLB en 1994, l’étage supérieur a été réaménagé avec de nouveaux sièges bleus.

Fermeture

Au début des années 90, les stades polyvalents étaient passés de mode. Ils étaient considérés par beaucoup comme peu esthétiques, obsolètes et surtout non viables financièrement. Rejoignant une vague qui a balayé le pays, Pirates et Steelers ont commencé à pousser pour obtenir chacun un nouveau stade. Cela a finalement abouti à la Regional Renaissance Initiative, un référendum organisé en 1997 dans onze comtés environnants, dont celui d’Allegheny de Pittsburgh. Ce vote avait pour but d’augmenter la taxe de vente de 0,5 % pendant sept ans afin de financer de nouvelles installations distinctes pour les deux équipes, ainsi que l’agrandissement du David L. Lawrence Convention Center et divers autres projets de développement. Après des débats houleux, l’initiative a été rejetée en bloc par chaque comté.

Cet échec a conduit à l’élaboration d’un « Plan B ». Cette proposition alternative à 810 millions de dollars utilisait une combinaison de fonds provenant du Allegheny Regional Asset District (une taxe de vente supplémentaire de 1 % prélevée sur le comté d’Allegheny), de fonds de l’état de Pennsylvanie, du gouvernement fédéral et de sources privées. Malgré des sondages montrant l’opposition publique de ce plan, celui-ci a été adopté par la Chambre et le Sénat de l’état de Pennsylvanie le 3 février 1999. Les deux constructions ont pu démarrer au début de l’été suivant de part et d’autre du Three Rivers Stadium. Les futurs Heinz Field (pour les Steelers) et PNC Park (pour les Pirates) devaient être occupés lors des saison 2001 respectives.

Le 1er octobre 2000, les Pirates ont été battus 10-9 par les Chicago Cubs lors de leur dernier match sur place. Deux mois plus tard (16 décembre), les Steelers ont clôturé ce chapitre de leur histoire avec un succès 24-4 face aux Redskins. La démolition s’est déroulée pendant l’intersaison suivante. Le 11 février 2001, à 7h58, le bâtiment a implosé en 19 secondes par une froide matinée d’hiver (-6°C au thermomètre). La semaine précédente, les experts en explosifs de Controlled Demolition Inc. avaient rempli le stade de 2,18 tonnes de dynamite qui allait niveler l’arène emblématique. Le Carnegie Science Center avait organisé une tombola pour sélectionner la personne qui aurait l’honneur d’appuyer sur le bouton pour déclencher la charge. Celui-ci est revenu à une employée du stade, Elizabeth King, accompagnée de son fils de 16 ans, Joseph, pour l’occasion. Sous 8 000 tonnes de béton et de ferraille se trouvait près de 31 ans de souvenirs sportifs de Pittsburgh. Plus de 20 000 personnes ont assisté à la scène depuis Point State Park. 3 000 à 4 000 personnes supplémentaires étaient-elles amassées au sommet du Mont Washington.

La démolition a coûté 5,1 millions de dollars et le bâtiment avait encore une dette de 27,93 millions de dollars (plus de 40 millions actuels). Une partie provenait de la construction d’origine. Le reste, des rénovations effectuées au milieu des années 1980, ce qui a suscité de nouvelles critiques sur le financement public des stades sportifs. Finalement, la dette a été effacée en 2010. Comme la plupart des enceintes sportives démolies pendant cette période et dont les remplaçants se trouvaient à proximité, le site du Three Rivers Stadium est devenu en grande partie un parking. Aujourd’hui, l’emplacement du stade est rappelé par un marqueur de la Pennsylvania Historical and Museum Commission, placé là le 26 novembre 2007, sur Art Rooney Avenue, près de North Shore Drive. Le 23 décembre 2012, à l’occasion du 40e anniversaire de la réception immaculée, les Steelers ont inauguré un monument sur le parking à l’endroit exact où Franco Harris a réalisé sa réception.

Le Heinz Field (à gauche) et le Three Rivers Stadium (Photo : Stadiums of Pro Football).

Évènements organisés

Football : domicile des Steelers (NFL) entre 1970 et 2000. Domicile des Pittsburgh Maulers (USFL) en 1984.

Football universitaire : domicile temporaire (1974 – 1998) à quelques occasions puis permanant (2000) des Panthers de l’université de Pittsburgh. Domicile des Duquesne Dukes en 1971.

Baseball : domicile des Pirates (MLB) entre 1970 et 2000. World Series 1971 et 1979. All-Star Game MLB 1974, 1994.

Autres : parade des Pittsburgh Penguins (NHL) suite à la Stanley Cup remportée. Conventions des témoins de Jéhovah (1973, 1978, 1984). Sermon du révérend Billy Graham (1993). Concerts.

Le stade a servi de lieu de tournage pour le film de Disney Angels in the Outfield (1994)

Rencontres notables

. Divisional Round, saison 1972 : Steelers – Raiders : 13-7
“The Immaculate Reception”. En 1972, la franchise de Pennsylvanie n’a connu que la seconde apparition en playoffs de son histoire. Blanchis 21-0 en 1947 par les Eagles, les Steelers avaient toujours joué le rôle de perdant en NFL. Cette nouvelle participation ne laissait présager un meilleur sort avec la réception des Raiders, une équipe qui a participé à la finale AFC quatre fois au cours des cinq saisons précédentes. Pourtant ce sont bien les locaux qui sont sortis vainqueurs au prix d’un impensable exploit. La première moitié du match a été une bataille exclusivement défensive. Les choses se sont accélérées dans le dernier quart-temps. Avec 22 secondes restantes au chronomètre et les Steelers en 4e & 10 sur leur propre 40 yards, les visiteurs semblaient avoir le match en main avec un point d’avance (7-6). Sous pression par le pass rush adverse, Terry Bradshaw est parti sur sa droite,  effectuant un lancer désespéré au centre du terrain. Le defensive back des Raiders, Jack Tatum, est entré en collision avec le running back, John « Frenchy » Fuqua, alors que la passe arrivait, propulsant le cuir vers la ligne de scrimmage. Franco Harris s’est emparé du ballon à quelques centimètres seulement du gazon et a couru 60 yards jusqu’au touchdown décisif. Aujourd’hui, cette action est considérée comme un moment emblématique de l’histoire de la NFL.

. Finale AFC, saison 1974 : Steelers – Raiders : 24-13
Pour la 3e année consécutive, Pittsburgh faisait face aux Raiders, une équipe qui allait devenir l’un de leurs plus grands rivaux. Grâce au touchdown spectaculaire et chanceux de dernière minute, les locaux avaient pris le dessus en 1972, avant de chuter au tour suivant face aux invincibles Dolphins. L’année suivante, les californiens avaient pris leur revanche de façon écrasante (33-14). Enfin, cette dernière manche est tombée du côté des Steelers en toute fin de match. Menés de quatre points (17-13), Ken Stabler et les Raiders ont été intercepté par J.T. Thomas avec une minute restante. Franco Harris a rajouté un dernier touchdown au sol (21 yards) pour poinçonner le ticket des Steelers pour le Super Bowl IX. Avec une victoire finale cette saison-là, ils ont prouvé qu’ils faisaient désormais partie des équipes d’élite de la ligue.

. Finale AFC, saison 1975 : Steelers – Raiders : 16-10
Cette finale de conférence a été l’un des matchs les plus difficiles à jouer avec froid glacial, vent et neige de la partie. Il a fallu tout le match pour départager Steelers et les Raiders. Pittsburgh n’a pas seulement dû faire face à des conditions météorologiques défavorables. Les hommes de Chuck Noll ont perdu 7 possessions au cours de la rencontre. Ken Stabler a conduit Oakland à un touchdown dans le dernier quart-temps, réduisant l’avance des Steelers à trois points seulement (10-7). Jack Lambert a été le sauveur pour les locaux. Le linebacker a récupéré 3 fumbles au total, dont deux dans le dernier acte. L’un d’entre eux a conduit au touchdown décisif de John Stallworth quelques actions plus tard. George Blanda, côté silver and black, a eu beau rajouté un fied goal, mais ce sont bien les locaux qui ont décroché leur qualification pour leur second Super Bowl consécutif.

. Finale AFC 1979, Steelers – Oilers : 27-13
La revanche de l’année précédente. Cette opposition sera plus serrée, avec un jeu qui dérange encore aujourd’hui les fans de la première heure de Houston. Alors que Pittsburgh menait 17 à 10 à la fin du troisième quart-temps, le quarterback des Oilers, Dan Pastorini, a semblé trouver les mains de Mike Renfro dans le coin de la zone d’en-but pour le touchdown. Mais l’arbitre le plus proche de l’action n’a pas signalé la réception valable, ni même de passe incomplète. Sans vidéo, les officiels se sont réunis et ont jugé la passe incomplète, partant du fait que Renfro n’a pas pu placer ses deux pieds sur le terrain, après avoir capté la passe au-dessus du cornerback, Ron Johnson. Les ralentis de la télévision semblaient prouver le contraire, conduisant à une dispute véhémente entre l’entraîneur des Oilers, Bum Philips, et l’arbitre en chef du match. Cela n’a rien changé et Houston s’est contenté d’un simple field goal pour réduire l’écart à 4 points (17-13) à l’approche du dernier quart-temps. Les locaux ont ensuite inscrit 10 points consécutifs pour s’imposer 27-13 et se hisser au Super Bowl où ils ont remporté leur quatrième couronne en six ans.

. Divisional Round, saison 1994 : Steelers – Browns : 29-9
La première défaite en playoffs de Bill Belichick comme entraineur en chef. La défense de Cleveland n’était tout simplement jamais au bon endroit au bon moment. Surpassée dans le jeu, elle n’a rien pu faire pour arrêter Pittsburgh. Frustrés, les joueurs quittaient le terrain et jetaient leurs casques au sol de rage. Les médias et les fans ont crucifié l’entraineur sans ménagement, pour qui ce match a été le début de la fin à Cleveland. Pittsburgh a marqué sur ses 3 premières possessions (1 field goal et deux touchdowns). Le score était de 17 à 0 avant que les locaux ne se dégagent pour la première fois du match. Sur chaque snap offensif, les Steelers avançaient, à l’image de Barry Foster et ses 133 yards en 24 portées. Avec une avance confortable (24-3) à la pause, la partie semblait pliée. Après que Cleveland ait marqué un touchdown en fin de match, Carnell Lake a sacké Vinnie Testaverde dans la zone d’en-but pour un safety, portant le score à 29-9. La statistique la plus remarquable était le temps de possession. Pittsburgh a littéralement mangé l’horloge (42 minutes 17 contre 17 minutes 33), accumulant 424 yards (186 pour Cleveland). Les Browns n’ont atteint le territoire adverse qu’à trois reprises. Sur cette saison, Bill Belichick a perdu 6 rencontres, dont 3 face à Pittsburgh.

. Finale AFC, saison 1995 : Steelers – Colts : 20-16
Les Steelers des années 1970 étaient considérés comme l’équipe de la décennie avec 4 Super Bowls remportés. La magie s’est peu à peu dissipée mais l’espoir est revenu en 1994 lorsqu’un jeune entraineur du nom de Bill Cowher a ramené Pittsburgh en finale AFC pour la première fois en 10 ans (défaite face aux Chargers). L’année suivante, Pittsburgh s’est de nouveau hissé en finale de conférence, cette fois contre une équipe des Colts en pleine confiance. Le sort du match s’est joué sur une dernière action, une tentative de passe « Ave Maria ». Menés de 3 points (16-13), le quarterback des Steelers, Neil O’Donnell, s’est connecté avec le receveur Ernie Mills sur une passe de 37 yards, positionnant ainsi le cuir sur la ligne des 1 yard adverse. Bam Morris ne s’est pas fait prier, convertissant l’offrande en touchdown pour prendre les devants à 1 minute 34 du terme (20-16). Mais les Colts ont riposté. Jim Harbaugh a commencé sur sa propre ligne des 16 yards, remontant suffisamment de terrain pour s’offrir une dernière opportunité. Mais la passe en direction d’Aaron Bailey a été détournée par Randy Fuller, propulsant Pittsburgh vers on premier Super Bowl en 16 ans.

. Semaine 16, saison 2000 : Steelers – Redskins : 24-3
Les Steelers ont profité de l’attaque anémique de Washington et de 5 pertes de balle pour clôturer de la plus belle des manières leur histoire d’amour avec le Three Rivers Stadium. Pour l’occasion 50 anciens Steelers ont été invités, donnant aux locaux un regain d’émotion dans un match qui n’avait guère d’autre signification que la dernière du stade. Dans un second quart-temps à sens unique (17 points inscrits), le rookie des Steelers, Hank Poteat, s’est mis en évidence avec un retour de punt victorieux de 53 yards pour un touchdown. C’était le premier touchdown en 5 ans sur cette phase de jeu pour Pittsburgh. Richard Huntley, qui n’avait marqué qu’une fois cette saison-là, a lui inscrit deux touchdowns alors que les Steelers maintenaient en vie leurs très faibles espoirs de playoffs (8 victoires – 7 défaites). Victoire finale 24-3 et les joueurs ont fêté cela comme s’ils venaient de remporter un titre, où accolades, embrassades, et tour d’honneur étaient au programme.

En chiffres

Matchs joués : 254, entre 1970 et 2000.

Bilan : Saison régulière : 236 matchs (169 victoires – 67 défaites). Playoffs : 18 matchs (13 victoires – 5 défaites).
Premier match : 20 septembre 1970, défaite contre les Houston Oilers : 7 à 19
Dernier match : 16 décembre 2000, victoire contre les Washington Redskins : 24-3

Leader à la passe : Terry Bradshaw : 85 matchs, 1013/1909, 14 735 yards, 114 touchdowns, 93 interceptions.
Leader à la course :
Franco Harris : 84 matchs, 1501 courses, 6326 yards, 57 touchdowns.
Leader à la réception : John Stallworth : 83 matchs, 273 réceptions, 4434 yards, 37 touchdowns.

Meilleur match à la passe : Mark Malone (Steelers, 30 septembre 1985) : 26/44, 374 yards, 3 touchdowns, 2 interceptions.
Meilleur match à la course :
Fred Taylor (Jaguars, 19 novembre 2000) : 30 courses, 234 yards, 3 touchdowns.
Meilleur match à la réception : Qadry Ismail (Ravens, 12 décembre 1999) : 6 réceptions, 258 yards, 3 touchdowns.

Record d’affluence : 61 545, le 15 janvier 1995 : Steelers – Chargers.

Fun Facts

Les Terrible Towels, un des symboles des Steelers reconnu dans le monde entier a fait son apparition le 27 décembre 1975 au Three Rivers Stadium. Suite au titre d’AFC Central, la WTAE (radio phare de l’équipe), sous l’impulsion de son vice-président (Ted J. Atkins) et de son directeur des ventes (Larry Garrett), était à la recherche d’un « gimmick » qui attirerait les sponsors vers son talk-show quotidien. L’idée première d’un masque noir a été jugée trop coûteuse. Myron Cope, diffuseur radio des Steelers, a suggéré que ce gadget devait être léger, portable, facilement à disposition des fans. Garrett a proposé l’utilisation de serviette, Cope suggérant d’imprimer l’inscription « The Terrible Towel » sur la face avant. Il a été convenu que ces serviettes seraient dorées ou jaunes, avec l’inscription en noir – les couleurs de la franchise. Dans les jours qui ont précédé la rencontre, Cope a fait la publicité de cette idée auprès des supporters à la radio et au journal télévisé du soir. Beaucoup de joueurs étaient contre cette idée, mais le projet a tout de même été lancé. Le jour du match contre les Colts, moins d’une douzaine de serviettes se sont élevées pendant l’échauffement. Mais au moment de l’entrée des joueurs sur la pelouse, pas moins de 30 000 pièces ont tournoyé dans les tribunes. Pittsburgh a gagné ce jour-là (28-10) comme au tour suivant contre Oakland et au Super Bowl face à Dallas pour conserver sa couronne. La serviette a été conservée et améliorée avec le temps. Depuis 1996, les droits de cet objet appartiennent à la Allegheny Valley Scholl de Coraopolis, une école qui s’occupe de personnes ayant une déficience intellectuelle et physique.

Le 6 décembre 1998, une section de la clôture de sécurité située au premier étage de l’édifice s’est effondrée sur le terrain lors du quatrième quart-temps de la défaite des Steelers face aux Patriots (23-9). Fort heureusement, aucun blessé grave n’a été signalé. L’incident est intervenu du côté Nord du stade, sur une passerelle en béton où se tenait généralement les fans pendant les rencontres.

En 2011, le Pittsburgh Tribune-Review a rapporté que le site web du Three Rivers Stadium était toujours actif, 11 ans après la démolition de l’installation. Il a finalement été supprimé en 2020, près de 20 ans après la destruction.

Coca-Cola a été le fournisseur officiel de boissons du Three Rivers Stadium tout au long de son histoire. C’est pendant le séjour des Steelers sur place que la désormais célèbre publicité « Mean Joe » Greene Coke a été diffusée, ce qui a donné lieu à une relation de longue date entre les deux entités. Lors de l’ouverture du Heinz Field, Coca-Cola a également assumé le contrat de boissons pour ce stade pendant les 10 premières années du contrat initial, avant que Pepsi ne le récupère, brisant une entente vieille de 50 ans. La célèbre marque de boisson est également devenue le sponsor principal du Hall of Fame des Steelers.

Photo : Wikipédia.

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